La crypte

La crypte

La crypte de la cathédrale est une des plus vastes cryptes du monde, et une plongée dans les époques les plus anciennes de la cathédrale.
Des cathédrales qui ont précédé celle d’aujourd’hui, sont conservées deux cryptes.

Crypte saint Lubin

Sous le chœur, la crypte saint Lubin est la plus ancienne. Donnant l’impression d’une solidité à tout épreuve, ses murs, sur lesquels reposent les piles de l’abside, font plus de 2,50 mètres d’épaisseur.

crypte saint Lubin © NDC

Elle prend sa forme semi-circulaire au Xe siècle, ce que les chercheurs déduisent de sa disposition et des traces des outils de taille. Mais elle comprend aussi des murs plus anciens (VIIe s. – VIIIe s. ?) qui font alterner lits de briques et moellons de pierre. Vous pouvez encore y voir les cinq niches qui servaient à l’origine à y déposer des reliques.

© NDC, A. Louet

niches à reliques © NDC

Les voûtes sont une reprise des années 1770 : l’agencement complexe des pierres est destiné à supporter – au-dessus – la grande statue de l’Assomption.

© NDC, A. Louet

© NDC, A. Louet

© NDC, A. Louet

Un escalier fait communiquer cette crypte et le chœur : c’est sans doute par ce passage que fut descendu durant l’incendie de 1194 le Voile de la Vierge – épisode dont il ressort indemne et qui marque les esprits.

© NDC

On y découvre aussi l’entrée d’un couloir de fouilles archéologique, qui a permis – il y a plus d’une centaine d’années, de retrouver des murs de la cathédrale carolingienne (IXe siècle ?).

accès fouilles archéologiques © NDC, A. Louet

 

Crypte ‘de Fulbert’

S’enroulant autour, la crypte ‘de Fulbert’, construite entre 1020 et 1024, adopte une forme de U, sous l’ensemble des bas-côtés et déambulatoire de la cathédrale haute. Longue de plus de 220 mètres, elle est sans doute conçue au départ comme le ‘rez-de-chaussée’ du sanctuaire, ce que montrent les fenêtres étroites (aujourd’hui affleurantes au sol) qui l’éclairent encore aujourd’hui.

Deux galeries parallèles, larges d’environ 5 mètres sont construites selon un style primitif, typique des techniques ‘pré-romanes’. Rythmées par des pilastres plats, ces immenses galeries, sans doute imaginées pour des processions, sont construites en pierres irrégulières, noyées dans du mortier et couvertes d’enduits.  On a décidé de les couvrir de voûtes d’arêtes : une solution archaïque qui vient du recoupement de deux voûtes en plein cintre.

crypte ‘de Fulbert’ © NDC

Dans la partie tournante, trois chapelles d’origine (plus profondes) alternent avec quatre chapelles intercalées vers 1200, lors de l’édification de la cathédrale gothique. On s’explique ainsi la curieuse alternance entre ces premières chapelles, couvertes en berceau et disposant de petites ouvertures et celles édifiées sur croisée d’ogive avec leurs larges fenêtres.

crypte, processions d’ordination © NDC

© NDC

 

Côté nord : Notre-Dame de Sous-Terre

Côté nord, la chapelle Notre-Dame de Sous-Terre demeure l’un des lieux de prière les plus vivants de la cathédrale.

chapelle N.-D. de Sous-Terre © NDC

La statue que l’on voit aujourd’hui date de 1976. Cependant, elle copie fidèlement une statue médiévale, brûlée au Moyen-Âge et qui était très vénérée. C’est autour de cette sculpture en bois très émouvante que s’est cristallisé à la fin du Moyen-Âge le légendaire de la ‘Vierge devant enfanter’ : l’idée que des prêtres gaulois auraient miraculeusement commencé à prier Marie – avant même la naissance du Christ.

statue chapelle N.-D. de Sous-Terre © NDC

Le reliquaire du Voile de la Vierge (vers 1820) abrite un fragment de ce tissu précieux – dont une partie plus importante est visible dans la cathédrale haute.

