Aux questions qui parviennent au rectorat de la cathédrale – surtout au travers des guides du Service Accueil-Visites – nous répondons parfois en images. Les sujets sont variés et mettent parfois en relief des aspects insoupçonnés de la cathédrale…

On sait que, récemment, monseigneur PANSARD, a porté à plusieurs reprises une crosse très ancienne dont il disait qu’elle appartenait à son cinquante et unième prédécesseur. Quelle-est donc l’histoire de cette crosse ? Pourquoi ne la voyait-on pas précédemment ?

Henri de GREZ devint évêque de Chartres en 1243, dans une cathédrale neuve mais qui n’était pas encore consacrée. Il mourut trois ans plus tard le 6 décembre 1246 et fut inhumé avec son frère Étienne, doyen du chapitre mort en 1243, dans l’église des Jacobins. En 1931, sa sépulture, ainsi que celle de son frère Étienne, furent découvertes près de la chapelle de la communauté des sœurs de Saint-Paul (Chartres intra muros) construite en partie sur l’emplacement de l’ancienne église des Jacobins détruite pendant la Révolution. La crosse retrouvée dans la tombe fut déposée dans le trésor de la cathédrale par le musée de l’Institut de la communauté des sœurs, propriétaire de l’objet.

Mgr HARSCOUËT, évêque de Chartres de 1926 à 1954, s’inspira de la volute de Henri de Grez pour la réalisation de sa crosse pastorale personnelle, que possède le trésor de la cathédrale. C’est ainsi qu’il apparaît dans un tableau réalisé vers 1940 par Ivanov.

Mgr Harscouët, évêque de Chartres (de 1926 à 1954) © NDC
crosse pastorale de Mgr Harscouët © NDC
crosse découverte en 1865 dans le chœur de l’église abbatiale de Chaalis

En 2008, pour l’ordination de deux prêtres, Olivier MONNIER et François MUCHERY, Monseigneur PANSARD portait pour la première fois la crosse, remontée sur un bâton en bois ainsi qu’elle l’était au XIIIe siècle – on avait trouvé la trace noire dans la tombe. L’idée était de montrer la continuité de l’Église de Chartres.

Ce modèle de crosse est très semblable à une crosse crosse découverte en 1865 dans le chœur de l’église abbatiale de Chaalis ; Cet objet a été découvert par LONGPÉRIER lors de la fouille des sépultures des douze évêques de Senlis enterrés dans la nef de l’abbatiale de Chaalis et attribué de façon discutable à GUÉRIN, évêque de Senlis, décédé en 1227.