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Cet article est un inventaire de l'ensemble des bonus depuis le numéro 500 jusqu'au numéro 524, publiés dans notre section "les +"
Chaque bonus est répertorié par son numéro, son état de consultation sur le site (en ligne / prochainement), et par son thème de classement
 
 
Bonus n°  état
thème de classement
 
Bonus 500 en ligne
sculptures
sujet : "Modillons des villages de Beauce"
Sur la façade ouest, il y a des sculptures que tout le monde connaît - les grandes statues colonnes du portail royal, le Christ en Majesté du tympan, les travaux des mois et arts libéraux dans les voussures - et il y a des sculptures que personne - ou presque – ne regarde jamais. Trop hauts, les modillons qui supportent la corniche du portail royal forment en réalité un ensemble pittoresque, qui évoque celui de nombreuses églises rurales de la région. On y retrouve un Moyen-Âge populaire, où les monstres côtoient les humains, où les animaux les plus curieux se mélangent aux plantes :
- vue générale. Les sculpteurs des modillons (locaux ?) n’ont pas participé à la réalisation du portail royal, où trois autres ‘écoles’ sont répertoriées. Il faut probablement les identifier comme ceux qui participent au chantier de la tour sud, dont la partie inférieure est édifiée dans les mêmes années (1145-1150). On y retrouve des chapiteaux et de nombreux autres modillons d’un style semblable
- un monstre aux crocs acérés et aux cheveux en forme de soleil : un modèle que l’on retrouve dans plusieurs régions de France (Poitou, Auvergne)
- un homme aux yeux globuleux et à la barbe
- sans doute le diable. On observe deux cornes qui dépassent de la tête. Le visage est mi-humain / mi-animal, avec des dents menaçantes
- on peinerait à voir la différence avec le modillon 4. Cependant, jamais un sculpteur du XII° siècle ne produit deux pièces tout à fait identiques
- sur cet homme, assez proche des précédents, la barbe, avec ses incisions fines, attire l’attention
- un monstre, dont la tête est apparentée au félin. Un des modèles les plus courants de l’art roman : on pourrait en compter plusieurs centaines dans l’ensemble de la France
- un monstre, avec deux yeux très volumineux
- un lion. Les pattes agrippées à la paroi. Les yeux sont forés au trépan. Ce qui frappe, c’est la magnifique crinière de l’animal
- un monstre avec des plantes qui sortent de sa gueule
- un chien (?) qui tient dans sa gueule un animal identique : une réplique en miniature. On peine à comprendre l’éventuelle signification symbolique de cette sculpture
- un homme, aux yeux globuleux et forés, tient avec ses mains les pointes de sa barbe : on retrouve la verve imaginative du Moyen-Âge.
 
Bonus 501 en ligne
vitraux
sujet : "Redécouvrir les vitraux de la nef - Saint Gilles (133 gauche)"
Après vous avoir fait partager plusieurs clichés des modillons de la cathédrale, situés au-dessus du portail royal… empruntons à présent les routes de la Beauce. N’oublions pas que la cathédrale est le navire amiral de très nombreuses églises de village - qui sont comme des barques sur la plaine qui l’environne. Dans les mêmes années où il construit la cathédrale, le chapitre de la cathédrale et les différentes abbayes de Chartres sont commanditaires de travaux dans plus de 200 églises ! La sculpture de ces églises, qui se limite aux modillons des corniches extérieures (plus rarement les chapiteaux des colonnes ou le portail) est évidemment bien plus populaire que celle du chantier de l’église Mère. Raison de plus pour y relever quelques ‘perles’ :
- clocher d’Aunay-sous-Auneau : une grosse tête outrageusement grimaçante ; une tête triangulaire - à la langue tirée
- clocher d’Aunay-sous-Auneau : deux têtes mi-homme / mi-animal, aux oreilles pointues. La troisième tête est figurée ‘bouche bée’ : notre homme, aux yeux pointés, semble complètement ahuri par le spectacle qu’il contemple : son spectateur ?
- clocher d’Aunay-sous-Auneau - angle de l’octogone. Au centre, un homme au visage clownesque, avec des bras de même longueur que les jambes qui lui donnent un air de pantin. De part et d’autre, une tête ‘ronde’ et une tête ‘enfoncée’ : que lui est-il arrivé ?
- église de Baignolet. Un modèle que l’on retrouve fréquemment dans les églises de Beauce : un masque au profil épuré qui peut évoquer l’art précolombien
- église de Boncé. Notre coup de cœur : ce petit monstre, tête de travers, nous fait immédiatement fait rire
- église de Fontenay-sur-Eure : un duo assis, les bras entrecroisés
- église de Fontenay-sur-Eure : une ‘tête boule’, avec une couronne - ou une sorte de bonnet d’âne ?
- église de Germignonville - l’un des plus remarquables ensemble de modillons de l’Eure-et-Loir : un personnage sans tête porte un masque, des deux mains
- église de Germignonville : cet acrobate, tenant ses jambes à son cou (au sens non figuré !) nous montre effrontément son derrière
- église de Sancheville - au téléobjectif : cette tête au gros nez et aux petites oreilles rondes atout de l’ours en peluche
- église de Tillay-le-Peneux : une tête plus réaliste, comme on commence à en produire au début du XIII° siècle
- église d’Ymonville : un monstre à la peau ridée, aux crocs acérés. Sans doute une évocation cauchemardesque du diable
- église d’Ymonville : un amusant animal au museau pointu : un cheval ? un âne ?
- église d’Ymonville : un sympathique animal, avec une large bouche et des cornes : un bœuf ?
 
Bonus 502 en ligne
vitraux
sujet : "Redécouvrir les vitraux de la nef - Saint Georges (133 droite)"
Peu de temps après leur restauration, voici des clichés de détail des vitraux de la nef - côté nord. Saint Georges est un saint militaire. Né en Cappadoce, il vit à l’époque de l’empereur romain Dioclétien. Sa légende raconte qu’il affronta à Silène (province de Lybie) un dragon, qui terrorisait la région entière, dévorant de nombreux animaux et exigeant des habitants de la cité deux jeunes gens, qui étaient quotidiennement tirés au sort. La représentation de saint Georges la plus connue est donc celle du saint, monté sur un cheval blanc et qui combat le dragon. Les iconographies traditionnelles le montrent tantôt transperçant, tantôt décapitant le monstre. Il meurt martyr le 23 avril 303. Il est le patron de l’Angleterre, de la Géorgie, de l’Ethiopie, des chevaliers, de l’armée bulgare, de l’ancienne cavalerie française, des scouts… C’est dire que son prestige dans l’Europe médiévale était immense : il résumait toutes les qualités du chevalier chrétien, tel que l’Église le proposait au pouvoir politique. À Chartres, il est représenté comme un officier byzantin : cette figuration au style ‘oriental’ (qui donne lieu à des effets décoratifs remarquables) semble empruntée aux fresques de l’Italie du sud :
- le visage de saint Georges est peut-être l’un des plus beaux de Chartres. On notera les boucles des cheveux, l’intensité du regard et bien sûr ce bandeau croisé - coiffure typique des généraux byzantins
- autre point de vue. Le visage se détache sur le fonds rouge de l’auréole, bordé d’un perlé blanc. En arrière, l’inscription ‘Sanctus Giorgus’
- détail de l’habit - épaule droite. Tout mérite l’attention dans ce foisonnement de couleur : l’attache du manteau (bleu et or) copié de certaines plaques d’orfèvrerie, la cuirasse (verte) à motif de fleurons, sans doute inspiré des aciers damasquinés - avec fils de cuivre, les cordons (rouges) aux extrémités en forme de palmette. L’exubérance décorative n’exclut pas certaines observations réalistes : la garde de l’épée est striée pour permettre une prise en main plus assurée
- le même détail, avant restauration. Ce cliché a été réalisé, en 2009, avec un temps de pose prolongé, aboutissant à un résultat sans comparaison avec ce que percevrait l’œil humain. Pourtant, la lisibilité a été considérablement améliorée, au point de révéler certaines décorations. Une vraie ‘redécouverte’
- le bras droit, replié sur le torse. Le poignet est enrichi de joyaux
- la main gauche, posée sur le bouclier. Bien qu’assez réussie, la main semble être un remplacement du XIX° siècle
- la gaine de l’épée et le bas de la cuirasse. Le motif de fleurons, sur fonds or, attire immédiatement le regard. Ce galon, qui imite l’effet du métal, est liseré d’un bleu - velours, qui se détache lui-même sur des bandes rouges. Cette recherche permanente du contraste de couleurs est une véritable réussite, qui rappelle le grand séraphin du haut-choeur (baie 103)
- l’œil est immédiatement attiré par l’alternance - très réussie - des plaques, bleues et rouges. Les galons à motifs de fleurons sont partout. Dans l’esprit d’un verrier du XIII° siècle, ce type de décor fait à la fois précieux et oriental. En travers, le bois de la lance
- le bouclier, en forme d’écu - rare concession à l’équipement des chevaliers d’occident. À nouveau le verrier multiplie les galons décoratifs à motif de fleuron
- au sommet, au-dessus de sa tête, un beau décor d’architecture : un emboitement de toits et de pignons
- les jambes, couvertes de jambières rouges. En arrière, le revers du manteau montre une fourrure de vair
- le martyre de saint Georges : une roue hérissée d’épée
- le martyre de saint Georges : les bourreaux qui activent la roue.
 
