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Dates de l'évènement :
  • le 15-09-2017
Organisateur et contact : Chartres Sanctuaire du Monde - 02 37 36 04 63
Lieu : Cathédrale Notre-Dame de Chartres
Thème : Culture, Évènements, Concerts

Trompes & Orgue, un concert de prestige...
proposé par l'association Chartres Sanctuaire du Monde

photoL'association Chartres Sanctuaire du Monde, organise un concert de prestige le vendredi 15 septembre à 20h00, au profit de la restauration des vitraux de la chapelle Saint Piat. L'entrée est libre, avec une quête participative.
 
Avec l'aimable participation de Stéphane BERN, qui présentera le concert ainsi que l'Histoire des trompes de chasse.
 
Animé par le Rallye Saint-Hubert de Chartres, Bien aller Eurélien de Chuismes.
Organisé par la délégation départementale des Trompes de France d’Eure-et-Loir.
 
Le Bien Aller Eurélien est composé d’une dizaine de sonneurs expérimentés. La couleur de leurs habits est bleu roi avec des parements chamois. L’école de formation est dirigée par Messieurs Jean-Paul JOUANNE et Lillian DAHURON. Ils se produisent régulièrement dans le département.
 
Le Rallye Saint-Hubert est créé en 1928, la duchesse d’UZES, maître d’équipage du Rallye Bonnelle donnait l’autorisation d’utiliser la tenue de son équipage aux sonneurs du groupe. La couleur des habits du groupe est rouge avec des parements bleu roi et des galons or avec un ceinturon. Le Président du Rallye saint Hubert de Chartres est le docteur Bernard BANCAUD. L’école de Beauce et Perche est animée par messieurs François et Michel Jouanne. Les deux formations auront pour le concert des invités sonneurs, champions de France et champions international
.
 
Pour plus de renseignements : 02.37.36.04.63 ou chartrescsm@chartres-csm.org

 
 
Historique de la trompe de chasse :
 
On sait par l’iconographie que l’ancêtre du cor et de la trompe était l’imposant Buccina (un cor d’airain de plus de trois mètres de long, recourbé jusqu’à presque former un cercle). Ces représentations nous montrent les joueurs de buccina, se produisant, tantôt seul ou à deux avec un orgue. Ces ensembles rythmaient les gestes des gladiateurs et animaient les jeux de l’amphithéâtre.
 
À la chasse comme à la guerre, les hommes ont de tous les temps, eu besoin de communiquer entre eux. Avant de se servir d’un instrument pour exciter les chiens ou appeler ses compagnons de chasse, l’homme se contentait de sa voix. Ces cris, appels hués, plus ou moins scandés, ont constitué la première musique de chasse. Éternel créateur, l’homme découvre qu’en taillant la pointe de la corne creuse d’un animal (aurochs, bœufs, boucs etc...) il obtient un son plus puissant que sa voix. Nos ancêtres avaient en main le cor monotone originel.
C’est de cette source animale que vient l’appellation "cor" (corne). Employé tant à la chasse qu’à la guerre, son langage était limité à des séries de notes ou courtes répétées alternativement ou successivement selon le message à transmettre. Cette formule est encore utilisée de nos jours dans l’emploi de la pibole.
Mais le cor avait d’autres fonctions : en effet, dans les châteaux, on cornait le jour, l’assiette, l’eau, la guerre et la menée à la chasse. Les expressions musicales de l’époque étaient appelées des "cornures". Au cours des siècles, en imitant la forme de cette corne, l’instrument est fabriqué dans d’autres matières. Le bois et l’ivoire sont tout d’abord employés. Le cor d’ivoire porte alors le nom d’olifant. On retrouve des traces de ce cor à Jéricho et chez Alexandre le Grand ; plus près de nous, Roland de Roncevaux qui sonne de l’olifant à la bataille de Roncevaux, le 15 août 778.
 
Qu’il soit issu d’une corne animale, d’une conque marine ou d’un travail d’artisan, le Cor était de bois, de corne, de terre cuite, d’ivoire ou de métal. C’est ce dernier qui, plus solide et plus durable, s’imposa. Sa variation n’était que d’un, voire deux tons, scandés de façon courte et longue. On l’appelait le ton grêle et gros ton. À la fin du XIV° siècle apparaît un cor fabriqué en terre ou en métal (cuivre ou argent) appelé "huchet". Le son produit est monotone et s’apparente au sifflement. L’instrument demeure voué essentiellement à la chasse, toutefois les postillons l’utilisent également pour des besoins de communication.
 
