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Cet article est un inventaire de l'ensemble des bonus depuis le numéro 550 jusqu'au numéro 574, publiés dans notre section "les +"
Chaque bonus est répertorié par son numéro, son état de consultation sur le site (en ligne / prochainement), et par son thème de classement
 
 
Bonus n°  état
thème de classement
 
Bonus 550 en ligne
regards d'artistes
sujet : "La cathédrale vue du pont Bouju (1/2)"
L’un des aspects les plus pittoresques de la cathédrale de Chartres, émergeant au-dessus des pignons de vieilles maisons. Ce point de vue, qui permet de magnifier la position de la cathédrale, une quarantaine de mètre plus haut est aussi l’occasion d’évoquer les bords de la rivière et le caractère de la ville médiévale. Les chartrains voient souvent des peintres de chevalets s’y poser aux beaux jours - notamment des artistes amateurs et professionnels japonais :
- Eugène Latteux (1805-1850), qui a exposé aux salons de Paris (1833, 1840) est un peintre académique français qui s’est particulièrement exprimé dans le paysage urbain. Cette œuvre, conservée dans une collection particulière de Chartres, est intéressante pour plusieurs raisons. Au premier plan, on voit encore les maisons qui bordaient le pont Bouju. Plus loin, la silhouette de la cathédrale mérite d’être observée : elle ne possède pas de toit - ce qui date cette gouache assez précisément : entre l’incendie de 1836 et la réalisation des charpentes métalliques en 1840
- ce dessin au fusain, conservé à la Bibliothèque nationale de France, d’auteur anonyme, présente l’avantage - sauf sur quelques points de détail - de confirmer l’observation minutieuse d’Eugène Latteux. Contrairement à l’œuvre précédente, elle ne comporte pas de personnages
- Albert Robida (1848-1926) est un artiste au parcours atypique. D’abord étudiant en droit, il passe à la caricature. Inventeur du curieux ‘Saturnin Farandoul’, il fonde sa revue, ‘La caricature’, dans laquelle publient Caran d’Ache, Job… Il illustre aussi des romans historiques et les premiers guides touristiques (avec l’avènement du chemin de fer). Sa représentation de la cathédrale est assez théorique : elle est ‘rehaussée’ pour mettre en valeur sa partie inférieure - en réalité cachée par les maisons du premier plan
- photographie - vers 1870. On retrouve au premier plan la barrière provisoire en bois du dessin de Robida. Le toit de la cathédrale en cuivre est encore neuf. Un échafaudage en poutres est visible sur une tour latérale du chœur
- Frank Myers Boggs (1855-1926) est un peintre franco-américain reconnu. Formé par Gérôme à l’école des beaux-arts, il s’en écarte assez rapidement pour aboutir à une manière plus proche des impressionnistes. Il a beaucoup travaillé sur Paris et les vues de la Seine aux ciels nuageux. Cependant, il est aussi très présent en Normandie, où il se partage entre les scènes pittoresques (marchés, métiers…) et les bords de mer
- photographie - vers 1900. C’est le pignon sud de la cathédrale qui est en cours de restauration.
 
Bonus 551 en ligne
regards d'artistes
sujet : "La cathédrale vue du pont Bouju (2/2)"
L’un des aspects les plus pittoresques de la cathédrale de Chartres, émergeant au dessus des pignons de vieilles maisons. Ce point de vue, qui permet de magnifier la position de la cathédrale, une quarantaine de mètre plus haut est aussi l’occasion d’évoquer les bords de la rivière et le caractère de la ville médiévale. Les chartrains voient souvent des peintres de chevalets s’y poser aux beaux jours - notamment des artistes amateurs et professionnels japonais :
- signée ‘Robin’, cette estampe des années 1900 / 1910 bénéficie d’une colorisation assez singulière - probablement des rehauts aquarellés dans la première version de l’œuvre. On notera l’aspect exagérément effilé des flèches - ce qui prouve que chaque artiste a sa vision personnelle de la cathédrale
- Franck Will (1900-1950). Fils du peintre Frank Boggs, d’origine américaine, Frank-Will était un habitué de Montmartre, où il a cottoyé Gen Paul et quelques autres artistes fauchés. Ses aquarelles témoignent d’un coup d’œil remarquable, à la fois sensible dans le décor urbain et dans la description de la vie (les passantes, les dernières lavandières, les policiers…). Cette œuvre, conservée dans une collection particulière de Chartres, a probablement été amputée de la partie haute (les flèches) suite à un accident
- Victor Halevy est actif entre 1889 et 1910. Il représente surtout des scènes urbaines. Son style est très descriptif
- Dave Jeffery est un artiste britannique du XX° siècle. Très attentif aux ambiances des rues de Chartres et passionné par les sculptures de la cathédrale, il a offert plusieurs eaux fortes au clergé de Notre-Dame
- Regis Drevet (mi-XX° siècle) a également signé plusieurs intérieurs de la cathédrale. Cette vue typique, peinte depuis le quai, avec l’Eure au premier plan, témoigne d’influences cubistes
- peinture à l’huile, qui s’apparente au mouvement de l’art naïf. Une palette étonnamment vive
- aquarelle. Une œuvre anonyme, trouvée sur internet, parmi de nombreuses autres. Avis aux artistes qui aimeraient renouveler le sujet…
- une proposition contemporaine. Béatrice Roche-Gardies a travaillé avec l’atelier Loire pour cette réalisation en verre thermoformé. Droits réservés.
 