Bonus 503 en ligne
vitraux
sujet : "Redécouvrir les vitraux de la nef - Saint Georges (Rose de la baie 133)"
Peu de temps après leur restauration, voici des clichés de détail des vitraux supérieurs de la nef - côté nord. Saint Georges est un saint militaire. Né en Cappadoce, il vit à l’époque de l’empereur romain Dioclétien. Sa légende raconte qu’il affronta à Silène (province de Lybie) un dragon, qui terrorisait la région entière, dévorant  de nombreux animaux et exigeant des habitants de la cité deux jeunes gens, qui étaient quotidiennement tirés au sort. La représentation de saint Georges la plus connue est donc celle du saint, monté sur un cheval blanc et qui combat le dragon. Les iconographies traditionnelles le montrent tantôt transperçant, tantôt décapitant le monstre. Il meurt martyr le 23 avril 303. Il est le patron de l’Angleterre, de la Géorgie, de l’Éthiopie, des chevaliers, de l’armée bulgare, de l’ancienne cavalerie française, des scouts… C’est dire que son prestige dans l’Europe médiévale était immense : il résumait toutes les qualités du chevalier chrétien, tel que l’Église le proposait au pouvoir politique. À Chartres, il est représenté dans une fenêtre [précédent bonus] mais également dans la petite rose qui le surmonte :
- Georges monte à cheval. Son bras rejeté en arrière, il tient fermement  son épée. On le représente bien au combat<br />
- détail de la tête. Saint Georges porte un armement défensif typique du début du XII° siècle : un casque légèrement conique, sur lequel est fixée une pièce verticale, destinée à protéger le nez. On retrouve ce même casque sur la tapisserie de Bayeux. On ne connait pas trop les raisons d’un tel archaïsme. Dans les nombreux vitraux légendaires du XIII° siècle où sont représentés des guerriers, ils portent un heaume fermé, qui est devenu l’usage sur les champs de bataille. Peut-être le verrier suit-il un modèle plus ancien ? Ou veut-il laisser voir le visage du guerrier ?<br />
- détail de la cotte de maille. Le verrier l’évoque avec une série de petits arcs dessinés en grisaille sur fonds blanc - couleur du fer. On voit aussi l’attache du bouclier - lanière bleue en bandoulière, ainsi que la suspente du fourreau - ceinture rouge<br />
- le cheval sort à gauche d’une nuée. Nous ne savons pas comment  interpréter ce curieux choix. Suggérerait-on que saint Georges vient, depuis le ciel, aider les combattants sur terre ?<br />
- le cheval est une magnifique réalisation. Tous les détails du harnachement sont figurés : rênes, bride, selle…<br />
- la tête est d’une qualité supérieure, qui tranche avec une représentation du guerrier, un peu naïve. On sent une monture farouchement décidée à monter à l’assaut.<br />
- un des lobes qui entourent la rose. Ce motif végétal est très couramment utilisé dans les vitraux de la cathédrale<br />
- le Décor d’un petit quadrilobe - ils sont au nombre de huit.
 
Bonus 504 en ligne
vitraux
sujet : "Redécouvrir les vitraux de la nef - Les habitants de Tours (Rose de la baie 129)"
Peu de temps après leur restauration, voici des clichés de détail des vitraux supérieurs de la nef - côté nord. Les habitants de la ville de Tours, qui occupent la rose, sont évidemment les donateurs des deux grandes fenêtres situées juste en dessous, consacrées à saint Martin. On sait que saint Martin était évêque de Tours. Ses reliques y étaient conservées dans un sanctuaire qui était un des pèlerinages les plus courus des années 1200. Ce vitrail montre la participation de communautés extérieures au diocèse de Chartres. Autant le cas est avéré pour de nombreux seigneurs (sur l’ensemble du royaume et même en Espagne…), autant il est une exception pour le troisième ordre de la société : ceux qui travaillent. Le diocèse de Tours était limitrophe, au sud-ouest, de celui de Chartres :
- l’ensemble de la rose, compris les huit ‘pétales’ et autant de petits quadrilobes. La fleur qu’est la rose - on dit rose pour un vitrail, et non rosace - est un emblème marial. C’est l’aboutissement de siècles de tradition théologique et poétique
- Marie siège de façon frontale, comme de nombreuses représentations de la cathédrale. Elle est ‘Trône de la Sagesse’, donnant toute sa place au Christ. L’inscription - lettres blanches et lettres dorées sur fonds de grisaille, mentionne : ‘VIRI TURONU(M) DED ERUN(T) HAS III’ , Les hommes de Tours ont donné ces trois
- un homme agenouillé. Son visage, coiffé d’un bonnet de laine, d’où s’échappent quelques mèches, appelle immédiatement la sympathie. Tous les détails sont étudiés. Le Christ, aux traits adultes (Il est depuis toute éternité dit la Bible) porte un globe, symbolisant l’univers. Quant à Marie, elle porte une sorte de sceptre, tige surmontée d’une fleur. C’est une évocation de la tige de Jessé, dont Jésus est le bourgeon admirable
- de l’autre côté, une femme agenouillée
- celle-ci, les mains jointes pour prier, est coiffée du touret : un vêtement caractéristique des femmes de l’aristocratie et de la bourgeoisie dans les années 1200
- les pétales, à motif de lianes feuillagées, sont un coup de cœur du maître verrier restaurateur. Quant aux quadrilobes, le motif ‘annelets or sur fonds rouge’ se retrouve aussi dans les armoiries de l’évêque Renaud de Mousson, initiateur du chantier de la cathédrale - voir première travée du chœur baie 113.
 
Bonus 505 en ligne
vitraux
sujet : "Redécouvrir les vitraux de la nef - Les laboureurs de Nogent (Rose de la baie 131)"
Peu de temps après leur restauration, voici des clichés de détail des vitraux supérieurs de la nef - côté nord. Les laboureurs de Nogent sont une représentation passionnante. On y voit des cultivateurs au travail, utilisant un matériel très évolué, comme s’il s’agissait d’une agriculture ‘modèle’. Rappelons que ce vitrail date bien du début du XIII° siècle, comme les restaurateurs l’ont confirmé : c’est dire qu’il s’agit peut-être de la première apparition en image de certaines technologies.
Par ailleurs, ce vitrail montre la participation de communautés professionnelles extérieures à Chartres. Pour plusieurs raisons, une majorité de ceux qui se sont penchés sur la question penche pour Nogent-le-Roi, plutôt que Nogent-le-Rotrou ou Nogent-sur-Eure.
Des figurations de donateurs occupent entièrement plusieurs petites roses situées sous les voûtes. Encore ne faut-il pas résumer cette iconographie au seul message de ‘celui qui offre’. Il s’agit aussi d’une façon de certifier la dignité du travail humain. Un lien symbolique existe souvent avec la thématique du vitrail principal : les donateurs s’essaient à prolonger dans la vie ordinaire le plan divin qui s’exprimait dans les récits bibliques :
- vue générale. En arrière de la scène de labour elle-même, un homme est debout. Coiffé d’une calotte ronde, il dispose sans doute d’une certaine honorabilité : propriétaire de terres ? chef du groupe (on ne peut évidemment pas parler de corporation) des laboureurs ? L’inscription - lettres blanches sur fonds de grisaille, liseré rouge, mentionne : ‘NOVIGE-MEI DA(N)T HA(NC) VITREA (M), Les ? nogentais donnent ce vitrail
- le valet de labour avec le cheval. Un homme, habillé en rouge, presse le cheval avec un bâton
- le valet de labour à la charrue. Un autre homme, au front dégarni, guide la charrue, légèrement penché. Le ‘chef’ le regarde
- le cheval possède un collier d’épaule : cette innovation, qui parait assez simple, est une véritable révolution dans les techniques agricoles. Il permet de conserver presque toute la force de traction de l’animal, en évitant de l’étrangler. C’est dire que ce seul changement a probablement réduit d’un tiers le temps passé à labourer, en augmentant les rendements grâce à un labour plus profond
- la charrue se rapproche aussi de la charrue moderne, ce qui représente un important saut qualitatif par rapport aux systèmes employés quelques décennies plus tôt. On voit le coutre (barre marron verticale, liée par une attache blanche) : il tranche en deux le sol. Il prépare le passage du soc (masse marron), qui verse la terre d’un côté. La division du manche en fourche est un dispositif beaucoup plus ancien
- très beau décor végétal, dans les lobes qui entourent le rond central
- plus à l’extérieur, les petits quadrilobes sont décorés d’un motif simple et assez élégant : liseré blanc, quadrilobe de couleur rouge, quadrilobe inscrit de couleur bleu, carré inscrit de couleur or.
 