Sous le règne de Louis XIII (fils d’Henri IV), le cor s’allonge et devient métallique. Il prend le nom de "grêle".
L’allongement de l’instrument permet d’obtenir deux notes toujours scandées de façon courte ou longue. On appelle le son ainsi exprimé le ton grêle ou le gros ton. Sous Louis XIV dit Louis le grand, fils de Louis XIII, apparaissent les premiers instruments circulaires que Jean-Baptiste Lully aurait ramenés de ses voyages. Le "Roi Soleil" met cet instrument à son service pour rehausser l’éclat des Chasses Royales et les Fêtes données à Versailles, suscitant l’admiration et l’envie des cours étrangères. La trompe de cette époque dont la tonalité est identique à la trompette de cavalerie, tient également une place prépondérante à l’église où elle est l’égale de l’orgue. Comme on vient de le dire, cet instrument "royal" attire les convoitises. Il va servir à la création de nombreux instruments dont - entre autres - le cor d’harmonie.
 
La trompe de chasse dans sa tonalité actuelle est due au Marquis de Dampierre. En modifiant la longueur du tube de la trompe du siècle précédent, la portant à 4,545 m, l’instrument passe à l’octave en-dessous et prend le ton de Ré. Nous sommes en 1723, la trompe dite "Dampierre" est enroulée sur un tour et demi. Très encombrante, elle est équipée d’enguichure (lanière de cuir) permettant son port à cheval.
Dès 1729 (année de naissance du Dauphin) Lebrun crée un modèle de trompe dont les 4,545 m sont enroulés sur deux tours et demi, c’est la trompe dite "Dauphine".
La trompe subit une autre modification en 1831, suite à une commande faite à Raoux (facteur de trompe) par le Duc d’Orléans (fils de Louis-Philippe) pour en diminuer l’encombrement. L’enroulement est alors effectué sur trois tours et demi. Avant de devenir la trompe actuelle, cette trompe dite "d’Orléans" subit ses derniers perfectionnements à l’instigation successive de deux facteurs de trompe, d’abord Perinet, et enfin Pettex-Mufat en 1860.
 
L’avènement de la trompe en Ré permet d’améliorer considérablement les moyens de communication à la chasse. Cette trompe n’a subi aucun des méfaits des progrès du moment. Elle reste un tuyau enroulé, ne possède ni coulisse d’accord, ni piston. Pour de nombreux instruments à vent (à embouchures), des artifices mécaniques ont été adaptés d’emblée au détriment de la qualité du timbre. Dix-huit notes en son naturel, réparties sur quatre octaves : voici les possibilités de l’instrument, grâce à ses moyens étendus. Le nombre d’œuvres à vocation cynégétiques s’est développé pour atteindre le nombre de soixante-dix–huit (toutes fanfares d’animaux et de circonstances confondues). Le répertoire général de la trompe, instrument mélancolique, possède un timbre unique, des attaques fulgurantes et une dynamique très large.
Cependant tout (intensité, couleur, expression, chaleur du son) peut varier selon les ressources, la fantaisie et le talent du sonneur. C’est sans doute pour ces raisons qu’en dehors de Lully et Dampierre, de grands maîtres ont écrit pour ce "cor naturel" tels Delalande, Haydn, Mozart, Haëndel, Télémann, Rossini. Ces compositeurs ne ménageaient pas les cornistes de l’époque qui s’exécutaient en véritable virtuoses, réalisant des prouesses indispensables quant aux difficultés techniques et instrumentales qui leur étaient imposées.
Parmi les grands auteurs de musique pour trompe, citons Tyndare, Obry, Cantin, Rochard, Chalmel et les contemporains remarquables : Hubert Heinrich et Sylvain Oudot.
 
La confusion entre cor et trompe a existé : étymologiquement, le terme cor est réservé aux instruments faits de cornes d’animal ; et le terme trompe à tout instrument métallique. Dans les traités de vénerie anciens on emploie le mot "tromper" pour sonner de la trompe ; de même le mot "trompeur" est attribué au sonneur de trompe. Dans des documents encore plus anciens, on "corne" à la chasse ou à la guerre dans des cors ou olifants. Il est d’usage d’appeler "trompe de chasse", l’instrument utilisé en vénerie. L’appellation "cor de chasse" est réservée à cet autre cousin de la trompe, courant dans les batteries fanfares, et dont la tonalité de mi bémol s’apparente au clairon. Les deux instruments sont incompatibles en raison de leur tonalité différente : il est plus clair de faire le distinguo en employant le terme approprié quand on parle de l’un ou de l’autre.
 
Jean-Paul JOUANNE
 
 


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