Bonus 552 en ligne
vitraux
sujet : "Les apôtres - une série exceptionnelle (1)"
"Les hommes des écritures"
C’est peu de dire que le verrier du vitrail des apôtres est un dessinateur talentueux - ou qu’il dispose dans son atelier de dessinateurs de grande qualité. Cela doit-il nous étonner ? En réalité, ce vitrail, placé dans l’axe de la cathédrale, offert par les boulangers (comme celui d’axe - dans le clair-étage) faisait probablement l’objet d’une sollicitude particulière du clergé. Il a été confié à l’un des plus brillants artisans de sa génération. Les apôtres, même s’ils se ressemblent beaucoup, ont des habits différents - et toutes les couleurs y passent d’ailleurs… Leurs visages également sont variés. Sur fonds noir, ces réalisations artistiques nous enchantent…
- apôtre - la main sur la poitrine signifie l’acceptation et l’intériorité. Il fait entrer dans son cœur le sens profond de l’Évangile - bonne nouvelle - qu’il tient de la main gauche
- apôtre - sur fonds bleu, la tunique blanche et la toge rouge tranchent idéalement
- apôtre - on trouve à la fois les positions debout et assise
- apôtre - chez certains, l’évangéliaire est remplacé par un rouleau, comme ceux que connaissent les hébreux et sur lequel est lue la Torah dans les synagogues. Les apôtres sont aussi les héritiers de la tradition juive
- apôtre - la combinaison de couleurs jaune / vert est assez fréquente. Notez la douceur qui se dégage du visage
- apôtre - les regards sont parfois remarquablement éveillés
- apôtre - le nombre importants des acteurs (12 !) dans des panneaux assez réduits explique certaines superpositions - qui laissent apparaître un côté seulement du personnage
- apôtre - ici, les deux mains tiennent le livre. On sent sur le visage une réelle joie intérieure
- apôtre - peut-être saint Pierre, si l’on se réfère à son abondante chevelure bouclée
- apôtre - à l’inverse, saint Paul a la front assez dégarni
- cet apôtre regarde vers le haut : c’est l’ascension du Christ. De ses mains, il semble écarter son manteau. Dans certaines représentations d’enluminure, un souffle anime la scène
- l’apôtre s’écarte et croise les mains - signe codé du désarroi et de l’impuissance. Le Christ vient d’être arrêté par les soldats romains après la trahison d’un autre apôtre - Judas.
 
Bonus 553 en ligne
vitraux
sujet : "Les apôtres - une série exceptionnelle (2)"
"Des attitudes variées"
C’est peu de dire que le verrier du vitrail des apôtres est un dessinateur talentueux - ou qu’il dispose dans son atelier de dessinateurs de grande qualité. Cela doit-il nous étonner ? En réalité, ce vitrail, placé dans l’axe de la cathédrale, offert par les boulangers (comme celui d’axe - dans le clair-étage) faisait probablement l’objet d’une sollicitude particulière du clergé. Il a été confié à l’un des plus brillants artisans de sa génération. La gestuelle mérite d’être observée de près. Sur fonds noir, le regard est plus attentif :
- apôtre qui désigne la direction à suivre. Les apôtres, toujours représentés pieds nus, sont des gens de mission
- apôtre qui désigne les villages où l’évangélisation reste à faire
- apôtre - qualité de la peinture (drapés, visage), richesse des couleurs (bleu, rosé) : c’est l’un de nos coups de cœur
- apôtre en attitude de prière suppliante - le genou plié et les mains jointes
- apôtre du dernier repas du Christ. On voit dans sa main la représentation d’un pain, tel qu’il est habituellement représenté dans les vitraux : une forme ronde ‘prédécoupée’ en quatre parties
- un apôtre baptise. Dans l’une de ses mains, la cruche remplie de l’eau. Dans une fiole plus petite, le saint Chrême, huile dont est signé le nouvel entrant dans la famille chrétienne
- un apôtre, avec la rame à la main. Il s’agit de l’appel des premiers disciples, qui étaient en train de pêcher sur le lac de Tibériade
- un apôtre descend de la barque. Dans cette magnifique représentation, il relève son vêtement pour ne pas le mouiller : détail réaliste qui n’empêche pas de focaliser l’attention sur ce visage… très interrogatif.
 
Bonus 554 en ligne
vitraux
sujet : "Les apôtres - une série exceptionnelle (3)"
"Ceux qui sont derrière"
C’est peu de dire que le verrier du vitrail des apôtres est un dessinateur talentueux - ou qu’il dispose dans son atelier de dessinateurs de grande qualité. Cela doit-il nous étonner ? En réalité, ce vitrail, placé dans l’axe de la cathédrale, offert par les boulangers (comme celui d’axe - dans le clair-étage) faisait probablement l’objet d’une sollicitude particulière du clergé. Il a été confié à l’un des plus brillants artisans de sa génération. Comme les personnages sont nombreux (12), plusieurs apôtres apparaissent au second plan. Ils essayent de passer la tête entre deux épaules… et on aperçoit leur regard. Des scènes pleines de finesse et qui nous font sourire. Sur fonds noir, une fois retiré tout ce qui environne, ces petits visages prennent vie :
- apôtre - l’un des visages les plus ‘illuminés’ du groupe
- apôtre - un visage perplexe. Un observateur attentif remarquera la trace de deux anciens plombs de casse. Lors de la dernière restauration, les verres ont été recollés
- un apôtre qui lève les yeux…
- et un apôtre qui regarde vers le bas - en signe de respect
- apôtre - le fragment de visage laisse voir deux yeux stupéfaits
- apôtre - lever les yeux, pour voir ce qui se passe - notamment le Christ !
- apôtre - lever les yeux… À chaque tête correspond au moins un ‘fragment’ d’auréole, les disques se recouvrant les uns les autres
- apôtre - lever les yeux. Le meilleur effet pour le minimum de dessin : deux pupilles et on sent cet apôtre exister !
- apôtre - lever les yeux. On voit quelques traits - le commencement de la barbe
- apôtre - lever les yeux. Un chevelure plus bouclée que celle des autres apôtres - mais le même regard intensif.
 
Bonus 555 en ligne
vitraux
sujet : "Les apôtres - une série exceptionnelle (4)"
"Ceux qui dorment… à Gethsemani"
C’est peu de dire que le verrier du vitrail des apôtres est un dessinateur talentueux - ou qu’il dispose dans son atelier de dessinateurs de grande qualité. Cela doit-il nous étonner ? En réalité, ce vitrail, placé dans l’axe de la cathédrale, offert par les boulangers (comme celui d’axe - dans le clair-étage) faisait probablement l’objet d’une sollicitude particulière du clergé. Il a été confié à l’un des plus brillants artisans de sa génération. Dans les dernières scènes du vitrail, plusieurs apôtres nous ont particulièrement émus. "Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani, et il dit aux disciples : "Restez ici, tandis que je m'en irai prier là-bas" […] Il commença à ressentir tristesse et angoisse. Alors il leur dit : "Mon âme est triste à en mourir, demeurez ici et veillez avec moi". Étant allé un peu plus loin, il tomba face contre terre en faisant cette prière : "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux". Il vient vers les disciples et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : "Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ! Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible". Sur fonds noir, la fulgurance des couleurs est particulièrement évidente :
- apôtre - un plomb de casse traversait auparavant le visage. Le calme du visage, la position de la tête reposant sur la main, tout respire l’apaisement, qui contraste avec l’angoisse de la passion
- apôtre - on voit bien, de près, avec quelle simplicité de moyen le verrier a représenté les paupières baissées
- apôtre - quand on détaille les pièces de verre une par une, le génie est manifeste : les drapés de l’habit bleu vif, les traits du visage et la douceur spirituelle qu’ils suggèrent - et que retranscrivent bien certains airs des passions de J.-S. Bach
- apôtre - on aimerait à nouveau voir travailler le peintre verrier. Et le questionner tout à la fois sur sa technique, sur son humanisme et sa sur sa Foi !
 