Bonus 506 en ligne
vitraux
sujet : "Redécouvrir les vitraux de la nef - Abraham et le sacrifice d’Isaac - Le Christ (131)"
Peu de temps après leur restauration, voici des clichés de détail des vitraux supérieurs de la nef - côté nord. Abraham sacrifiant son fils Isaac (avant d’y renoncer à l’invitation d’un ange et de choisir un bélier en remplacement) est une scène fondatrice d’une culture commune aux juifs, à l’Islam et au Christianisme. Historiquement, on peut l’entendre comme un témoignage de l’abolition des sacrifices humains, qu’il ne faut pas considérer sous le seul angle du mythe : d’anciennes religions sacrifiaient des humains pour se concilier les forces cosmiques. Spirituellement, elle questionne la soumission à la volonté divine et la valeur donnée à la descendance. Le christianisme voit aussi dans Isaac une préfigure du Christ, qui accepte d’aller jusqu’au don ultime de la vie. Les représentations célèbres sont trop nombreuses pour toutes les citer. Rappelons que cette scène fut proposée pour le plus célèbre ‘concours d’artiste’ de l’histoire : celui des portes du baptistère de Florence.
À Chartres, on compte au moins quatre représentations : l’une en sculpture : une grande statue du porche nord ; trois autres en vitrail, une petite scène du vitrail de la rédemption et deux scènes de la baie 131. L’une (très imposante, environ 6 mètres de haut) est surmontée d’un buste de Christ émergeant d’un cordon de nuages. L’autre (environ 1,50 mètre de haut) occupe le bas d’une fenêtre présentant un immense Christ debout. Le texte biblique : “Après ces choses, Dieu mit Abraham à l'épreuve, et lui dit : Abraham ! Et il répondit: Me voici! Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t'en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai. Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l'holocauste, et partit pour aller au lieu que Dieu lui avait dit. Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit le lieu de loin. Et Abraham dit à ses serviteurs : Restez ici avec l'âne; moi et le jeune homme, nous irons jusque-là pour adorer, et nous reviendrons auprès de vous. Abraham prit le bois pour l'holocauste, le chargea sur son fils Isaac, et porta dans sa main le feu et le couteau. Et il marchèrent tous deux ensemble. Alors Isaac, parlant à Abraham, son père, dit : Mon père ! Et il répondit : Me voici, mon fils ! Isaac reprit : Voici le feu et le bois; mais où est l'agneau pour l'holocauste ? Abraham répondit : Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l'agneau pour l'holocauste. Et ils marchèrent tous deux ensemble. Lorsqu'ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait dit, Abraham y éleva un autel, et rangea le bois. Il lia son fils Isaac, et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. Puis Abraham étendit la main, et prit le couteau, pour égorger son fils. Alors l'ange de l'Éternel l'appela des cieux, et dit : Abraham ! Abraham ! Et il répondit : Me voici ! L'ange dit : N'avance pas ta main sur l'enfant, et ne lui fais rien ; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique. Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson par les cornes ; et Abraham alla prendre le bélier, et l'offrit en holocauste à la place de son fils. Abraham donna à ce lieu le nom de Jehova Jiré. C'est pourquoi l'on dit aujourd'hui : À la montagne de l'Éternel il sera pourvu. L'ange de l'Éternel appela une seconde fois Abraham des cieux, et dit : Je le jure par moi-même, parole de l'Éternel ! Parce que tu as fais cela, et que tu n'as pas refusé ton fils, ton unique, je te bénirai et je multiplierai ta postérité, comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le bord de la mer ; et ta postérité possédera la porte de ses ennemis. Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix” :
- le bélier qui fut sacrifié. Outre la naturel de cette figuration - l’animal levant la tête, on est admiratif devant l’effet graphique de la toison
- le pied d’Abraham. Les couleurs sont, après restauration, d’une belle vivacité. Le fonds, pour lui donner un aspect plus précieux présente des ronds rouges sur un fonds de carroyé bleu. Une partie de la scène - plus haut - est un pastiche du XIX° siècle
- le beau regard de l’ange qui vient arrêter le geste du patriarche en retenant la lame d’une épée. Les boucles blondes encadrent son visage
- tous les détails méritent d’être observés. En bas, les pieds de l’ange ; puis un pan de son vêtement qui flotte dans les airs d’une façon fort élégante - on appréciera le dessin du drapé ; les ailes jaunes et vertes - ce sont les traits des plumes qui méritent à présent l’attention ; enfin la nuée qui sépare le ciel ‘humain’, dans lequel évolue l’ange et le ‘ciel’ divin
- Dieu sous l’aspect du Christ. Le visage semble dater du XIX° siècle. De chaque côté sont suspendus l’Alpha et l’Omega : “le premier et le dernier, le début et la fin, le commencement et l’aboutissement de toute chose
- nous passons maintenant à la fenêtre de gauche. La deuxième scène, beaucoup moins importante, a aussi un aspect plus réaliste. On voit ici Abraham se retourner stupéfait vers l’ange
- d’une façon très pittoresque, Isaac a ici les mains et les pieds attachés ensemble - comme un bélier dont on entraverait les mouvements. La tête est probablement une réparation datant du Moyen-Âge
- le bélier
- une magnifique représentation du Christ occupe l’essentiel de cette fenêtre. Certaines parties datent du XIX° siècle, mais toute la partie haute est authentique. De ce Christ faisant un geste de bénédiction, se dégage une impression de grande solennité
- le visage est une œuvre de qualité exceptionnelle : le graphisme des yeux ainsi que le tracé de la barbe signale la présence d’un artiste de talent. Il se détache sur fonds de nimbe crucifère : trois bandes (ici vertes) qui évoquent les trois personnes divines : Père, Fils et Saint Esprit
- la croix portée par le Christ - symbole de sa victoire sur la mort
- le dais qui surmonte le Christ : une coupole qui suggère l’influence du monde byzantin.
 
Bonus 507 en ligne
vitraux
sujet : "Redécouvrir les vitraux de la nef - Saint Martin (129)"
Peu de temps après leur restauration, voici des clichés de détail des vitraux supérieurs de la nef - côté nord. Saint Martin est un des saints les plus populaires de France. Rappelons qu’il s’agit du saint qui compte le plus grand nombre de patronages d’églises. Il a donné son nom à de très nombreux villages - pas moins de 222 communes si l’on se fit à liste officielle fournie par le ministère de l’intérieur. Martin reste d’ailleurs le patronyme le plus courant de France. La scène la plus connue est celle du partage du manteau, qui est bien sûr devenue l’image du comportement charitable : partager avec le pauvre. Texte de Sulpice Sévère : “Un jour, au milieu d’un hiver dont les rigueurs extraordinaires avaient fait périr beaucoup de personnes, Martin, n’ayant que ses armes et son manteau de soldat, rencontra à la porte d’Amiens un pauvre presque nu. L’homme de Dieu, voyant ce malheureux implorer vainement la charité des passants qui s’éloignaient sans pitié, comprit que c’était à lui que Dieu l’avait réservé. Mais que faire ? Il ne possédait que le manteau dont il était revêtu, car il avait donné tout le reste ; il tire son épée, le coupe en deux, en donne la moitié au pauvre et se revêt du reste. Quelques spectateurs se mirent à rire en voyant ce vêtement informe et mutilé ; d’autres, plus sensés, gémirent profondément de n’avoir rien fait de semblable, lorsqu’ils auraient pu faire davantage, et revêtir ce pauvre sans se dépouiller eux-mêmes. La nuit suivante, Martin s’étant endormi vit Jésus-Christ revêtu de la moitié du manteau dont il avait couvert la nudité du pauvre ; et il entendit une voix qui lui ordonnait de considérer attentivement le Seigneur et de reconnaître le vêtement qu’il lui avait donné. Puis Jésus se tournant vers les anges qui l’entouraient leur dit d’une voix haute : ‘Martin n’étant encore que catéchumène m’a revêtu de ce manteau’” :
- la belle démarche du cheval sur lequel est monté Martin. On sait que les verriers du Moyen-Âge - peut-être parce qu’ils étaient eux-mêmes itinérants, sont très attentifs à figurer les chevaux avec un certain réalisme
- le même panneau avant restauration. On ne dira jamais assez à quel point une restauration, pour un vitrail, est un véritable retour à la vie : cette fenêtre était en grande partie illisible
- le visage du pauvre. Ces deux grands yeux ouverts sont émouvants : ils fixent le bienfaiteur, un peu plus haut. Ici, le verrier a su éviter l’aspect misérabiliste (traits difformes, cheveux hirsutes) qu’on lui donne fréquemment. Une partie de la scène - plus haut - est un pastiche du XIX° siècle
- scène supérieure : le Christ apparait à Martin pendant son sommeil. Cette figuration du Christ, bénissant le jeune homme, est d’une grande qualité artistique et spirituelle. On lui a donné un aspect glorieux : il se présente de face et porte la croix hastée. Le bas de la scène - Martin allongé - est un pastiche du XIX° siècle
- l’habit du Christ, vert aux bandes rouges. Il porte l’évangéliaire : le livre de Vie
- passons à la fenêtre de gauche. La partie supérieure est occupée par une belle représentation du saint, habillé en prélat. On voit ici la mitre et la crosse. En arrière, son nom en lettres d’or. Ainsi que le pallium : signe distinctif de certains archevêques, qui se présente sous l’aspect de bandes blanches marquées de croix. Beau regard de l’ange qui vient arrêter le geste du patriarche en retenant la lame d’une épée. Les boucles blondes encadrent son visage
- les vêtements liturgiques. Le pallium est un signe distinctif de certains archevêques (comme celui de Tours). Il se porte sur le torse, au-dessus de la chasuble et se présente sous l’aspect de bandes blanches marquées de croix.
 
Bonus 508 en ligne
vitraux
sujet : "Fresques de Lavardin / Vitraux de la cathédrale de Chartres"
À l’église de Lavardin (Loir et Cher), qui faisait partie autrefois du diocèse de Chartres, on peut voir des peintures (milieu XII° siècle) d’une qualité exceptionnelle. Les guides et l’Accueil avaient fait une sortie (temps amical, découverte et formation continue) dans le Vendômois, où certains avaient proposé de mettre en rapport ces peintures et les vitraux correspondant de la cathédrale. Vous trouverez, pour chacune des scènes, des ‘cadrages’ identiques, qui permettent de comparer ces deux arts majeurs du Moyen-Âge :
- arbre de Jessé - Chartres, XII° siècle, Jessé. Fondateur de la lignée des rois ancêtres du Christ Jessé est richement habillé. On voit ici les détails de l’oreiller sur lequel il repose la tête
- arbre de Jessé, Lavardin. Jessé. Les traits du visage sont très émouvants. On notera que Jessé est coiffé du même bonnet que dans la figuration de la cathédrale
- arbre de Jessé - Chartres, XII° siècle. Un roi et Marie. Évidemment, toute la magie de Chartres est dans ce fonds bleu qui met en relief aussi bien les personnages que l’arbre lui-même (troncs et motifs floraux)
- arbre de Jessé - Lavardin. Un roi et Marie. On retrouve la même disposition : les rois tiennent les branches de leurs deux mains, au niveau des épaules. Le jeu de contre-courbes est ici d’une grande qualité
- le baptême du Christ - Chartres. Cette scène est située dans l’axe du vitrail de la vie du Christ - qui est lui-même le vitrail axial de la façade
- le baptême du Christ - Lavardin. De vraies différences existent : les proportions du Christ sont plus massives et il adopte une position moins hiératique
- le Baptême du Christ - Chartres. Détail de l’habit de Jean le Baptiste. Au plus près du vitrail, on découvre que le peintre du XVII° siècle variait les nuances de grisailles - plus ou moins foncées. Ce procédé encore utilisé (le lavis de grisaille) lui permet de rendre les drapés avec un talent remarquable - encore schématique
- le Baptême du Christ - Lavardin. Détail de l’habit de Jean le Baptiste. On retrouve plusieurs nuances de couleurs, à la fois dans les tons vert/bleu (rarement conservés - cette couleur est plus fragile) et orangés
- le Baptême du Christ - Chartres. Détail de l’habit du Christ. Ce dessin ‘en V’ est typique de l’art roman
- le Baptême du Christ - Lavardin. Détail de l’habit du Christ. Cette image est un hommage aux génie des peintres du XII° siècle : la combinaison des courbes laisse entrevoir un trait sûr, rapide qui n’est pas sans forcer l’admiration de certains graphistes contemporains
- vue extérieure de l’église de Lavardin. Le site est pittoresque : en contrebas, le loir traversé par un point médiéval ; sur le promontoire dominant l’église, les ruines d’un château fortifié.
 
