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  le Portail Royal

 
À l’ouest, entre les deux tours, le portail royal, épargné durant l’incendie de 1194, est le plus célèbre de tous. Édifié vers 1145-1150, il s’impose par l’extrême qualité de ses sculptures, qui ont fasciné des générations de plasticiens et d’écrivains, et la profondeur de son message - tissant un lien permanent entre une gloire divine envisagée dans l’infini spatio-temporel et une dignité humaine qui s’exprime dans l’ampleur des savoirs intellectuels et manuels.
Nulle exagération si l’on prétend aujourd’hui que le portail royal de représente l’une des réussites majeures pour articuler expression artistique et pensée philosophique. Il fait notamment entrevoir l’Humanisme Chrétien des écoles épiscopales de Chartres.
 
photo portail royal Chartres
© NDC
 
À peu près contemporain du portail de Saint-Denis, avec qui il présente de sérieux apparentements, il a le privilège d’être parvenu presque intact jusqu’à nous. Se développant autour de trois larges baies entièrement décorées, sa structure est une première dans l’histoire de l’architecture - promise à un grand avenir.
La hauteur des tours ajoute évidemment à la solennité, signalant de loin la cathédrale aux pèlerins et faisant du portail royal l’entrée évidente pour chacune des processions qu’appellent les grandes fêtes liturgiques.
On a longtemps débattu à propos des conditions exactes de sa réalisation. Le portail a-t-il été monté à son emplacement actuel ? S’il y a consensus pour dire que la construction s’est faite dès l’origine sur le plan avant des tours et qu’il précédait un narthex voûté situé entre les deux massifs, plusieurs hésitations laissent néanmoins entendre un changement de projet.
D’où venaient les sculpteurs ? Plusieurs chercheurs ont redonné sa place à l'Île-de-France, même si l’influence de la Bourgogne (par la Charité-sur-Loire) ne devrait pas être sous-estimée. Le génie propre des artistes peut être invoqué. On ne dira jamais assez combien le ‘maître de Chartres’, qui est probablement l’auteur du tympan et des statues colonnes de la baie centrale, a marqué son temps, établissant un équilibre rare entre la mystique d’une silhouette hiératique et la sensation profonde de vie intérieure.
 
photo statues-colonnes Chartres
© NDC
Le programme confond Ancien et Nouveau Testament, privilégiant une structure qui associe - visuellement - les précurseurs, appartenant au peuple juif, à l’accomplissement de la promesse, formulée selon le dogme chrétien. Les grandes statues se dégageant à peine des colonnes auxquelles elles appartiennent, les différents personnages de la Bible (rois, reines et prophètes) servent ainsi de ‘fondations’ au message insurpassable qu’est la Révélation.
Le récit tiré des évangiles, utilise l’horizontale des chapiteaux, à la manière d’une bande dessinée.
Les trois tympans ouvrent à un exposé exhaustif des mystères de la Foi, proclamés invariablement à tous ceux qui franchissent le seuil de la cathédrale : Incarnation, Ascension, Retour glorieux du Christ.
 
Les statues-colonnes de la baie centrale représentent David , Salomon , la Reine de Saba - peut-être Isaïe ou Ezéchiel.
 
photo reine, patriarche et prophète Chartres
© NDC
photo statues drapés Chartres
© NDC
photo statue visage
© NDC
 
Tout y est parfait : le positionnement de la statue, qui impose sa ‘présence’ au visiteur ; le profil démesurément allongé qui suggère la transcendance ; le graphisme stylisé des plissés ; la gestuelle esquissée tant les volumes corporels peinent encore à s’extraire du bloc de pierre ; l’émotion dégagée par les visages où une majesté solennelle le dispute à un apaisement souriant.
 
photo chapiteau
Chartres
© NDC
Les chapiteaux, dont les détails naïfs et enlevés contrastent avec les statues-colonnes, décrivent la vie du Christ. À la baie de droite, on notera ainsi : le dernier repas, le lavement des pieds, l’arrestation du Christ et le baiser de Judas, les pèlerins d’Emmaüs, l’apparition à Thomas…
 
 
 
 
  L’ensemble est centré sur le grand tympan où le Christ en majesté, tenant le livre de vie, trône dans une mandorle entouré des quatre vivants, symboles des évangélistes : l’aigle de Jean, le lion de Marc, le taureau de Luc, l’homme de Matthieu - tous ailés.
 
photo statues drapés Chartres
© NDC
photo statue visage
© NDC
 
Aux voussures, une troupe céleste glorifie le Christ : des anges tenant des astrolabes et vingt-quatre vieillards, tenant dans leurs mains flacons de parfum et instruments de musique, acclament sa royauté et y participent au travers des odeurs et des sons. Deux anges apportent une couronne au-dessus de la tête du Christ.
 
À la porte de droite, Jésus vient au monde - grâce au ‘oui’ de Marie. Au premier registre, se succèdent l’Annonciation, la Visitation et l’Annonce aux bergers. Les scènes font preuve d’intensité psychologique (sérénité des regards échangés entre Marie et Élisabeth qui s’étreignent avec respect) et de pittoresque (flûte de pan dont joue l’un des gardiens du troupeau).
 
photo portail royal Chartres
© NDC
photo statue visage
© NDC
 
Au deuxième registre, la présentation au temple de Jérusalem anticipe la figuration de la Vierge en majesté. L’enfant occupe toujours une position centrale, qu’il soit élevé sur le lit de sa mère, debout sur l’autel du temple, annonciateur de son sacrifice ou sur les genoux de sa mère - trône de la sagesse.
 
photo tympan Chartres
© NDC
À la porte de gauche, Jésus quitte sa vie terrestre : c’est l’Ascension. Les douze apôtres lèvent les yeux, auxquels répondent quatre anges : "Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Celui qui vous a été enlevé, ce même Jésus, viendra comme cela, de la même manière dont vous l'avez vu s'en aller vers le ciel". Ils annoncent ainsi la porte centrale.
 
 
 
photo Pythagore Chartres
© NDC
Dans les voussures des portes latérales, c’est l’humanité qui s’exprime - prolongeant par son travail le dessein créateur de Dieu et hâtant son retour. Les sages de l’antiquité, dont le XII° siècle étudiait les œuvres (Cicéron, Pythagore, Aristote, Ptolémée, Euclide, Donat, Boèce), alternent avec les disciplines des arts libéraux : Trivium (Grammaire, Rhétorique, Dialectique) et Quadrivium (Astronomie, Musique, Arithmétique, Géométrie).
 
Les signes du zodiaque, désignant chacun des mois de l’année, alternent avec les travaux saisonniers (moisson, battage, vendanges, glandée…).
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