Bonus 556 en ligne
vitraux
sujet : "Les spectateurs du vitrail de saint Martin (1)"
"Ceux qui écoutent"
Le vitrail de saint Martin met en valeur le rôle de celui que l’histoire retient comme le grand évangélisateur de la Gaule. C’est dire qu’il est souvent en train de parler : aux clercs, aux paysans, aux païens, aux convertis… Le vitrail comporte de nombreux auditeurs. Sur fonds noir, on découvre que certains d’entre eux sont particulièrement réussis :
- en voilà un qui tend la main, comme pour montrer l’orateur dont la parole l’intéresse
- une figuration originale avec cet homme assis au sol et qui lève le regard pour voir saint Martin, qui parle depuis une tribune. Somptueux jeu de couleur bleu /rouge
- un auditeur très pensif, qui repose sa main sur son menton. Le visage est d’une grande qualité d’expression
- celui-ci semble stupéfait. L’or du manteau accroche le regard
- bien sûr le visage a été remplacé - sans doute à la fin du Moyen-Âge. Mais nous avons de la tendresse pour son air un peu simplet…
- une auditrice - un peu âgée. Elle semble aussi passionnée par le discours de Martin
- un visage en partie masqué par deux personnages. Comment en quelques traits - ceux des yeux - le dessinateur lui donne vie !
- pour finir, un beau visage de femme, qui essaie de voir l’évêque.
 
Bonus 557 en ligne
vitraux
sujet : "Les spectateurs du vitrail de saint Martin (2)"
"Ceux qui regardent"
Le vitrail de saint Martin possède une structure originale. Des petits quadrilobes entourent les panneaux principaux, où est racontée l’histoire du « saint apôtre de la Gaule ». C’est dire qu’il faut bien les remplir de personnages. Quatre sont occupés par des donateurs. Tous les autres mettent en scène des ‘spectateurs’. Ils regardent saint Martin en train d’accomplir ses différents miracles. Ils s’étonnent, ils s’extasient, ils discutent, ils veulent en savoir plus. Sur fonds noir, tous ces spectateurs, plein d’animation, sont un vrai plaisir : richesse des couleurs, attitudes variées, regards spontanés :
- il y a comme un sentiment de surprise dans l’attitude de cet homme qui porte une tonsure : un clerc ?
- de grands yeux écarquillés. Le visage est d’une exceptionnelle qualité. On appréciera aussi les couleurs des habits rouge / vert
- celui là semble se tordre le cou pour assister à la scène
- peut-être le plus pensif de ces spectateurs. On peut apprécier les fluidités des drapés
- en voilà un qui semble vraiment stupéfait. Il se retourne pour prévenir tout le monde. Les habits vert et or sont d’une vivacité remarquable
- on a l’impression que celui-ci vient à l’instant d’apercevoir la scène - et qu’il marque un petit temps de surprise
- un beau personnage barbu. Certaines pièces du vêtement sont remplacées
- un homme beaucoup plus jeune, qui passe la main dans la lanière de son manteau
- ce personnage, de profil semble hâter le pas pour se rendre sur les lieux du miracle
- la main tendue, il désigne saint Martin
- également une main tendue : le geste de cette homme est d’une grande élégance.
 
Bonus 558 en ligne
vitraux
sujet : "Les frontons du maître verrier des saints Antoine et Paul"
Il est toujours très amusant (et instructif) de suivre, au fil des scènes d’un vitrail, un détail décoratif, un objet ou un vêtement. Comment est-il ré-interprété à ses différentes apparitions ? Quels changements de couleur, de forme ? Quelle tendance répétitive ? Quelles variantes inattendues ? On en apprend finalement beaucoup sur l’esprit du maîtres verrier. Attardons nous sur les frontons architecturés que l’on découvre dans l’histoire des saints Antoine et Paul :
- Saint Antoine est en train de bêcher devant son ermitage. La porte est surmontée d’un fronton : vert, orné d’un quadrilobe et terminé par une sphère. Notez aussi les tuiles en forme d’écailles de poisson
- une femme séduisante apparaît à saint Antoine, pour observer s’il résiste aux tentations de la chair. Le fronton qui surmonte la porte, vert, est à présent orné d’un trilobe et terminé par un fleuron. Notez les tuiles à présent losangées
- un démon détruit l’ermitage d’Antoine. Le fronton, rouge, a été confondu par plusieurs auteurs avec une torche. En réalité le démon n’incendie pas l’édifice : il le renverse. Le plomb qui coupe en deux le fronton est d’ailleurs probablement d’origine : il est fracturé !
- une colombe apporte aux saint Antoine et Paul un pain. Plusieurs parties du personnage de droite ont été réparées à une époque ancienne [liseré rouge]. Notez la récupération de deux frontons verts, dont on espérait qu’ils feraient illusion comme comblement. D’où proviennent-ils ? Peut-être du même vitrail
- un démon essaye d’abuser Antoine. Le fronton est remplacé par un toit conique, qui est ici surmonté d’une croix
- la sœur de saint Antoine est confiée à des religieuses. Le toit conique est supporté par un anneau dont le dessin imite les cabochons de pierre précieuse. En fait, quand on regarde dans d’autres verrières on découvre qu’il s’agit d’un modèle de… couronne impériale
- Saint Antoine étudie dans son ermitage. Voici le fronton le plus original du vitrail : une arcature rouge avec trilobe, galonnée de vert, le tout terminé par une sphère. On peut observer le dessin remarquable des ferrures de la porte.
- Saint Antoine, au soir de sa vie, confie son habit à un disciple. Le décor architecturé comporte une très étonnante tour circulaire à trois ‘hublots’.
 