Bonus 509 en ligne
vitraux
sujet : "Fresques de Saint Jacques des Guerets / Vitraux de la cathédrale de Chartres"
À l’église de Lavardin (Loir et Cher), qui faisait partie autrefois du diocèse de Chartres, on peut voir des peintures (milieu XII° siècle) d’une qualité exceptionnelle. Non loin de là, l’église de saint Jacques des Guérets présente des peintures d’un style légèrement différent, qui frappent également par l’élégance du graphisme et le jeu des couleurs.
Les guides et l’Accueil avaient fait une sortie (temps amical, découverte et formation continue) dans le Vendômois, où certains avaient proposé de mettre en rapport ces peintures et les vitraux correspondant de la cathédrale. Vous trouverez, pour chacune des scènes, des ‘cadrages’ identiques, qui permettent de comparer ces deux arts majeurs du Moyen-Âge :
- crucifixion - Chartres. Cette crucifixion est une œuvre d’une grande portée spirituelle. Le visage du Christ, yeux clos, aux traits apaisés, est penché. Un léger déhanchement traduit la souffrance du supplicié. Le vert de la croix (couleur de l’espérance - de la nature qui repart chaque printemps) évoque la résurrection. Le liseré rouge (couleur de la souffrance - du sang) rappelle la mort du sauveur
- crucifixion - Saint Jacques des Guérets. Les mêmes couleurs ont été utilisées pour la croix (selon un parti droite/gauche). Marie et Jean sont aux pieds de la croix. En plus, deux figurations du soleil et de la lune, sortant des nuées, figurent les astres du ciel qui assistent à l’agonie
- dernier repas du Christ - Chartres. Seuls sept apôtres sont représentés. La table est celle que l’on connait au Moyen-Âge : une longue planche sur tréteaux. Le plat de la nappe est bleu - carroyé, les parties tombantes sont bleues - avec un admirable plissé
- dernier repas du Christ - Saint Jacques des Guérets. Comme dans le vitrail de Chartres, on voit saint Jean, qui se presse contre la poitrine du Christ. De l’autre côté de la table (symboliquement mis à l’écart puisqu’il a déjà fait le choix de la trahison), Judas se sert dans le plat
- massacre des innocents - Chartres. C’est une scène déchirante que cette femme agenouillée, pleurant sur le corps de son enfant mort
- massacre des innocents - Saint Jacques des Guérets. À saint Jacques des Guérets, la femme est prostrée, assise par terre. Elle tient contre sa joue le visage de son enfant qui vient d’être tué
- détail des drapés dans le massacre des innocent - Chartres. Sur le bleu de Chartres, nous pouvons observer un dessin typique du XII° siècle - avec des plis triangulaires épais, ainsi que des traits fins ‘en éventail’
- détail des drapés dans le massacre des innocents - Saint Jacques des Guérets. Le dessin - rouge sur fonds ocré est d’une rare fluidité et témoigne d’un artiste à la fois expérimenté et talentueux
- décapitation de saint Jacques - Chartres vitrail du XIII° siècle. Un roi condamne saint Jacques, qui a ici les yeux bandés, à être décapité. Le bourreau exécute sur le champ la sentence. Une main divine apporte la couronne du martyr
- décapitation de Saint Jacques - Saint Jacques des Guérets. Saint Jacques est debout. La main qui le surplombe fait un geste de bénédiction
- Saint Nicolas offre sa bourse à un père de famille tombé dans la pauvreté - Chartres vitrail du XIII° siècle. Saint Nicolas tient dans sa main une pièce d’or. Les visages sont tous expressifs
- Saint Nicolas offre sa bourse à un père de famille tombé dans la pauvreté - Saint Jacques des Guérets. On est étonné par la proximité entre la fresque et le vitrail de Chartres : le mur de la maison est aussi représenté ‘en coupe’ et les trois filles, que leur père envisageait de prostituer sont allongées côte à côte. C’est un décor architecturé qui surplombe la maison. On notera l’amusant détail des trois pièces d’or jetées en direction du père, assis à côté des filles
- vue extérieure de l’église de Saint Jacques des Guérets. Cette église est située dans la vallée du Loir, sous le remarquable village de Troo.
 
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vitraux
sujet : "Saint Étienne dans tous ses états"
Le vitrail qui raconte l’histoire de saint Étienne se situe dans la chapelle des martyrs (aujourd’hui chapelle du Voile de la Vierge). C’est une très belle composition, à la forte dominante rouge, dont la majorité des panneaux prennent la forme de quarts de cercle.
Ce vitrail date, comme la totalité des vitraux légendaires des années 1200/1220. Le dessinateur réalise ici de beaux visages ronds, que nous souhaitons vous faire découvrir. Regardons en particulier le principal acteur, saint Étienne, dont l’expression change en fonction des épreuves de la vie. On trouve aussi les… reliques d’Étienne - dont le transport occupe aussi une partie importante du vitrail :
- Étienne répond à ses opposants avec l’aide à la fois d’un ange (derrière lui) et du Saint Esprit (qui descend sur lui sous la forme une colombe). On lui voit une expression décidée
- Étienne est conduit devant le grand prêtre, que l’on a représenté comme un roi. Il plonge ses yeux dans les yeux, avec l’assurance que lui donne la Foi
- Étienne a une vision - ce que le verrier a ici figuré sous la forme d’un rai de lumière descendu du ciel. Son visage épanoui exprime une profonde béatitude : c’est une véritable extase qu’il expérimente - une union au Christ
- Saint Étienne est conduit en dehors de la ville (on voit la porte des remparts) pour être tué. On ressent les moyens du verrier pour exprimer l’extrême brutalité des bourreaux. L’un saisit le bras. L’autre tire les cheveux et serre le poing pour frapper
- Saint Étienne est lapidé. Ce moyen d’exécution d’une cruauté insoutenable a retrouvé une terrible actualité avec les pratiques de l’État Islamique au Moyen Orient. Le trésor de la cathédrale possédait dans ses reliques plusieurs pierres du martyr. On voit que le maître verrier a représenté un visage suppliant et marqué par la souffrance. La pièce formant la tête est un verre rouge ‘flammé’ qui transcrit les blessures et le sang qui coule
- Saint Étienne lors de la mise au tombeau. Les yeux sont clos
- à partir de maintenant, c’est la chasse contenant le corps de saint Étienne que nous allons suivre - au cours d’épisodes rocambolesques qui ont lieu dans la partie orientale de méditerranée et qui sont rapportés par plusieurs textes. La veuve Julienne, voulant transporter le corps de son défunt mari, se trompe de cercueil et emmène celui d’Étienne. Ici la chasse est décorée d’arcatures et son toit présente des écailles triangulaires. L’ensemble est de couleur or
- la chasse est transportée sur une charrette. Différents signes inquiétants, dont des phénomènes célestes, sont aperçus sur le parcours. On notera ce détail amusant : le cocher se retourne vers la chasse, pressentant que la cause est à chercher dans le corps qu’il transporte. La chasse a changé d’apparence ! Le maître verrier utilise quatre couleurs différentes. Les écailles du toit sont rondes. Sur les côtés, ont été dessinés de gros cabochons de pierres précieuses
- la chasse est montée à bord d’un navire. On voit qu’un diable continue à s’acharner sur les restes d’Étienne : dans l’esprit d’un homme médiéval, les reliques d’un grand saint (ainsi Étienne - premier diacre et premier martyr, dont parlent les actes des apôtres) sont un enjeu entre Dieu et l’Adversaire. La chasse, verte et dorée présente de nouveau des arcatures…
- c’est peu de dire que la traversée est mouvementée. Mer déchaînée, mât brisé. Un matelot se cramponne à la chasse. La chasse a encore changé de couleur : bleue et rouge. Notre maître verrier est décidément très créatif et n’arrive pas à arrêter son choix…
- l’équipage, qui semble atteint d’un sérieux mal de mer, a enfin touché au but. Ici, la chasse occupe tout le bateau. La chasse a changé d’apparence ! Le maître verrier utilise quatre couleurs différentes. Les écailles du toit sont rondes. Sur les côtés, ont été dessinés de gros cabochons de pierres précieuses
- la chasse est transportée sur un brancard, pour parvenir à l’intérieur des remparts de Constantinople. Là, pendant des siècles, les reliques de saint Étienne seront vénérées. La chasse prend ici un aspect plus réaliste - d’ailleurs plus réduite pour être transportée commodément sur les épaules des fidèles. Sans doute s’est-on inspiré d’un reliquaire de la cathédrale.
 