reliquaire du Voile de la Vierge © NDC

L’autel, bloc massif de pierre de Berchères, est celui qui vit le plus intensément : plus de 800 messes par an, célébrées par des prêtres venant de nombreux pays étrangers.

autel de la chapelle © NDC

Tout près de là, le puits des Saints-Forts, profond de plus de 35 mètres, date de l’époque gauloise ou gallo-romaine (autour de l’an 0). Sa base carrée aboutit à une pré-nappe phréatique. Associé au Moyen-Âge au martyr des premiers chrétiens de la région, il fut bouché puis redécouvert en 1901.

le puits des Saints-Forts © NDC

 

Côté sud : galerie saint Jean-Baptiste

Côté sud, cette galerie accueille l’espace baptismal, réaménagé en 2006 (mise en lumière, bancs en chêne massif) pour continuer à y célébrer – dans une tradition millénaire – le sacrement du baptême. La cuve en pierre, entourée de colonnes aux chapiteaux d’acanthe, date du début du XIIe siècle.

espace baptismal © NDC

Les nouveaux baptisés (enfants ou adultes) remontent, après avoir vécu ce passage, dans la lumière vive de la cathédrale haute : on comprend le sens symbolique voulu, d’autant que la crypte de Fulbert a déjà fait ‘basculer’ les fidèles du nord (sombre) vers le sud (clair).

© NDC

© NDC

 

La crypte de Fulbert et ses peintures murales

La crypte de Fulbert présente des peintures murales de plusieurs époques.

Dans la chapelle saint Clément (sud), certains indices stylistiques permettraient de dater les peintures de la fin du XIe siècle. Sous des arcades, on voit le pape saint Clément (droite), l’apôtre Jacques (au centre – avec la mention Jacobus) dont le manteau possède des coquilles, probablement saint Pierre, ainsi que les évêques Martin et Nicolas (dont le nom est aussi conservé). À gauche, saint Gilles célèbre la messe devant Charlemagne, agenouillé, allusion à un miracle très connu dans lequel Charlemagne voit s’effacer ses (graves) péchés, inscrits sur une banderole.

peinture murale © NDC

Au-dessus, de petits personnages combattants et des animaux se rapprochent du style de la ‘tapisserie’ de Bayeux. Sur le mur de gauche, on voit des motifs imitant les tissus d’orient : des lions entourés de cercles brodés.

peinture murale © NDC

Dans la chapelle Notre-Dame de Sous-Terre, c’est une Vierge en majesté, ‘trône de la sagesse’ (vers 1200) que l’on a redécouvert vers 1975. Dans une figuration très marquée par l’influence byzantine, le Christ ouvre les bras. Plus effacées, trois figures évoquent sans doute les mages.

Dans cette même chapelle, les voûtes, noircies par les suies des anciennes lampes à huile, ont été peintes au XVIIe siècle, à l’époque où ce lieu est fréquenté par les rois (Louis XIII, Louis XIV) et les grands saints français (saint Jean-Baptiste de la Salle, saint Vincent-de-Paul, saint Louis-Marie Grignion de Montfort…).

 

Ailleurs (par exemple dans la galerie saint Jean-Baptiste) des peintures murales des années 1860-1900, d’esprit ‘néo-roman’ rappellent les faits importants de l’histoire de Notre-Dame de Chartres.

peinture murale © NDC

 

Un ensemble remarquable de vitraux contemporains

Mais on peut aussi admirer un ensemble remarquable de vitraux contemporains, qui prolongent ceux de la cathédrale au travers d’autres formes d’expression artistique.

Dans les chapelles rayonnantes, l’aperçu commence avec les trois fenêtres de la chapelle Sainte Marie-Madeleine. Les vitraux des ateliers Lorin (1860-1861), d’esprit académique sont consacrées à la Crucifixion, à l’Immaculée Conception et aux grandes figures que sont saint Louis, saint François d’Assise et sainte Élisabeth de Hongrie. Il s’agit d’un travail minutieux de ‘peinture sur verre’.