Bonus 559 en ligne
célébrations
sujet : "Retour en images sur la veillée pascale 2017"
Cette célébration, la plus longue de l’année, est un sommet dans la vie de la cathédrale. Feu nouveau, rappel au travers de sept lectures de tous les signes de la présence de Dieu dans l’histoire humaine, proclamation de la résurrection, baptême des adultes et renouvellement par l’assemblée des vœux du baptême, eucharistie solennelle. "Cette nuit où le Seigneur est ressuscité, nous la passons à veiller. La vie où il n’y a plus ni sommeil ni mort, il l’a inaugurée pour nous en son corps, ressuscité des morts pour ne plus mourir et à jamais soustrait au pouvoir de la mort. Si nous avons chanté le Ressuscité en le veillant un peu longuement, il nous donnera de régner avec lui en vivant sans fin" (Saint Augustin) :
- le feu nouveau. En raison des conditions de sécurité exceptionnelles, les fidèles y ont assisté depuis l’intérieur de la cathédrale. Un feu majestueux, sous les yeux de l’évêque qui vient de bénir ce signe de renouveau. Peu après, le cierge pascal est allumé
- la résurrection vient d’être proclamée (à Chartres par un petit enfant qui l’annonce à l’évêque). Un dernier psaume est chanté, avant la lecture de l’évangile du ‘tombeau ouvert’
- quatre catéchumènes (qui se préparent au baptême) sont descendus au baptistère. Cette disposition est unique à Chartres. Seuls les proches sont descendus avec eux : les fidèles ne voient pas
- Monseigneur Pansard encense l’autel. L’eucharistie y est célébrée
- le vaisseau de la cathédrale - éclairage 1. La première partie de la célébration a lieu dans le noir, à la lueur des chandelles. Quand la résurrection est proclamée, les voûtes s’éclairent et la nouvelle croix de la cathédrale est éclairée par l’arrière. Le cristal de roche est lumineux. Le faisceau du projecteur est aussi rendu visible par les nuées d’encens. Un V victorieux se dessine, jaillissant de l’autel
- le vaisseau de la cathédrale - éclairage 2. Au retour des baptisés, toute la cathédrale s’éclaire pour fêter ces nouveaux ‘enfants de Dieu’.
- le vaisseau de la cathédrale - éclairage 3. Le rythme des piliers est mis en valeur (essais techniques - en l’absence des fidèles)
- le vaisseau de la cathédrale - éclairage 4. La célébration finit avec des couleurs festives
- nos frères orthodoxes. La célébration du feu nouveau est vécue en commun avec l’église orthodoxe de la région de Chartres (qui en 2017 fête Pâques le même soir que les catholiques). On voit à côté de Mgr Pansard, deux porteurs de croix et d’icône
- autour de l’évêque, la communauté du Chemin Neuf. Moment festif en fin de célébration, avec plusieurs musiciens et chanteurs.
 
Bonus 560 en ligne
regards d’artistes
sujet : "Petite histoire d’une grande façade - le XVIII° siècle"
La façade occidentale de la cathédrale - et le pittoresque de ses deux flèches si différentes, est à l’évidence un incontournable de la gravure. Depuis les images imprimées les plus anciennes (fin XVII° siècle), on compte de très nombreuses versions. Nous vous faisons ici découvrir quelques œuvres intéressantes - non reproduites dans les précédents bonus :
- anonyme - milieu XVIII° siècle. Les proportions données à la façade sont étonnantes : les trois vitraux surmontant le portail sont très courts, la flèche très effilée. Dans le détail, on observe de très nombreuses inexactitudes qui ne permettent pas d’utiliser ce document comme une source informative. Autour de la cathédrale, le graveur a arbitrairement ‘dégagé le terrain’ (la réalité urbaine était très différente) pour obtenir une vue d’ensemble plus satisfaisante. Des personnages fictifs ont été disposés pour contribuer à l’ambiance
- anonyme -milieu XVIII° siècle. Cette gravure fait une représentation de la façade un peu plus exacte. Cependant, un malentendu entre dessinateur, graveur et imprimeur a abouti à un résultat assez surprenant. L’image est inversée. Les flèches changent donc de côté !
- Antoine Sergent-Marceau - 1782. Député durant la révolution et principal artisan de sa sauvegarde lors du vandalisme de la terreur, Sergent est avant tout un dessinateur doué. Cette image, publiée dans une édition du missel chartrain, semble assez fidèle.
Notez la présence, en arrière fond de l’Hôtel Dieu.
 
Bonus 561 en ligne
regards d’artistes
sujet : "Petite histoire d’une grande façade - le XIX° siècle"
La façade occidentale de la cathédrale - et le pittoresque de ses deux flèches si différentes, est à l’évidence un incontournable de la gravure. Depuis les images imprimées les plus anciennes (fin XVII° siècle), on compte de très nombreuses versions. Nous vous faisons ici découvrir quelques œuvres intéressantes - non reproduites dans les précédents bonus :
- dessinateur : Asselineau ; Imprimeur : Destouches ; Éditeur : Sinnett - début XIX° siècle. Sûrement l’une des meilleures versions existantes, qui fait preuve d’un sens remarquable des détails - presque tous exacts. On notera que les ouvertures des tours ont été obturées. La qualité des rehauts de gouache et les différents personnages rajoutent au pittoresque
- dessinateur anonyme - début XIX° siècle. Un point de vue presque identique au précédent. Au premier plan à droite, l’extrémité du bâtiment de l’Hôtel-Dieu. Le long du bas-coté nord, la chambre au mortier
- dessinateur : Gaucherel. Cette gravure appartient à un ouvrage comprenant de nombreux monuments - sans doute les "Voyages pittoresques et romantiques". Elle date de la deuxième partie du siècle, comme l’indique la disparition des bâtiments longeant le bas-côté nord (détruits vers 1852-53). Le portail royal est curieusement figuré
- dessinateur : Thorigny ; Édité en 1883, à partir d’un modèle plus ancien. Cette œuvre comporte plusieurs aspects fantaisistes : les maisons du premier plan, mais aussi plusieurs détails architecturaux de la cathédrale : portail royal démesuré, parties supérieures du triplet (avec des personnages en pied !), perspective de la flèche Jehan de Beauce
- cette estampe assez peu connue, prise d’un point de vue original, est d’une remarquable qualité. Deux personnages sont accoudés à une balustrade qui surmonte la chapelle Vendôme. La faitière du toit est empruntée à un dessin (préparatoire) de Lassus et n’a jamais existé - preuve qu’il faut toujours se méfier des documents graphiques
- deux très belles vues des flèches, dans un ouvrage anglais (vers 1875)
- toutes les vues précédentes sont imaginaires. Comme on le voit sur cette photographie prise vers 1870, le parvis est encore occupé par des maisons ainsi que par des baraquements. Au premier plan, l’Hôtel-Dieu est rasé depuis quelques années, remplacé par la cour d’un établissement scolaire
- photographie de Charles Marville - vers 1855. C. Marville est surtout connu pour ses vues de Paris, avant et après les aménagements d’Hausmann. Le portail royal est en travaux. Ces vues sont essentielles pour l’historien d’art : elles permettent de vérifier que la quasi-totalité du portail est authentique (à l’exception des archivoltes externes que l’on voit ici très abîmées et qui ont été remplacées)
- photographie vers 1900. Fontaine et lampadaire typiques de la Belle Époque ont été installés. Une voiture (avis aux connaisseurs qui sauraient identifier le modèle) est garée devant le portail.
 