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vitraux
sujet : "Original et Pastiche - Vitrail de Saint Paul"
En 1872, le vitrail de Saint Paul, situé dans la chapelle axiale de la cathédrale et qui avait été fortement endommagé durant les épisodes révolutionnaires, a reçu 15 panneaux de ‘complément’. Il s’agit de pastiches, c'est-à-dire de scènes qui auraient pu vraisemblablement appartenir à l’ancien vitrail - le début de la vie de saint Paul, et qui sont traitées à la façon du reste du vitrail, comme l’aurait fait un maître verrier du XIII° siècle.
Comme l’aurait fait l’ancien maître verrier ? Toute la question est là. Outre le fait que les verres n’ont pas la même composition et ne présentent évidemment pas la même patine, on sent bien la différence subtile qui peut exister entre l’authentique et les panneaux ‘dans l’esprit’.
Si les maîtres verriers du XIX° siècle maîtrisent leur ‘Moyen-Âge’ sur le bout des doigts, en ayant assimilé à force de copier de nombreux procédés graphiques typiquement gothiques, ils n’en retrouvent jamais totalement la spontanéité. Les dessins, notamment ceux des visages et des drapés, sont (légèrement) trop travaillés, les tracés de la grisaille sont (un rien) trop systématiques, les mises en scène sont (à peine) trop figées… :
- voici une scène de Baptême. Le baptistère, de forme octogonale, est assez typique de ce que l’on pouvait rencontrer dans les églises du Moyen-Âge. On appréciera le très beau visage du baptisé. On interprète habituellement ce panneau comme un baptême effectué par saint Paul. Malgré l’absence d’auréole, le haut front dégarni nous ferait davantage penser au baptême de Saint Paul
- en voici un pastiche du XIX° siècle. On pourrait lui reprocher quelques parti-pris : le dessin des pierres, sur la margelle, n’est pas dans la version d’origine. Surtout, il y a des lourdeurs dans plusieurs détails des peintures : par exemple les doigts
- autre scène de baptême (collectif) datant du XII° siècle. Saint Paul est représenté en mouvement, dans une très belle gestuelle
- dans ce pastiche, on sentira que saint Paul a perdu une grande partie de sa vigueur corporelle. À nouveau, on relève un choix contestable dans la copie du baptistère : quatre couleurs (dont un assez méchant violet) à la place d’une alternance à deux couleurs
- ce pastiche (création à partir d’une scène mentionné dans les lettres de saint Paul) est un parfait exemple du sens de l’observation des verriers du XIX° siècle - et des ses limites. L’arc de cercle que l’on retrouve sur les baptistères précédents correspond à l’évacuation des eaux. Réutiliser cet élément pour une scène qui se passe à l’intérieur d’une chambre a du paraître au dessinateur comme une excellente idée - mais elle est fautive. Comme le sont à notre avis les petits ‘plots’ en pierre sur lesquelles reposent les pieds du lit (le XIII° siècle aurait trouvé une solution plus simple) ou encore la régularité des barreaux du lit. Ne soyons pas trop sévères. Que ferions-nous aujourd’hui dans cet exercice ?
 
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vitraux
sujet : "Les différentes représentations de saint Paul"
Saint Paul, souvent associé aux ‘douze apôtres’ par la tradition de l’église, même s’il n’en fait pas partie, est sans doute la personne qui a le plus contribué à la diffusion de la Foi chrétienne durant les premières décennies.
De nombreux voyages l’amènent dans diverses régions : Asie mineure, Syrie, Palestine, Grèce, où ils visitent les communautés chrétiennes. Plusieurs lettres, incorporées au Nouveau Testament, définissent des principes théologiques forts et les principes essentiels issus de l’enseignement du Christ.
On a ici sélectionné les différentes représentations de saint Paul :
- il donne l’extrême onction à un malade. Nous ne sommes pas certains de l’authenticité de certaines parties : le haut de l’habit et le visage
- il a été prévenu par un ange et s’est précipité en portant une fiole d’huile sainte. Le visage diffère profondément de celui qu’on connait d’habitude à saint Paul et qu’on va rencontrer dans toutes les figurations qui suivent. Nous pensons - contre ce qui est généralement indiqué - qu’il s’agit de saint Pierre, notamment grâce à des comparaisons avec des panneaux où les deux saints figurent ensemble
- Saint Paul sort d’une ville pour prêcher. Son geste est celui de l’enseignant et il porte un livre
- Saint Paul relève (ressuscite ?) un homme prénommé Patrocle qui était tombé d’une haute tour. Ce visage, ainsi que le précédent, sont d’une grande finesse et montrent assez bien l’aspect ‘préoccupé’ de cet homme plein d’énergie
- Saint Paul baptise plusieurs personnes. Le geste est appuyé
- Saint Paul argumente avec conviction face à Néron - épisode évidemment légendaire et qui ne figure dans aucune page de la Bible. Il lève légèrement les yeux. On observera que son auréole a été décorée - ce qui est une exception
- suite de l’épisode légendaire de ‘Simon le magicien’ : saint Paul, mis en demeure par l’empereur de prouver la force du Christ, arrive à calmer des bêtes féroces en leur présentant… une hostie. Le geste du peintre verrier est vigoureux - avec des drapés à la fois souples et raides
- fin de l’épisode légendaire de ‘Simon le magicien’ : Saint Paul, dans une posture très dynamique prie pour que les pouvoirs de Simon, qui s’est jeté du haut d’une tour, s’évanouissent. Celui-ci s’écrase au sol. On notera que le visage est extrêmement détaillé - avec notamment une densité des traits (barbe, cheveux) que l’on ne trouve ordinairement pas dans le vitrail du XIII° siècle
- Saint Paul est arrêté et emmené par un bourreau. Il prend d’une main une pièce de tissu pour se bander les yeux. Remarquez l’élégance des drapés qui, dans la variété des épaisseurs de traits, font preuve d’un grand réalisme
- Saint Paul est décapité. Il joint les mains pour remettre sa vie à Dieu.
 
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vitraux
sujet : "Lancettes : couples évangélistes/prophètes"
On a largement parlé du symbolisme des lancettes du transept sud, représentant les évangélistes sur les épaules des prophètes : ‘Dicebat Bernardus Carnotensis nos esse quasi nanos, gigantium humeris insidentes, ut possimus plura eis et remotiora videre, non utique proprii visus acumine, aut eminentia corporis, sed quia in altum subvenimur et extollimur magnitudine gigantea. Bernard de Chartres disait “Nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux”. Ces personnages signifient :
- la confiance due à l’enseignement des anciens comme autant de colonnes fondatrices,
- la transmission entre professeurs et élèves (ainsi ce professeur de Mathématiques qui dans une visite nous a parlé de l’un de ses anciens élèves devenu prix nobel)
- la nouvelle alliance conclue dans le Christ, inconcevable sans ses fondations juives,
- l’imbrication des textes liturgiques - chaque texte d’un évangéliste lu à l’office lors des grandes fêtes étant précédé d’un passage correspondant, chez un prophète.
Ce qu’on découvre depuis la restauration c’est l’extrême beauté de ces personnages monumentaux. Voici en avant première ces couples évangélistes/prophètes avant la restauration (été 2005) puis après cette dernière (in situ - 17 juillet 2009) :
- le prophète Jérémie et l’évangéliste Luc avant
- le prophète Jérémie et l’évangéliste Luc après
- le prophète Isaïe et l’évangéliste Matthieu avant
- le prophète Isaïe et l’évangéliste Matthieu après
- le prophète Ezechiel et l’évangéliste Jean avant
- le prophète Ezechiel et l’évangéliste Jean après
- le prophète Daniel et l’évangéliste Marc avant
- le prophète Daniel et l’évangéliste Marc après
- le coup de cœur des verriers : les mains. D’abord dans la lancette d’Isaïe…
- puis dans celle d’Ezechiel - exactitude, schématisation et nervosité du dessin
- les regards - d’abord celui d’Isaïe
- puis celui d’Ezechiel - évidente ‘présence’ qui traverse près de 800 ans…
 
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sculptures
sujet : "Les chapiteaux du portail royal"
Les chapiteaux du portail royal datent, comme l’ensemble du portail, des années 1145/1155. Ils racontent l’ensemble de la vie de Marie et de Jésus. Ce sont près de quarante scènes qui décrivent les principaux épisodes, au moyen de statuettes délicieuses - haute d’à peine 20 centimètres. Aux séquences que l’on trouve chez les évangélistes (Matthieu, Marc, Luc, Jean) et qui étaient lues aux célébrations, sont venus s’ajouter d’autres passages tirés des textes apocryphes - qui n’ont pas été retenus dans la Bible. C’est particulièrement vrai pour le début de la vie de Marie, jusqu’au moment de ses fiançailles avec Joseph - années sur lesquelles les textes du Nouveau Testament sont assez avares d’information. Le légendaire a donc ‘brodé’ quelques épisodes supplémentaires. Vous trouverez ici les scènes 1 à 8. Ces chapiteaux sont rarement décrits dans leur totalité - et les rares ouvrages de référence (ainsi Étienne Houvet) qui s’essaient à l’exercice conservent quelques imprécisions. Nous nous inspirons principalement de Jean Villette - Les portails de la cathédrale de Chartres
- Anne et Joachim viennent présenter leurs offrandes, des colombes au grand prêtre du temple de Jérusalem. Ceux-ci n’ayant pas d’enfant (circonstance considérée comme une punition divine), celui-ci refuse leur présent
- Anne et Joachim sans tête repartent chez eux, extrêmement peinés
- un ange sans tête annonce à Joachim que sa femme, pourtant âgée, va donner vie à un enfant. Cette scène est très délicate, aussi bien le geste de l’ange que la surprise de Joachim, qui semble s’éveiller d’un rêve. On notera la présence d’un mouton
- cette scène est assez mystérieuse même si on croit y reconnaître à nouveau Anne et Joachim sans têtes, assis sur un banc. Jean Villette suggère que les deux époux “parlent de l’enfant à naître”. On observe qu’ils ont des gestes très affectueux - avec les mains qui se touchent. Des parallèles avec des manuscrits nous permettent de proposer l’hypothèse suivante : Joachim qui annonce la nouvelle de cette prochaine naissance à sa femme
- le premier bain de Marie, juste après sa naissance. Le baquet prend la forme d’un tonneau, ce qui devait correspondre à l’usage au XII° siècle. Notez que Marie est beaucoup plus grande que ne le commanderait l’échelle. Elle pose les mains sur le bord
- sans doute Anne et Joachim, projetant le voyage à Jérusalem avec leur fille. Le beau visage de Joachim nous fait regretter les nombreuses têtes fracturées de ces chapiteaux
- Anne et Joachim emmènent la petite Marie à Jérusalem. On les voit en train de marcher. Même dans ces petites sculptures, le dessin des drapés est d’une grande qualité. Notez en arrière fond l’âne qui a servi à transporter la famille
- Marie monte les marches du temple - figurées par un amusant marchepied. Les quatre personnages sont probablement des prêtres et docteurs de la loi.
 
