Sur la façade ouest, il y a des sculptures que tout le monde connaît – les grandes statues colonnes du portail royal, le Christ en Majesté du tympan, les travaux des mois et arts libéraux dans les voussures – et il y a des sculptures que personne – ou presque – ne regarde jamais.

Trop hauts, les modillons qui supportent la corniche du portail royal forment en réalité un ensemble pittoresque, qui évoque celui de nombreuses églises rurales de la région. On y retrouve un Moyen Âge  populaire, où les monstres côtoient les humains, où les animaux les plus curieux  se mélangent aux plantes…

Numérotation des modillons : de gauche à droite.

Vue générale – Les sculpteurs des modillons (locaux ?) n’ont pas participé à la réalisation du portail royal, où trois autres ‘écoles’ sont répertoriées. Il faut probablement les identifier comme ceux qui participent au chantier de la tour sud, dont la partie inférieure est édifiée dans les mêmes années (1145-1150). On y retrouve des chapiteaux et de nombreux autres modillons d’un style semblable © NDC
Modillon 2 : un monstre aux crocs acérés et aux cheveux en forme de soleil : un modèle que l’on retrouve dans plusieurs régions de France (Poitou, Auvergne) © NDC
Modillon 4 : un homme aux yeux globuleux et à la barbe © NDC
Modillon 6 : sans doute le diable. On observe deux cornes qui dépassent de la tête. Le visage est mi humain / mi animal, avec des dents menaçantes © NDC
Modillon 8 : on peinerait à voir la différence avec le modillon 4. Cependant, jamais un sculpteur du XIIème siècle ne produit deux pièces tout à fait identiques © NDC
Modillon 12 : sur cet homme – assez proche des précédents, la barbe, avec ses incisions fines, attire l’attention © NDC
Modillon 15 : un monstre, dont la tête est apparentée au félin. Un des modèles les plus courants de l’art roman : on pourrait en compter plusieurs centaines dans l’ensemble de la France © NDC
Modillon 16 : un monstre, avec deux yeux très volumineux © NDC
Modillon 17 : un lion. Les pattes agrippées à la paroi. Les yeux sont forés au trépan. Ce qui frappe, c’est la magnifique crinière de l’animal © NDC
Modillon 18 : un monstre avec des plantes qui sortent de sa gueule © NDC
Modillon 20 : un chien ( ?) qui tient dans sa gueule un animal identique : une réplique en miniature. On peine à comprendre l’éventuelle signification symbolique de cette sculpture © NDC
Modillon 22 : un homme, aux yeux globuleux et forés, tient avec ses mains les pointes de sa barbe : on retrouve la verve imaginative du Moyen Âge © NDC