Les grands pèlerinages

 

LES PÈLERINAGES VERS CHARTRES

Sur les pèlerinages en direction de Chartres, certains ont vécu plusieurs décennies ou rassemblé des milliers de fidèles…

Étudiants d’Île-de-France
Monde du Travail
Notre-Dame De Chrétienté
Aumônerie des Tamouls du Sri Lanka

Il y en a tant d’autres : paroisses, aumôneries et mouvements de jeunes. Plus de 100 000 personnes par an organisent leur célébration. Ils prient dans la nef de la cathédrale. Ils découvrent avec les guides du Service des Visites ce qu’est la cathédrale : une gigantesque bible de pierre et de vitrail.

Pour ceux qui abordent Chartres à pied, un pèlerinage est l’occasion de découvrir la nature : champs ouverts ou vallée de l’Eure.

Partir en pèlerinage c’est renouer le lien entre corps et esprit : tous deux en mouvement, unifiés dans la prière. Accepter de quitter son confort habituel, tant matériel qu’émotionnel, est aussi l’occasion d’avancer : quelles blessures, quels projets, quelles potentialités. La fatigue des pieds libère la tête…

Une place importante peut être accordée aux textes des Évangiles : une tendance forte des deux dernières décennies, auprès des groupes d’enfants comme de leurs aînés. À cet exercice, le passage des ‘pèlerins d’Emmaüs’ sert d’introduction – de « mode d’emploi » : le Christ parle à l’intelligence, commente les prophètes, écoute les pensées profondes des disciples, change les avis arrêtés, invite à l’eucharistie.

Les découvertes spirituelles se vivent en communauté : elles naissent (voyages d’intégration lycéens et universitaires) ou traversent les aléas de la vie (couples liés dans les équipes Notre-Dame), sur une durée de plus de trente ans. Découvrir l’autre tel qu’il est et l’accepter comme un frère : l’expérience du partage est essentielle. En équipe, exposer, sans jugement, sa soif de la Vérité : combler son cœur, désirer Dieu – connaître un Amour absolu.

Les grands pèlerinages ? C’est aussi une importante logistique. Dès le mois d’avril, une réunion en préfecture permet de poser toutes les questions essentielles au bon maintien de l’ordre et aux exigences de sécurité. Les organisateurs des grands rassemblements y présentent les projets aux pouvoirs publics et échangent avec tous les services présents : gendarmerie, police nationale, direction départementale de l’équipement, SNCF, gare routière…

Les équipes organisatrices reposent sur l’investissement des bénévoles, dont les fonctions sont multiples : communication, logistique, sécurité…

Mais quel est le message de Chartres ? La spiritualité du pèlerinage fut admirablement interprétée par les Prières dans la cathédrale de Charles Péguy : adoration de Marie Mère de Dieu, oui ! Mais aussi redécouverte d’un espace intérieur, d’une disposition d’âme qui se déploie au fur et à mesure de l’approche de la cathédrale. Péguy est en réalité indissociable du pèlerinage de Chartres, au point qu’il a profondément marqué plusieurs générations. La fin du XIXe siècle avait fait revenir les pèlerins dans les rues de Chartres. C’est pourtant lui qui est considéré comme une sorte de ‘refondateur’ : dans ses pas, le plus souvent, sont entrés les grands pèlerinages des cent dernières années.

Tout commence le 14 juin 1912, lorsque Charles Péguy entreprend le pèlerinage de Chartres à la suite d’un vœu fait l’été précédent au chevet de son fils malade : « Alors, mon vieux, j’ai senti que c’était grave. Il a fallu que je fasse un vœu… J’ai fait un pèlerinage à Chartres. Je suis Beauceron. Chartres est ma cathédrale. J’ai fait 144 kilomètres en trois jours. (…) Mourir dans un fossé, ce n’est rien ; vraiment, j’ai senti que ce n’était rien. Nous faisons quelque chose de plus difficile ».  Il en revient transformé. Parce qu’il a su partir à la recherche de ce qui l’habitait et fixer ses yeux vers Marie – au bout de la route.

Sur place, les pèlerins prient dans la nef de la cathédrale. Ils découvrent avec les guides du Service des Visites ce qu’est la cathédrale : une gigantesque bible de pierre et de vitrail.

 

En 2019 : 3000 scouts unitaires des Yvelines, 4.000 scouts d’Europe, 1.300 jeunes de l’aumônerie de l’enseignement public d’Évry, 1.000 paroissiens de St-François-Xavier à Paris, 1.800 élèves du collège Stanislas, 300 salariés et bénévoles de l’archevêché de Paris…

HISTORIQUE

Aujourd’hui, venant de la terre entière, les groupes se succèdent. Jeunes et adultes viennent à leur tour chercher en ce lieu privilégié, le véritable visage de leur foi. Une foi parfaitement actuelle.
Pourtant, cela fait des siècles que Chartres appelle…

La relique connue autrefois sous le nom de « chemise » et que l’on appelle aujourd’hui le Voile de la Vierge fut donnée à l’Église de Chartres, vers 876, par Charles le Chauve. Immédiatement, sa célébrité a contribué au développement du pèlerinage. On disait qu’elle avait porté ce vêtement le jour de la naissance du Christ. Chartres devenait donc le lieu parmi tous où prier sur l’incarnation – la venue de Dieu sur terre.

La « sainte châsse » était conservée au retable du maître-autel; les pèlerins y accédaient pour la vénérer, priaient longuement et rapportaient de Chartres, de petits insignes en forme de « chemisette ».

C’est aux XIIe et XIIIe siècles que le pèlerinage de Chartres paraît avoir atteint sa plus grande célébrité. Guibert de Nogent dit que le nom et la relique de la Vierge y sont l’objet de la vénération de presque tout le monde latin.
Dans un document de 1260, le pape Alexandre IV atteste que la dévotion envers Mari attire à Chartres une multitude innombrable de fidèles.

Lors des grandes affluences, à l’Assomption et à la Nativité de la Vierge, les pèlerins passaient la nuit dans la cathédrale.
Le sanctuaire chartrain jouit également d’une grande célébrité aux XVIIe et XVIIIe siècles. Parmi les pèlerins illustres qui vinrent y prier, il faut citer St François de Sales ou St Vincent de Paul.

La Révolution mit fin momentanément aux pratiques du pèlerinage. La crypte ne retrouva sa destination qu’en 1855 et ne fut totalement restaurée qu’en 1860.
De cette période date la renaissance du pèlerinage, qui prit immédiatement une ampleur aujourd’hui insoupçonnée. En 1873, durant deux jours, cinquante mille fidèles sont accueillis à Chartres pour un pèlerinage national.

gravure de Jacques-Pierre Garnier-Allabre (1782-1834) © Ministère Culture