Bonus 515 en ligne
sculptures
sujet : "Les arc-boutants de la cathédrale"
Les arcs-boutants de la cathédrale présentent des caractéristiques passionnantes, montrant l’évolution de cette technique sur une période qui va des années 1200/1205 aux années 1220/25. Même si on est plus nuancés aujourd’hui sur le caractère ‘archaïque’ des arcs boutants de la nef, et sur le caractère ‘moderne’ de ceux du chœur, il reste que le changement est impressionnant - plus léger, plus profilés… Les études les plus novatrices sur les arcs-boutants de Chartres sont dues au français Arnaud Ybert et à l’américain Andrew Tallon :
- arc-boutant de la nef. Les deux arcs inférieurs n’en forment qu’un seul au point de vue technique et permettent de renforcer le mur dans la zone de la naissance des voûtes. L’arc supérieur ‘vise’ la corniche supérieure. La question de savoir s’il faisait partie du modèle prévu au départ, s’il a été rajouté en cours (?) de construction ou peu de temps après l’achèvement des travaux, est assez débattue
- arc boutant de la nef. Les colonnes en éventail font de ces arcs boutants, aux proportions massives, de véritables œuvres d’art
- arc boutant de ‘transition’ à l’angle du transept (sud) et du chœur. L’arc-boutant que l’on découvre à droite est beaucoup plus ‘aérien’ que ceux réalisés quelques années plus tôt dans la nef. Les colonnettes sont fines et allongées. On conserve encore cette idée, qui est abandonnée rapidement - à gauche
- arc-boutant de ‘transition’ à l’angle du transept (nord) et du chœur. Très léger changement par rapport à l’exemple précédent : les colonnettes ne sont plus rondes mais adoptent une forme polygonale
- arc-boutant du chœur. On notera la grande légèreté de ces arcs. L’arc supérieur repose encore sur une colonne engagée dans le mur
- arc-boutant du chœur. Le déambulatoire de la cathédrale est un ‘double déambulatoire’, c'est-à-dire qu’il comprend deux collatéraux séparés par des colonnes. En partie haute, les arcs-boutants prennent donc un appui intermédiaire avant de se ‘relancer’ : on parle d’arcs-boutants ‘à double volée’
- arc-boutant du chœur. Le système d’étrésillonnement est d’une grande finesse - cependant résistant
- arcs boutant du chœur. Sous un autre point de vue, les arcs paraissent ‘suspendus’ en plein ciel
- arcs boutants du chœur - Partie tournante. Les arcs-boutants se détachent les uns sur les autres, créant d’étonnants effets de perspective
- arcs boutants du chœur - Partie tournante. Les arcs-boutants se détachent les uns sur les autres, créant d’étonnants effets de perspective
- arcs boutants du chœur. Le point de vue que l’on obtient sous les arcs est aussi remarquable. On en voit ici quatre
- arcs boutants du chœur - De nuit
- dans la zone de jonction entre chœur et transept, la multiplication des arcs est surprenante - Vue depuis la balustrade supérieure
- dans la zone de jonction entre chœur et transept, la multiplication des arcs est surprenante - Vue depuis les toits du déambulatoire
- dans la zone de jonction entre chœur et transept - de nuit.
 
Bonus 516 en ligne
vitraux
sujet : "Les blasons de la cathédrale (1)"
Quelques siècles en arrière, les érudits se passionnaient pour les blasons de la cathédrale. On y rencontre (en particulier dans le haut chœur - et de façon moins systématique dans le haut transept) les armes de plusieurs familles dont le rôle est important dans l’histoire de France. À part quelques articles - dont l’étude remarquable de Françoise Perrot (‘Les Champenois et la croisade’, actes des quatrièmes journées rémoises 27-28 nov. 1987), le XX° siècle a peu étudié cette question, au point que certaines ‘attributions’ paraissent aujourd’hui très fragiles. Ce bonus n’a pas pour ambition de ‘raconter’ la vie de ces personnages, souvent haut en couleurs. La conférence de Marie Bénédicte Doumert et Gilles Fresson (‘Redécouvrir la cathédrale - Seigneurs et rois. Un visage de la société du Moyen-Âge’) a été l’occasion, au travers d’éléments biographiques, de rappeler les lois de la chevalerie et le lien de ces grandes familles nobiliaires avec Chartres. Des blasons…
- la rose de Castille. Sans doute le roi représenté à Cheval est-il Ferdinand III de Castille, monté sur le trône en 1217, mort en 1252. On notera le beau lévrier qui accompagne le souverain
- les armes de Castille : de ‘gueules’ (rouge) au château d’or. L’assise verte et le fenestrage bleu se rencontrent rarement et semblent une licence du maître verrier
- la rose de France. Il est probable que celui qui est encore prince héritier (il n’est pas couronné) est le fils de Philippe Auguste, qui devient roi sous le nom de Louis VIII (1223-1226). Les lobes de la rose arborent aussi les couleurs de France - ce qui est exceptionnel
- les armes de France : d’azur (bleu) semé de lys d’or. Rappelons qu’au début du XIII° siècle, ce blason comporte encore une dimension mariale importante : c’est une façon pour les souverains d’offrir leur royaume à la Vierge
- la rose de Blois-Champagne. Au début du XIII° siècle, une même famille règne sur les comtés de Blois, Chartres, Meaux, Melun, Troyes et Champagne, formant deux importants blocs territoriaux à l’ouest et à l’est du domaine royal. Sans doute sur ce vitrail a-t-on représenté Thibaut VI de Blois, qui détient le comté de Chartres (1205-1218) quand est réalisée la donation collective des verrières hautes du chœur
- les couleurs de Blois-Champagne se retrouvent sur l’habit : D’azur, semé de croisettes d’or, à la bande d’argent
- au pied de la lancette gauche, sans doute Thibaut VI, peut-être l’un de ses proches, en prière devant un autel [nota : genoux et pieds modernes]
- les armes de Blois-Champagne. Ce sont les premières décennies de ce blason, que l’on retrouve aujourd’hui dans les blasons de plusieurs villes et départements. La bordure de la bande ‘argent’ ne semble pas encore ‘figée’. Ici on trouve un double galon or
- au pied de la lancette droite, sans doute Thibaut VI, peut-être l’un de ses proches, en prière devant un autel [nota : genoux et pieds modernes]
- les armes de Blois-Champagne. Variante du 8 : le galon or qui sert de bordure à la bande argent présente un décor - ici effectué en grisaille
- au pied d’une lancette, un seigneur de la famille de Marly. Nous pensons qu’il s’agit de Bouchard de Marly, mort en 1218 au siège d’Avignon
- les armes de Marly : d’or à la croix de ‘gueules’ (rouge) cantonnée de quatre alérions d’azur. Un fait remarquable permet de distinguer le blason de Chartres de celui porté par l’autre branche Marly. En effet, nous voyons ici quatre alérions. Une partie de la famille se vit attribuer par le roi, à l’issue de la bataille victorieuse de Bouvines à laquelle elle avait participé, le droit de multiplier le nombre des alérions - qui passèrent au nombre de seize
- ce blason, qui n’est pas associé à la figuration d’un donateur, reste l’objet d’interrogations. D’un côté, on trouve les armes des comtes de Bar (aujourd’hui Bar le Duc - d’azur semé de croisettes d’or au bar de même), famille à laquelle appartient l’évêque de Chartres de l’époque : Renaud de Mousson. De l’autre côté, se voient les armes de la famille de Louppy le château (de ‘gueules’ à cinq annelets d’or), châtellenie faisant partie du comté de Bar. La disposition laisse entendre une alliance entre ces deux familles, ce que ne mentionnent pas les sources historiques. Les armes interprétées comme celles de Louppy pourraient aussi correspondre à des familles du pays chartrain.
 