Bonus 562 en ligne
regards d’artistes
sujet : "Petite histoire d’une grande façade - le XX° siècle"
La façade occidentale de la cathédrale - et le pittoresque de ses deux flèches si différentes, est à l’évidence un incontournable de la gravure. Depuis les images imprimées les plus anciennes (fin XVII° siècle), on compte de très nombreuses versions. Nous vous faisons ici découvrir quelques œuvres plus originales - non reproduites dans les précédents bonus :
- Frank Myers Boggs (1855-1926). Vers 1915. Peintre américain naturalisé français, proche des impressionnistes sans jamais appartenir au mouvement, il est un habitué de Paris et des bords de mer normands. On notera le traitement du ciel, très nuageux
- Henri Le Riche (1868-1944). Peintre et graveur français, prix de Rome (1888), exposé au salon des artistes français, il a réalisé de nombreuses vues urbaines, aux ambiances marquées
- Édouard Pierre Blin (1877-1946) est un graveur de médaille français, né à Chartres. Très attaché à ses origines, il réalise plusieurs médailles présentant la silhouette de la cathédrale - dont celle-ci (revers : Notre-Dame de la Belle Verrière)
- Édouard Pierre Blin (1877-1946). E. P. Blin réutilise cette silhouette pour une médaille frappée en 1945, pour commémorer la libération de Chartres "par le 20ème corps américain et les forces françaises de l’intérieur"
- Roger Bertrand Baron (1907-1994). Ce graveur très prolifique réalise une intéressante vue ‘aérienne’ pour une médaille offerte par la ville de Chartres à ses hôtes
- Bernard Lorjou (1908-1986) est un tenant de l’art figuratif. Sa palette vibrante l’a souvent rapproché des ‘expressionnistes’. Lorjou, écorché vif, vouait un culte à Goya - mais aussi au Greco. On retrouve son lyrisme exacerbé dans cette œuvre énergique
- Ikue Nagano est un artiste japonais. Son interprétation de la cathédrale se réfère au mouvement naïf
- artiste non identifié. Étonnant point de vue pour cette œuvre, proche de l’art brut. Sur l’une des banderoles tenues par les pèlerins, on lit ‘Vive Marie’
- la silhouette de la cathédrale apparaît sur une monnaie frappée (2014) par les Îles Cook, état autonome de Nouvelle Zélande. On y voit aussi Notre-Dame de la Belle Verrière : c’est la première apparition d’une image transparente dans une monnaie. La légende porte "les fenêtres du Ciel".
 
Bonus 563 en ligne
regards d'artistes
sujet : "Peintures du déambulatoire"
À l’intérieur de la cathédrale, l’espace le plus fréquenté par les artistes des 200 dernières années est le déambulatoire sud. On peut y trouver plusieurs raisons, la première étant que cette partie de l’édifice a longtemps été la plus éclairée. Par ailleurs, l’espace, haut d’une douzaine de mètres, y est moins impressionnant et la courbure crée d’intéressants effets de perspective et de volumes. Nouveaux clichés :
- peintre descriptif, connu par des paysages de ruines romantique et des intérieurs d’édifices anciens, C. M. Bouton réalise ici une belle gouache du déambulatoire. Sa datation (vers 1820) confère par ailleurs à cette œuvre un intérêt historique évident
- lithographie (vers 1860 ?). La chapelle axiale est fermée par un rideau. Il s’agit probablement d’un reposoir funéraire - peut-être l’un des évêques
- lithographie anglaise (vers 1860). On aperçoit encore dans la chapelle axiale le retable (1790 ?) qui cachait la partie inférieure du vitrail des apôtres
- lithographie (1896). Au premier plan, des gens en prière. Au contraire de la nef, qui semble être un lieu de passage, le déambulatoire entier est occupé par les démarches personnelles des croyants : chapelets, prières adressées à Marie, dévotion au saint-sacrement, confession, entretien avec un prêtre, prières au sacré-cœur
- Eugène Villon (1879-1951) est un aquarelliste français. Il retranscrit ici les éclairages d’été dans le déambulatoire.
 
Bonus 564 en ligne
regards d'artistes
sujet : "Peintures du déambulatoire"
À l’intérieur de la cathédrale, l’espace le plus fréquenté par les artistes des 200 dernières années est le déambulatoire sud. On peut y trouver plusieurs raisons, la première étant que cette partie de l’édifice a longtemps été la plus éclairée. Par ailleurs, l’espace, haut d’une douzaine de mètres, y est moins impressionnant et la courbure crée d’intéressants effets de perspective et de volumes. Nouveaux clichés :
- Frank Will (1900-1950) est un peintre habitué de la vie nocturne de Montmartre, où il dilapide ses ressources en payant largement à boire aux peintres fauchés de la butte. Comme son père, Frank Myers Boggs, il vient souvent à Chartres. Cette vue du déambulatoire, très lumineuse, est un coup de cœur du service Accueil-Visites de la cathédrale
- n retrouve les mêmes couleurs, plus estompées chez le peintre L. Drevet
- Gaston Delpard est plus connu pour ses vues de Corse. Sa vue du déambulatoire, contrastant les zones d’ombre et de lumière, est surtout intéressante pour le traitement vibrant des vitraux
- huile sur toile datée 1933. Alice Plato est une artiste belge, marquée par le mouvement fauviste
- artiste non identifié. Depuis l’entrée du déambulatoire sud
- artiste non identifié. Estampe. Entrée du déambulatoire sud. Notre-Dame de la Belle Verrière et son autel
- Pierre Gaston Rigaud (1874-1939) est surtout un peintre de paysage. Évoluant à la confluence de plusieurs mouvements, il laisse apparaître ici une manière pointilliste, qui retranscrit assez bien les jeux de lumières des vitraux et des piles circulaires
- Pierre Anne Duménil (né en 1862) utilise ici une couleur très chaude - presque dorée. Peut-être évoque-t-il une luminosité de fin de journée
- Jacques Blanchard (1912-1992) est un peintre d’Eure et Loir. La gamme chromatique très réduite met en valeur le relief du tour du chœur et la présence de la croix, en fonds de bas-côté.
 