vitrail des ateliers LORIN © NDC

Dans les vitraux de la chapelle saint Fulbert, c’est le verrier Gabriel Loire qui a imaginé, en 1928, deux créations ‘art déco’ (aux bordures semées de roses et d’étoiles) qui rappellent l’œuvre de ce grand évêque de Chartres : bâtisseur de la cathédrale (à gauche) et enseignant des écoles de Chartres (à droite).

vitrail G. LOIRE © NDC

Dans la chapelle axiale dite ‘saint Jean-Baptiste’, les trois vitraux du père Alain Marie Couturier (1937-39) figure du renouveau de l’art sacré qui entretenait une correspondance active avec les grands artistes de son époque, sont au carrefour des influences fauves et cubistes. Ils représentent saint Jean-Baptiste, saint Louis et sainte Jeanne d’Arc.

vitrail du père A. M. COUTURIER © NDC

Les vitraux des chapelles saint Clément et saint Joseph, comme ceux des grandes galeries latérales, sont l’œuvre de Simone Flandrin (1975). Abstraits, ils déclinent des couleurs nacrées, où apparaît parfois la forme de la croix.

vitrail S. FLANDRIN © NDC

Dans la chapelle saint Yves, les deux fenêtres (2006) du religieux coréen Kim En Joong, laissent deviner le geste spontané – de nature calligraphique. Les couleurs pures y sont l’expression des émotions vécues dans la prière.

vitrail K. E. JOONG © NDC

Un mur de lumière, création d’Udo Zembok (2006), délimite l’espace baptismal. Ce sont les techniques contemporaines des verres thermoformés qui permettent d’animer la surface des verres. Les couleurs sombres (violacées) laissent peu à peu place, en montant, à des effets de transparence : passage de la Terre au Ciel, des angoisses à la rencontre du divin.

mur de lumière de U. ZEMBOK © NDC

‘Marie Porte du Ciel’, dans la chapelle Notre-Dame de Sous-Terre, est la dernière réalisation du verrier Henri Guérin. On découvre ici la technique de la dalle de verre (morceaux de verre taillés, montés dans une structure ciment) qui joue merveilleusement du choix des couleurs et des éclats pour suggérer l’appel de l’au-delà.

vitrail H. GUÉRIN © NDC

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crypte saint Lubin © NDC
crypte saint Lubin, niches à reliques © NDC, A. Louet
crypte saint Lubin, niches à reliques © NDC
crypte saint Lubin, voûtes © NDC, A. Louet
crypte saint Lubin, voûtes © NDC, A. Louet
crypte saint Lubin, voûtes © NDC, A. Louet
crypte saint Lubin © NDC
crypte saint Lubin, escalier d’accès aux fouilles archéologiques © NDC, A. Louet
crypte ‘de Fulbert’ © NDC
crypte ‘de Fulbert’, départ de procession pour une ordination © NDC
crypte ‘de Fulbert’, départ de procession pour une ordination © NDC
chapelle Notre-Dame de Sous-Terre © NDC
Vierge de la chapelle Notre-Dame de Sous-Terre © NDC
reliquaire du Voile de la Vierge, chapelle Notre-Dame de Sous-Terre © NDC
autel dans la chapelle Notre-Dame de Sous-Terre © NDC
le puits des Saints-Forts, chapelle Notre-Dame de Sous-Terre © NDC
espace baptismal de la galerie saint Jean-Baptiste © NDC
espace baptismal de la galerie saint Jean-Baptiste © NDC
espace baptismal de la galerie saint Jean-Baptiste © NDC
peinture murale dans la chapelle saint Clément © NDC
peinture murale dans la chapelle saint Clément © NDC
peinture murale dans la chapelle saint Jean-Baptiste © NDC
chapelles rayonnantes : vitrail des ateliers LORIN © NDC
chapelle saint Fulbert : vitrail G. LOIRE © NDC
chapelle axiale saint Jean-Baptiste : vitrail du père A. M. COUTURIER © NDC
chapelles saint Clément et saint Joseph : vitrail S. FLANDRIN © NDC
chapelle saint Yves : vitrail K. E. JOONG © NDC
espace baptismal : mur de lumière de U. ZEMBOK © NDC
chapelle Notre-Dame de Sous-Terre : vitrail H. GUÉRIN © NDC