Bonus 517 en ligne
vitraux
sujet : "Les blasons de la cathédrale (2)"
Quelques siècles en arrière, les érudits se passionnaient pour les blasons de la cathédrale. On y rencontre (en particulier dans le haut chœur - et de façon moins systématique dans le haut transept) les armes de plusieurs familles dont le rôle est important dans l’histoire de France. À part quelques articles - dont l’étude remarquable de Françoise Perrot (‘Les Champenois et la croisade’, actes des quatrièmes journées rémoises 27-28 nov. 1987), le XX° siècle a peu étudié cette question, au point que certaines ‘attributions’ paraissent aujourd’hui très fragiles. Ce bonus n’a pas pour ambition de ‘raconter’ la vie de ces personnages, souvent haut en couleurs. La conférence de Marie Bénédicte Doumert et Gilles Fresson (‘Redécouvrir la cathédrale - Seigneurs et rois. Un visage de la société du Moyen-Âge’) a été l’occasion, au travers d’éléments biographiques, de rappeler les lois de la chevalerie et le lien de ces grandes familles nobiliaires avec Chartres. Donc, des blasons, que des blasons…
- la rose 114. Dans les ouvrages de référence, ce chevalier à cheval est indiqué comme Robert de ‘Beaumont’. Cette hypothèse, recopiée - bien qu’avec d’extrêmes précautions - d’un ouvrage à l’autre, remonte à l’érudit François-Roger de Gaignières (1642-1715). Elle nous parait assez invraisemblable : les couleurs du blason de Beaumont (aujourd’hui Beaumont les Autels - 28) sont inconnues puisqu’on n’a relevé ce dernier que sur des sceaux. Surtout, le ‘standing’ de ce petit seigneur local ne peut pas être comparé avec celui des seigneurs représentés dans l’ensemble des autres roses : vassaux immédiats du roi de France, participant en chefs de guerre aux évènements importants de la décennie 1210-1220
- les armes de la rose 114 : d’or à deux lions ‘passant’ (marchant) de ‘gueules’ (rouge). Une prochaine publication scientifique est prévue, qui précisera l’origine géographique de ce blason
- la rose de Courtenay. Ce beau chevalier portant l’oriflamme rouge de France est probablement Robert de Courtenay - aussi croisé en albigeois, mort en 1239. Sa famille était descendante d’un cadet de la famille royale de France. Son frère, Pierre de Courtenay, empereur latin de Constantinople, portait le même blason
- les armes de Courtenay : d’or à trois ‘tourteaux’ (ronds) de ‘gueules’ (rouge), au lambel d’azur. Le lambel figure dans la partie haute. Ce symbole désigne souvent, dans les hautes lignées nobiliaires, un cadet
- la première rose de Montfort. Soit Simon de Montfort, chef de la croisade contre les albigeois (mort en 1218), soit son fils Amaury (mort en 1239). Ces seigneurs d’Ile-de-France seront les chevilles ouvrière de la conquête du midi languedocien par les ‘royaux’, prenant prétexte de la lutte contre l’hérésie cathare
- les armes de Montfort. De ‘gueules’ (rouge) au lion d’argent
- voir précédemment. Soit Simon de Montfort (mort en 1218), soit son fils Amaury (mort en 1239). Il est très vraisemblable que les deux seigneurs soient représentés dans ces roses, sans qu’aucun d’indice ne permette de départager la rose 108 et la rose 110
- les armes de Montfort. De ‘gueules’ (rouge) au lion d’argent. Il s’agit d’un copié-collé du blason précédent.
 
Bonus 518 en ligne
vitraux
sujet : "Les blasons de la cathédrale (3)"
Quelques siècles en arrière, les érudits se passionnaient pour les blasons de la cathédrale. On y rencontre (en particulier dans le haut chœur - et de façon moins systématique dans le haut transept) les armes de plusieurs familles dont le rôle est important dans l’histoire de France. À part quelques articles - dont l’étude remarquable de Françoise Perrot (‘Les Champenois et la croisade’, actes des quatrièmes journées rémoises 27-28 nov. 1987), le XX° siècle a peu étudié cette question, au point que certaines ‘attributions’ paraissent aujourd’hui très fragiles. Ce bonus n’a pas pour ambition de ‘raconter’ la vie de ces personnages, souvent haut en couleurs. La conférence de Marie Bénédicte Doumert et Gilles Fresson (‘Redécouvrir la cathédrale - Seigneurs et rois. Un visage de la société du Moyen-Âge’) a été l’occasion, au travers d’éléments biographiques, de rappeler les lois de la chevalerie et le lien de ces grandes familles nobiliaires avec Chartres. Donc, des blasons, que des blasons…
- les armes des ‘Clément de Metz’ (avant restauration - baie 116). D’azur à la croix ancrée d’argent, la ‘cotice’ (bande étroite) de ‘gueules’ (rouge) brochant sur le tout. Cette famille, basée dans le gâtinais (on y voit encore le très beau château de Metz-le-maréchal - commune de Dordives) comprend plusieurs connétables. Sans doute a-t-on représenté ici, Jean Clément de Metz, qui prend la succession de son père Henri en 1214
- le vêtement du connétable Jean Clément de Metz (après restauration). Juste au-dessus des armes, il est représenté en pied - haut de 5 mètres
- au bas d’une lancette (non restaurée - baie 115), un seigneur de Beaumont en Gâtinais. On peut supposer qu’il s’agit de Jean Ier de Beaumont en Gâtinais, chambrier de France. Un étonnant qui-proquo, provenant de l’érudit Gaignières et répété depuis, a fait attribuer la donation de cette verrière à la famille de Beaumont sur Oise - qui ne porte pas ce blason. On rétablit ici la vérité
- les armes de Beaumont en Gâtinais, sur l’habit - caparaçon - du cheval : ‘gironné’ (découpé en étoile) d’argent et de ‘gueules’ (rouge) au lambel (bandeau à pendants) d’azur
- l’épouse du seigneur de Beaumont. S’il s’agit de Jean Ier, nous aurions ici Alix de Mauvoisin - mariée en 1214. Ses titres sonnent étrangement à nos oreilles de contemporains : dame de Clichy, Courcelles (Paris XVIIème arrondissement, alors extérieur aux remparts) et Clignancourt (Paris XVIIIème arrondissement)
- la bannière de Beaumont en Gâtinais. Très curieusement, le lambel a été placé à la verticale
- rose de Boulogne (non restaurée - baie 127). Philippe Hurepel, comte de Boulogne, est un fils cadet de Philippe Auguste. C’est une des figures marquantes de la France du XIII° siècle
- les armes de Philippe Hurepel. D’azur semé de fleurs de lys d’or (armes de France) au lambel de ‘gueules’ (rouge). Cette ‘brisure’ des armes royal indique une lignée cadette
- au pied de la lancette gauche, Mahaut de Boulogne, femme de Philippe Hurepel. Elle porte les couleurs de son mari
- au pied de la lancette droite, Jehanne de Boulogne, fille de Philippe Hurepel. Elle porte les couleurs de son père.
 
Bonus 519 en ligne
vitraux
sujet : "Comparer le figuré et le réel (1)"
Pour tous ceux qui aiment les animaux… Les vitraux de la cathédrale de Chartres comprennent un grand nombre de représentations, des espèces les plus variées. Il nous a semblé intéressant de pouvoir associer les vitraux à de véritables clichés des animaux. C’est souvent un hommage remarquable au sens de l’observation de ces artisans :
- le meilleur ami de l’homme : le chien. Le vitrail de saint Eustache comprend plusieurs représentations de chien de chasse. Dans l’une d’elles, le chien est à l’arrêt, pattes tendues
- l’espèce aujourd’hui la plus ressemblante serait vraisemblablement celle des braques - avec ses oreilles pendantes
- dans un autre panneau du même vitrail, le chien tourne la tête, cherchant du regard son maître. Un dessin à la fois drôle et réaliste !
- un braque, attentif
- le chien de berger, dans le vitrail de saint Lubin. Un grand sentiment de vie
- l’actuel colley à poil court
- le lévrier du vitrail de saint Chéron, s’il n’a pas la même qualité graphique et ne dégage pas le même sentiment de vie que les précédents, a l’avantage d’être parfaitement caractérisé : pattes très longues, arrière train resserré et côtes apparentes
- un lévrier hongrois
- le porc du XIII° siècle (ici dans le vitrail du Zodiaque) est à mi-distance du sanglier sauvage et du porc d’élevage que nous connaissons aujourd’hui : davantage poilu que ce dernier, il porte des défenses
- du sanglier au porc : c’est assurément l’évolution zoologique la plus surprenante, qui prit environ 2000 ans
- sur les béliers du vitrail de Noé, on voit que le verrier a eu la patience de tracer les différents cercles de croissance des cornes
- un bélier. La comparaison avec le réel est assez saisissante
- quant à la chèvre du même vitrail de Noé, sa barbichette témoigne d’un solide sens de l’observation
- une ‘vraie’ chèvre.
 
Bonus 520 en ligne
vitraux
sujet : "Comparer le figuré et le réel (2)"
Pour tous ceux qui aiment les animaux… Les vitraux de la cathédrale de Chartres comprennent un grand nombre de représentations, des espèces les plus variées. Il nous a semblé intéressant de pouvoir associer les vitraux à de véritables clichés des animaux. C’est souvent un hommage remarquable au sens de l’observation de ces artisans. Après avoir côtoyé chiens, porcs, chèvres et béliers dans notre dernier bonus, continuons ce court panorama animalier :
- le bœuf du vitrail de la vie de la Vierge, assez naïf, est certainement le plus distrayant : on observera ses yeux rieurs et les petites bouclettes frisées du front
- un bœuf, au détour d’un champ
- le loup du vitrail de saint Eustache s’avère ‘approximatif’. La forme de la tête a posé problème au dessinateur - notamment les oreilles. Il a rendu par un semé de petits traits les poils du loup
- le loup, ne l’oublions pas terrorisait - à tort et à raison - les populations de la France médiévale
- parmi les oiseaux, voici les colombes : l’une des plus belles est celle du vitrail de Noé. Il s’agit de la même colombe qui part et revient avec un rameau d’olivier dans son bec, signe de la décrue annoncée par Dieu
- son homologue, visible dans la nature, possède le même œil rond
- le corbeau du vitrail de Joseph a un profil différent - la tête étant évidemment plus effilée
- un corbeau - en observation
- quant aux charognards, le vitrail de Noé propose un bel exemple de vautour
- un vautour. Il faut rappeler que cet oiseau, dont l’habitat actuel se limite aujourd’hui en France à quelques secteurs montagneux, vivait alors en Beauce. Quand un mouton décédait hors de la surveillance du berger, celui-ci était souvent le premier sur les lieux
- le faucon du vitrail de St Chéron, s’il a un trop long cou, a néanmoins certains signes distinctifs des rapaces
- un faucon
- il est assez difficile de caractériser plusieurs poissons que l’on rencontre dans les vitraux - ici ceux de la pêche miraculeuse, dans le vitrail des apôtres
- un poisson de mer, comme on pouvait en trouver sur les étals de Chartres… place de la poissonnerie
- un poisson plat, dans le vitrail des saint Antoine et Paul (à côté de la belle verrière), qui a été offert par les poissonniers
- c’est probablement une sole, qui était alors une espèce comestible moins recherchée.
 