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sculpture
sujet : "À la recherche des yeux - portail nord, baie centrale côté droit"
Comme on le sait, tous les portails de la cathédrale étaient originellement peints. Rouge, Bleu, Vert ; Or pour certains détails… Cette polychromie donnait aux personnages, plus grands que nature, un étonnant réalisme. Dans la façon dont ils s’imposent, sont ‘présents’ aux visiteurs d’aujourd’hui, l’essentiel passe effectivement par le regard : regard vide - mais solennel - quand rien n’est conservé. Comme des figures venues de la nuit des temps… Personnalité vivante et expressive quand reste un fragment de pupille (plus rarement l’iris ou le blanc de l’œil). Essayons de retrouver leur regard !
- Isaïe - Prophète du Messie : descendant de Jessé, serviteur souffrant et prince de paix. Les pupilles ont été découvertes lors de la dernière restauration (v. 2001). Consigne avait été donnée aux techniciens qui maniaient le laser : au premier signe visible de peinture, arrêter cette technique pour ne pas endommager ces restes conservés
- Jérémie - Prophète de la douleur d’Israël mais aussi de la gloire de Dieu. Les yeux sont exceptionnellement conservés : pupille et (partiellement) iris. Quand le technicien qui maniait le pinceau laser s’est arrêté sur ce détail, il s’est adressé spontanément à ses collègues : "Il me regarde". Émouvante rencontre
- Siméon - Le vieillard qui attendait le sauveur dans le temple de Jérusalem. La pupille a disparu. Par contre l’iris (couleur bleue) apparaît assez nettement après restauration
- Saint Jean Baptiste - Dernier prophète, ascète vivant dans l’humilité, prêchant la conversion de ses contemporains. Cette statue est d’une qualité exceptionnelle, par l’émotion qui s’en dégage, ce qu’ont relevé de nombreux historiens et amateurs d’art. Elle n’a malheureusement rien (ou presque) conservé de ses yeux
- Saint Jean baptiste. Attention : version retouchée. Essai de restitution des yeux, tels que retrouvés sur une statue des voussures
- Saint Pierre - Proche du Christ et pilier de l’Église naissante. Il porte ici l’ephod, emblème des grands prêtres d’Israël. Quelques fragments millimétriques des pupilles sont conservés
- Saint Pierre. Attention : version retouchée. Deux valeurs de gris pour dessiner les yeux : ce visage devient étonnamment réaliste…
 
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sculpture
sujet : "À la recherche des yeux - portail nord, baie centrale côté gauche"
Comme on le sait, tous les portails de la cathédrale étaient originellement peints. Rouge, Bleu, Vert ; Or pour certains détails… Cette polychromie donnait aux personnages, plus grands que nature, un étonnant réalisme. Dans la façon dont ils s’imposent, sont ‘présents’ aux visiteurs d’aujourd’hui, l’essentiel passe effectivement par le regard : regard vide - mais solennel - quand rien n’est conservé. Comme des figures venues de la nuit des temps… Personnalité vivante et expressive quand reste un fragment de pupille (plus rarement l’iris ou le blanc de l’œil). Essayons de retrouver leur regard !
- Melchisedech - Prêtre, prophète et roi de Salem. Les sculpteurs de Chartres lui donnent calice et encensoir, comme annonciateur de l’Eucharistie. Sur ce visage impressionnant, les restaurateurs n’ont retrouvé que l’ "ombre" des yeux
- Abraham - "Père des croyants" selon une belle formule de la tradition. Il va ici sacrifier son fils Isaac. Comme un ange, au-dessus de la statue de Melchisedech, lui apparaît pour lui demander de sauvegarder la vie de l’enfant, c’est la seule statue qui ne regarde pas le spectateur
- Moïse - Prophète de la sortie d’Égypte, qui donne à son peuple la loi de Dieu. Dans ce visage d’une grande dignité, les yeux sont entièrement absents - ce qui dans l’esprit de plusieurs spectateurs du XXI° siècle (on a posé la question !) rehausse sa dimension prophétique. Pourtant, le chef d’équipe des restaurateurs l’avait confié : il souhaitait retrouver ce regard - espoir déçu !
- Moïse - Attention : version retouchée. Il suffit d’ajouter une pupille pour changer l’expression
- Moïse - Attention : version retouchée. Essai de restitution des yeux, tels que retrouvés sur une statue des voussures
- Moïse - Zoom. Attention : version retouchée
- Aaron [selon l’hypothèse la plus retenue aujourd’hui] - Prêtre du sacrifice, recouvert d’un voile. Tout est magnifique : les traits marqués du visage, le réalisme des cheveux et de la barbe
- Aaron - Zoom. Attention : version retouchée. Essai de restitution des yeux, tels que retrouvés sur une statue des voussures
- David - Roi d’Israël, guerrier et législateur, compositeur des psaumes - adressés à Dieu. Il porte ici la couronne d’épines et la lance de la passion du Christ - rappelant qu’il est ancêtre du Christ. Vue prise au coucher du soleil.
 
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sculpture
sujet : "À la recherche des yeux - portail nord, baie de droite"
Comme on le sait, tous les portails de la cathédrale étaient originellement peints. Rouge, Bleu, Vert ; Or pour certains détails… Cette polychromie donnait aux personnages, plus grands que nature, un étonnant réalisme. Dans la façon dont ils s’imposent, sont ‘présents’ aux visiteurs d’aujourd’hui, l’essentiel passe effectivement par le regard : regard vide - mais solennel - quand rien n’est conservé. Comme des figures venues de la nuit des temps… Personnalité vivante et expressive quand reste un fragment de pupille (plus rarement l’iris ou le blanc de l’œil). Essayons de retrouver leur regard !
- d’abord envoyé pour maudire le peuple d’Israël, il se convertit quand son âne s’arrête en chemin, effrayé par l’ange de Dieu qui lui barre le chemin. Les pupilles sont remarquablement conservés, ajoutant au sentiment d’étonnement et de colère qu’on lit sur son visage
- roi d’Israël, exemple de Sagesse donnée par l’Éternel. Étonnamment, la peinture noire, très bien conservée sur sa chevelure, n’a pas tenu sur la pupille
- reine de Saba - Venue des régions lointaines, elle rencontre Salomon dont la réputation avait traversé les mers. Très peu de polychromie conservée sur ce visage gracieux
- probablement Jésus fils de Sirach, rédacteur d’un livre de sagesse, dit aussi l’ecclésiastique. À nouveau, la peinture noire des cheveux est très bien conservée, mieux que la pupille des yeux
- Joseph - Fils préféré de Jacob, vendu par ses frères et devenu ministre d’Égypte (voir le diadème dans ses cheveux). Un œil est apparu ‘timidement’ lors de la restauration de 1999/2001
- la sibylle - Prophétesse païenne. Certains pères de l’Église verront dans les textes sibyllins, l’annonce des mystères chrétiens de l’Incarnation et de la Rédemption. Les yeux ont apparu lors de la restauration, exceptionnellement conservés
- la sibylle - Zoom sur un œil. Il semble nous fixer comme il y a huit cent ans - ces statues étant datées des années 1215/20. Notez aussi quelques restes des sourcils
- la sibylle - Zoom sur l’œil. Délimitation de la pupille et de l’iris. Il est assez difficile de savoir, même à partir des analyses chimiques, si la couleur de l’Iris était originellement sombre ou si la couleur a été modifiée par les altérations des agents atmosphériques.
 
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regards d'artistes
sujet : "Regards d’artistes contemporains"
Œuvres figuratives, mais adoptant parfois des points de vue inattendus. La cathédrale, qui marque les créateurs est toujours à ‘réinventer’ :
- Anton Kruysen (1898-1977), artiste néerlandais au caractère ombrageux, a longtemps vécu en basse ville de Chartres. Il a laissé un nombre important d’œuvres incluant la cathédrale, qui y joue le rôle d’arrière plan. Son travail est marqué par l’influence des fauves - Vlaminck, Soutine - avec une palette contrastée et une touche puissamment énergique. Cette peinture ‘de nuit’ semble unique dans son œuvre
- Bernard Lorjou (1908-1986) est artiste figuratif. Sa palette vibrante l’a souvent rapproché des ‘expressionnistes’. Il multiplia, entre 1945 et 1960, les expositions-évènements, usant de formats exceptionnels et s’exprimant de façon crue sur les problématiques sociales. Écorché vif, il manie un lyrisme exacerbé. Cette œuvre est l’une des plus épurées. Huile sur toile
- Bernard Lorjou - Lithographie. Les lignes noires, rageuses, expriment la dimension ascensionnelle de cette architecture - ici exagérée
- Jacques Lagrange (1917-1995) est une figure intéressante. Issu de l’école nationale des arts décoratifs, proche de Raoul Dufy, il est l’auteur de très nombreux cartons de tapisserie ; tapisseries réalisées à Aubusson. Parallèlement à son activité de peintre, il est conseiller artistique et scénariste des principaux films de Jacques Tati. Il travaille aussi à la décoration des grands édifices urbains, dont la faculté des sciences de Jussieu. Cette œuvre, aux couleurs éclatantes, est inspirée du plan de la cathédrale - comme si l’édifice était vu d’en hau
- Jacques Lagrange - "Sanctuaire et Visiteurs", daté 1959. Chez cet amoureux de la construction architecturale, qui s’intéresse à la perception de la lumière et manie les aplats aux couleurs aux limites de l’abstrait, les volumes intérieurs de la cathédrale ont été un sujet constant d’admiration
- Eva Kohler (1898-1996) est une artiste allemande, au dessin puissant. Dans cette peinture datée 1961, elle s’inspire à la fois des arcs-boutants et des sculptures du portail royal
- Juan Cook, dessinateur américain contemporain. Œuvre minimaliste, inspirée d’une vision dans les champs de Beauce
- Jacques Bodenhorst est un peintre publicitaire d’Eure-et-Loir. Nous avons beaucoup aimé sa vision rêvée d’une cathédrale en plein ciel
- un graphiste anonyme, qui met en rapport un monument ancien et la conquête spatiale.
 
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sculpture
sujet : "Les activités humaines porche nord"
Les travaux des mois (portail royal, porche nord, vitrail du zodiaque) sont parmi les figurations les plus connues de Chartres. Elles montrent les activités rurales au fil des saisons. Il existe une série moins connue, de petite dimension, qui représente les ‘savoirs’ de l’humanité - à la baie droite du porche nord. La source textuelle est mal connue. Sans doute l’idée est-elle de montrer la diversité des connaissances - aussi bien manuelles qu’intellectuelles
- le médecin a perdu sa tête. Il est probable qu’à l’origine, il tenait (comme dans un vitrail) une fiole d’urine
- très intéressant, au pied du médecin : des herbes curatives. On reconnait par exemple la chélidoine, qui possède plusieurs vertus curatives
- l’architecte porte une équerre. Cette évocation est remarquable car elle peut - symboliquement - être comprise comme une signature des maîtres d’œuvre qui ont bâti la cathédrale
- le peintre porte une palette
- quand on regarde plus près, on voit les dépôts des différentes couleurs - peut-être aussi le reste du pinceau
- le philosophe est très largement conservé. Il porte une calotte
- détail. Le plissé des tissus est particulièrement réussi
- l’alchimiste (l’inscription donne Magus : Mage) porte une banderole. Sans doute des formules étaient-elles écrites ? Il surmonte un dragon, laissant entendre qu’il manipule des ingrédients dangereux.
 
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sculpture
sujet : "Les activités humaines porche nord"
Les travaux des mois (portail royal, porche nord, vitrail du zodiaque) sont parmi les figurations les plus connues de Chartres. Elles montrent les activités rurales au fil des saisons. Il existe une série moins connue, de petite dimension, qui représente les ‘savoirs’ de l’humanité - à la baie droite du porche nord. La source textuelle est mal connue. Sans doute l’idée est-elle de montrer la diversité des connaissances - aussi bien manuelles qu’intellectuelles
- probablement Adam : toutes les activités procèdent, par transmission du premier homme
- une très belle représentation d’Abel. C’est un berger, qui garde les troupeaux
- le visage d’Abel, très jeune - aux cheveux bouclés
- lun des plus beaux détails de la cathédrale, que connaissent certains amoureux du portail nord. Un mouton grimpe sur un arbuste pour venir manger quelques feuilles. Quelle finesse et sens de l’observation !
- Caïn est cultivateur. On le voit ici bêchant une terre meuble
- détail. Une ceinture à la taille lui permet d’être assez libre de ses mouvements
- Jubal (qui est mentionné dans la Bible) est un musicien
- détail sur la lyre
- détail sur un orgue portatif
- Tubalcaïn (aussi cité dans la Bible et sur lequel Hugo a écrit dans la légende des siècles) est forgeron. Les bras sont cassés. Cependant, on voit qu’il maniait un marteau d’une main et une pince, pour saisir le métal incandescent, de l’autre.
 