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vitraux
sujet : "Redécouvrir les vitraux de la nef : St Grégoire (rose baie 132)"
Peu de temps après leur restauration, voici des clichés de détail des vitraux supérieurs de la nef - côté sud. Saint Grégoire, pape de 590 à 604 est un des quatre pères de l’église d’occident, avec saint Ambroise (probablement absent des verrières de la cathédrale), saint Augustin et saint Jérôme (qui occupent les deux roses suivantes). Son influence sur l’Église a été considérable. Il est l’auteur des ‘Moralia in Job’, qui est livre d’exégèse très lu au Moyen-Âge, d’homélie sur Ezéchiel et d’homélies sur les évangiles, qui démontrent à la fois sa profondeur spirituelle et ses talents d’éloquence. Le nom de “chant grégorien” a été donné en référence à son œuvre liturgique, sans que l’on connaisse exactement le rôle qu’il a joué dans le développement du chant :
- vue générale. On appréciera l’extraordinaire chatoiement de couleurs. Dans l’esprit des verriers du Moyen-Âge, les couleurs des vitraux évoquent les pierres précieuses décrites dans l’Apocalypse : rubis, saphir, émeraude…
- visage. On peut être étonné de la coiffure de saint Grégoire : il s’agit de la tiare conique, que portent les papes au Moyen-Âge. La croix est portée par le pape ainsi que par les archevêques
- habits liturgiques. On notera en particulier le pallium, signe distinctif du pape : un bandeau blanc tenu sur les épaules et qui pend verticalement - ici avec un ‘nœud’ rouge. Encore aujourd’hui, le pape porte le pallium
- détail de la dalmatique. Ce riche décor (quadrilobes verts, quadrillés bleus, points rouges) correspond assez bien à certains vêtements authentiques aujourd’hui exposés dans des trésors de cathédrales
- détail du siège d’apparat sur lequel est assis le pape
- très beau décor végétal, dans les lobes qui entourent le rond central. On voit aussi les quadrilobes (grands et petits) qui enrichissent le pourtour de la rose
- un bélier. Peut-être ces deux béliers, de part et d’autre du saint, évoquent-ils le rôle de ‘pasteur’ que doit remplir un pape. Toujours est-il que cet animal est décrit avec fidélité au modèle et avec un brin d’humour.
 
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vitraux
sujet : "Redécouvrir les vitraux de la nef : St Hilaire (rose baie 130)"
Peu de temps après leur restauration, voici des clichés de détail des vitraux supérieurs de la nef - côté nord. Saint Hilaire, évêque de Poitiers (vers 315 -367), est considéré comme l’un des grands défenseurs de la foi catholique contre les hérésies des premiers siècles. La question la plus débattue étant alors celle de la Trinité, son traité ‘De trinitate’ est une référence incontournable - dont l’influence court jusqu’à aujourd’hui. C’était un saint assez populaire dans la région. Le fait qu’il soit représenté avec saint Grégoire, saint Augustin et saint Jérôme (qui occupent les trois roses suivantes) laisse entendre que les chartrains du XIII° siècle l’ont constitué - à la place d’Ambroise - comme le quatrième père de l’Occident :
- vue générale. Comme on le voit , l’ensemble de la rose n’est pas encore remonté quand a été prise cette photographie
- Saint Hilaire. Le saint adopte une position de face, très digne. Il fait un geste de bénédiction. De l’autre main, il porte sa crosse d’évêque. Il porte une mitre galonnée de rouge. Le fonds du vitrail est de couleur rouge, ce qui est inhabituel. L’inscription se lit ‘SANCTUS I …LARIUS’. On notera le raffinement de l’ornementation des lettres : A de sanctus, R de ILARIUS, décor sous le crosse
- l’habit liturgique de saint Hilaire. La chasuble bleue contraste sur le fonds rouge du vitrail. Certains détails sont rendus - comme le coussin du siège, à motif quadrillé
- probablement le donateur. Il est à genoux, mains jointes. On remarque qu’il porte un beau manteau doré
- probablement la donatrice. On ignore l’identité de ce couple, pour lequel aucun indice ne permet d’orienter la réflexion. S’agit-il de riches artisans ou d’une famille noble. Est-on sûr qu’ils n’évoquent pas de façon plus générale toutes les personnes attachées au culte de saint Hilaire. La restauration a permis de retrouver, avec l’allégement des plombs de casse, la lisibilité du visage
- très beau décor végétal, dans les lobes qui entourent le rond central.
 
Bonus 523 en ligne
vitraux
sujet : "Redécouvrir les vitraux de la nef : St Caletric (fenêtre baie 134 droite)"
Peu de temps après leur restauration, voici des clichés de détail des vitraux supérieurs de la nef - côté nord. Saint Calétric est un évêque de Chartres, qui aurait succédé à saint Lubin. Même si nous n’avons pas d’information précise concernant sa vie - ses origines et son action épiscopale, il s’agit d’un personnage historique qui semble avoir marqué l’Église de Chartres. Il est présent parmi les évêques du concile de Paris (vers 560) et du concile de Tours (567 ou 568). Le poète Venance Fortunat a composé une belle épitaphe sur Calétric, laissant entendre qu’il était doué à la fois comme orateur et comme musicien. Sa réputation doit aussi beaucoup au fait que ses reliques étaient conservées dans le trésor de la cathédrale et que son sarcophage fut retrouvé au XVIII° siècle tout près de la cathédrale, dans l’église saint Serge et saint Bacche :
- visage. Calétric est coiffé de sa mitre, aux galons dorés. Le dessin des cheveux, à peine bouclés, est d’une grande qualité. En arrière l’inscription : ’S CALETRI
- détail de la crosse. La volute finit par un animal fantastique
- détail de l’habit liturgique. C’est avec une grande précision que le verrier a représenté les beaux habits de cérémonie de l’évêque, qui s’empilaient les uns sur les autres - résumant les différents ‘ordres’ reçus au cours de sa vie religieuse. Regarder la manche est ici très intéressant. Le galon doré (sur blanc) appartient sans doute à l’aube. Le rouge est celui de la dalmatique, que porte le diacre. Le bleu correspond au manipule, bande d’étoffe de couleur identique à l’étole et que portait le diacre. Le galon vert (sur étoffe carmin) correspond à la chasuble du prêtre
- détails de la chasuble. Sur le pourtour un galon vert, avec des cabochons. Dans l’axe, un galon blanc
- détails de la dalmatique. L’effet des quadrilobes sur fonds rouge est merveilleux, de même que le large galon doré, où les cabochons sont relevés de couleurs : bleu saphir et rouge rubis
- les donateurs. Le tourneur sur bois, à l’allure très vivante, porte un bonnet pour se protéger de la sciure. Devant lui, passe la corde qui sert à entraîner le mécanisme
- le tourneur sur bois. Il tient dans ses mains la pièce de menuiserie qui est travaillée
- le tourneur sur bois. Sous l’établi, on voit les pieds qui activent le système de rotation.
 
Bonus 524 en ligne
vitraux
sujet : "Redécouvrir les vitraux de la nef : St Symphorien (fenêtre baie 130 gauche)"
Peu de temps après leur restauration, voici des clichés de détail des vitraux supérieurs de la nef - côté nord. Saint Symphorien est martyr à Autun, vers 175 / 180. Sa légende raconte que le saint refusa de participer à une procession religieuse en l’honneur des dieux romains. Il est décapité. Ce saint eut une grande importance à l’époque mérovingienne et carolingienne, dans toute la France. En témoigne le nombre important d’églises qui lui sont consacrées
- visage. Symphorien porte à sa droite la palme du martyre. Il passe une main dans la cordelette de son manteau. On notera l’élégance et l’extrême sobriété du dessin des yeux : traits épais et traits fins
- détails des vêtements. La boucle de ceinture, ainsi que la lanière de cuir, sont d’un grand réalisme. Le fonds du vitrail, d’un bleu profond, est relevé de points rouges, comme dans de nombreux vitraux des fenêtres supérieures : l’effet décoratif en est augmenté
- détails des vêtements. On observera les bandes (bleu, blanc) qui relèvent le brun du manteau
- le dais qui surplombe la scène est un pastiche du XIX° siècle, réalisé quand les panneaux de ce vitrail (qui étaient pour l’essentiel dans la chapelle Vendôme) reprennent leur place d’origine. On voit la différence : un dessin des pierres trop systématique et une couleur rose qui, pour reprendre une formule assez en vogue chez les jeunes “pique les yeux”
- scène du martyr de saint Symphorien - pastiche du XIX° siècle. Une des rares scènes ‘décevante’ dans les panneaux réalisés lors des grandes restaurations des années 1870/80
- dans un angle de la bordure (d’origine), un petit personnage. On remarquera la main qui prolonge la ligne blanche - détail savoureux.
 


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