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regard d'artistes
sujet : "La cathédrale de loin - Gravures XVIII° - XX° siècles"
La silhouette de la cathédrale a toujours fasciné les artistes - qui la représentent notamment émergeant des maisons de la vieille ville. Plusieurs vues qui complètent les anciennes vues cavalières de Chartres :
- Antoine Sergent, dit plus tard ‘Sergent-Marceau’. Cet excellent dessinateur collabore en 1783 à l’édition du missel du diocèse de Chartres. En provient cette page, où la cathédrale est représentée dans le sens longitudinal. Le côté sud a été artificiellement débarrassé des constructions urbaines, pour mieux décrire la cathédrale. Notez la présence de petites flèches - à la croisée du transept et sur la faîtière du chœur
- vers 1835 - extrait des planches de la "France pittoresque". La cathédrale domine la vieille ville, observée depuis l’autre côté de la vallée de l’Eure. Le premier plan, très romantique, semble imaginaire
- vers 1840/45. Cette gravure laisse une place importante à la végétation, au bord de la rivière. L’artiste a sans doute travaillé depuis l’actuel pont neuf
- Charles Jouas. Fusain avec rehauts de sanguine, daté 1906 - vue depuis la route de Paris. Jouas est un artiste attaché à Chartres. Il est l’auteur des illustrations de ‘la cathédrale’, de J.K. Huysmans
- anonyme, probablement vers 1950. D’inspiration futuriste, cette lithographie appuie les lignes ascensionnelles de la cathédrale
- autre point de vue habituel sur la silhouette de la cathédrale : depuis la place Châtelet. Gravure éditée vers 1850. On voit au premier plan le début de la ‘butte des charbonniers’
- vers 1910. Cette carte fait partie d’une série représentant plusieurs monuments français
- vers 1950. Dans cette photographie retrouvée dans un grenier familial, c’est d’abord le jeune homme - canotier et pantalon bouffant - qui attire l’attention…
 
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regards d'artistes
sujet : "La cathédrale de loin - Photographie"
La silhouette de la cathédrale fascine aussi les photographes - qui cherchent le lieu idéal pour la montrer ‘émergeant’ du paysage - ville ou champs de Beauce :
- de trois quart, depuis le côté est de l’Eure. Cette photographie, due à Henri de Feraudy, est créée par l’assemblage de plusieurs clichés. Il est souvent impossible de voir la masse de la cathédrale ainsi dégagée
- le chevet de la cathédrale, un soir de pleine lune, depuis le côté est de l’Eure
- la cathédrale au-dessus des friches de chemin de fer
- la cathédrale, au-dessus d’un champ de céréales - vers avril. Vue au téléobjectif. Seule la partie supérieure de l’édifice (au-dessus de 25 mètres de hauteur) apparaît à l’horizon
- la cathédrale, au-dessus d’un champ de colza en fleur
- coucher du soleil sur la cathédrale
- quelques instants avant que le soleil ne disparaisse à l’horizon. Étonnants effets orangés
- à environ 10 km de Chartres. Les flèches sont perceptibles tandis que le jour baisse
- dernières lueurs dorées - depuis la route de Paris
- au coucher du soleil, un jour d’orage. La signalisation urbaine rappelle la présence de la ville contemporaine.
 
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regards d'artistes
sujet : "Portail sud - Documents anciens"
Depuis le XVIII° siècle, de nombreux documents (gravures, gouaches, photographies…) documentent le portail sud : sélection…
- vue perspective’ du flanc sud de la cathédrale avec rehauts de couleurs - XVIII° siècle. Cette vue présente à la fois des éléments intéressants pour l’histoire de l’édifice (bâtiments canoniaux devant la chapelle saint Piat, petit clocher des commandes sur la faitière du chœur, petit clocher à la croisée du transept) et des éléments fantaisistes (fenêtres des tours latérales du transept, arcs-boutants à triple volée sur le chevet…). C’est peu de dire que le portail sud pose d’importants problèmes au dessinateur !
- gravure - fin XVIII° siècle. Les proportions sont étranges. Des flèches démesurément hautes par rapport au vaisseau - trapu. Un chevet très court
- gravure - vers 1840 /1845, avec la description réaliste des maisons adossées au bas-côté sud (droite de l’image)
- cette photographie, probablement réalisée vers 1855, présente l’état du portail et du porche, avant l’ensemble des phases de restauration. C’est donc un document d’un intérêt remarquable, malgré la surexposition
- photographie - vers 1875. On voit, notamment au-dessus du pilier avancé du porche situé à l’extrême droite, les ancrages métalliques qui depuis la fin du Moyen-Âge maintiennent la cohésion de la structure.
- photographie - vers 1880. Une opération localisée de renforcement a lieu sur le côté droit du porche
- gravure - vers 1855/60. Comme toujours le dessinateur ajoute du pittoresque (personnages) à la description de l’édifice. A l’extrême gauche de l’image, la façade due l’hôtel-Dieu, détruit quelques années plus tard
- cette gravure est une ‘reconstitution’ fautive, réalisée au XX°, dans l’esprit des gravures anciennes. Il est impossible de trouver des voitures automobiles (à partir de 1890 environ) à l’époque où les maisons sont encore visibles sur le flanc sud de la nef (destruction vers 1851/52)
- belle gouache signée de Franck Myers Boggs, peintre américain naturalisé français - vers 1910.
 
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regards d'artistes
sujet : "Portail nord - Documents anciens - Vues générales"
De nombreux documents (gravures, gouaches, aquarelles, peintures, photographies…) documentent le portail nord au XIX° siècle : sélection…
- gravure - entre 1836 et 1840. L’indication chronologique nous est donnée par l’absence d’une toiture sur la cathédrale - suite au grand incendie des charpentes en 1836. Une procession sort de la cathédrale
- gravure - vers 1840. Le sol du parvis est plus élevé de près d’un mètre qu’il n’est aujourd’hui
- sur cette très belle gravure (env. 1842), on voit encore les bâtiments qui longent le bas-coté nord de la cathédrale
- gravure - vers 1850. Sans doute les amas de gravats sur le parvis correspondent-ils à la destruction en cours des bâtiments longeant le bas-côté nord
- gravure allemande - vers 1860. Les gargouilles sont alors prolongées de longs tuyaux de plomb
- détail d’une gravure - vers 1860. Le massif est du porche est très différent de son état d’origine (restitué à la fin du XIX° siècle). Un portail de style baroque (deuxième tiers du XVII° siècle), ferme le passage latéral. Il permettait d’accéder à Notre-Dame de Sous terre. L’espace entre les colonnes avancées a été comblé à une époque plus ancienne (peut-être XIV° si l’on se fie au style du dais)
- photographie - probablement vers 1880. On peut noter sur ce document que tous les linteaux transversaux du porche sont soutenus par des étais.
 


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