Notre Calendrier

> Retour <

 
 
Cet article est un inventaire de l'ensemble des bonus depuis le numéro 400 jusqu'au numéro 424, publiés dans notre section "les +"
Chaque bonus est répertorié par son numéro, son état de consultation sur le site (en ligne / prochainement), et par son thème de classement
 
 
Bonus n°  état
thème de classement
 
Bonus 400 en ligne
célébrations
sujet : "les plus beaux moments des célébrations à la Cathédrale de Chartres"
Rameaux - Dimanche 17 avril 2011…
- Dans les jardins de l’évêché, au chevet de la cathédrale, bénédiction des rameaux.
- La procession débute, derrière la croix. Celle-ci sera disposée à l’emmarchement principal, durant une semaine entière.
- Les petits clercs, portant des rameaux.
- Les jeunes de la maîtrise.
- Le rituel de la porte - issu d’une très ancienne tradition gallicane - a lieu, exceptionnellement, au porche nord. Il rappelle l’entrée du Christ à Jérusalem, peu de temps avant sa passion. Par trois fois, l’évêque heurte la porte. Le chant, alterné est d’une extrême solennité.
- Monseigneur Pansard, quelques instants avant l’ouverture des vantaux.
- Les fidèles entrent dans la cathédrale à la suite des célébrants.
- Monseigneur Pansard introduit le récit de la passion du Christ. La puissance de l’architecture de la croisée du transept souligne la solennité de l’instant. Tous les fidèles se remémorent, dans un profond recueillement, les différents épisodes qui conduisent à la crucifixion : nuit au jardin des oliviers, arrestation, jugement, trahison de l’apôtre Pierre, échanges avec le gouverneur Pilate, Portement de croix.
Messe Chrismale - Mardi 19 avril 2011…
- La procession, venue de la sacristie de la crypte.
- Les prêtres du Diocèse entrent dans la cathédrale.
- Les prêtres du Diocèse entrent dans la cathédrale (suite).
- À son tour, Monseigneur Pansard entre dans la cathédrale. À ses côtés, le diacre Antoine Jardet.
- Prière pour les prêtres.
- Les prêtres s’approchent de l’autel pour communier au sang du Christ.
- Annonce des nominations. À sa droite, le vicaire général, Laurent Percerou.
- Disposées autour de l’autel, quelques instants après leur bénédiction, les huiles saintes : le Saint Chrème (qui donne son nom à la messe), l’huile des catéchumènes, l’huile des malades.
- En fin de célébration, les différentes paroisses du diocèse viendront chercher les huiles qui leur seront utiles pour l’année.
Jeudi Saint - 21 avril 2011…
- Moment important de l’eucharistie : la coupe est élevée. Au travers des paroles dites par l’évêque "Ceci est mon corps, ceci est mon sang", le Christ fait du pain et du vin le sacrement de sa présence.
- Un temps de prière suit, dans la crypte Notre-Dame de Sous-Terre, où les fidèles sont descendus en procession. Tous peuvent venir s’incliner devant le corps et le sang du Christ.
- Le temps de prière 'à Gethsémani' est animé par la communauté du Chemin Neuf : lectures de l’Évangile, textes méditatifs et chants de recueillement. Tous peuvent aussi déposer devant l’autel, écrites sur des papiers, les pensées qu’ils portent au fond de leur cœur.
- Le ciboire - contenant le corps du Christ est respectueusement déposé dans le 'tabernacle de Saint Aignan' (v. 1205-1215), qui appartient au trésor de la cathédrale : l’un des plus précieux objets d’orfèvrerie du Moyen-Âge, qui pourrait être une œuvre phares d’un grand Musée international. Cette utilisation - remarquée - est une 'première' depuis un siècle. Le Tabernacle répond ainsi parfaitement au dessein d’origine, qui était de contenir la 'réserve' eucharistique - en particulier lors des fêtes pascales. La richesse décorative sert à magnifier la vénération qui s’adresse au Christ, ainsi que l’avaient souhaité les commanditaires de l’œuvre.
- Dans les ténèbres de la crypte, plusieurs personnes, de tout âge, s’avancent pour se mettre à genoux devant le tabernacle. Les chants accompagnent leur démarche : 'Je me tiens devant toi, Pour t’offrir ma vie, Seigneur je me remets entre tes mains, Je dépose devant toi mes soucis et la douleur qui monte de la terre, pour Aujourd’hui'.
- Le tabernacle de Saint Aignan, ouvert après que le Saint Sacrement a rejoint la chapelle axiale de la cathédrale. Les différentes scènes en émaux champlevés, centrées sur le mystère pascal, (Adam recueillant le sang du Christ / Crucifixion / Marie et l’apôtre Jean / Reniement de Pierre / Incrédulité de Thomas - Église et Synagogue - Pentecôte) fixent plusieurs lignes essentielles de la foi chrétienne.
Vendredi Saint - 22 avril 2011...
- Dans le narthex, la croix va bientôt remonter l’allée centrale. Par trois fois, le diacre chante: 'Voici le bois de la croix, qui a porté le Salut du monde'.
- Vénération de la croix. Les fidèles s’avancent pour l’embrasser.
- La croix, qui restera dressée à la croisée du Transept durant le temps pascal.
Veillée pascale - 23 avril 2011… Symbolique de la lumière
- Le feu pascal, sous le porche nord. C’est autour du feu, tandis que la nuit vient de tomber, que commence la célébration.
- Les derniers fidèles qui assistent à la veillée pascale franchissent les portes. Ils ont allumé leur cierge au cierge pascal. Au même moment, celui-ci remonte l’allée centrale, portée par le diacre : 'Lumière du Christ - Nous rendons grâce à Dieu'.
- Pendant la lecture des textes bibliques.
- Le responsable des petits clercs s’apprête à accompagner, à la lueur de sa chandelle, l’enfant qui annonce à l’évêque la résurrection, selon un usage particulier à la cathédrale de Chartres et qui date d’avant le XVI° siècle. 'Monseigneur, Monseigneur, écoutez, les cloches commencent à sonner, le Christ est ressuscité - Merci de cette grande nouvelle. Oui, le Christ est ressuscité, le Christ est vraiment ressuscité'.
- Dans le baptistère de la crypte. Les parrains et marraines des nouveaux baptisés allument leur cierge au Cierge pascal.
- Les nouveaux baptisés à l’autel principal de la cathédrale. Le cierge pascal a rejoint le grand chandelier, où il restera jusqu’à la fête de Pentecôte.
- Les différentes communautés de la paroisse Notre-Dame ont allumé leur cierge pascal à celui de la cathédrale : Saint Aignan, Saint Pierre, Sainte Jeanne d’Arc, Notre-Dame de la Brèche, Saint Jean-Baptiste de Rechèvres, Sainte Thérèse.
 
Bonus 401 en ligne
regards d'artistes
sujet : "au fil des époques, des artistes et des photographes"
Plusieurs regards sur le portail royal…
- Photographie - éclairage de nuit [Nicolas Lhoste]
- Dessin - le plus ancien conservé du portail royal. Daté '1696', il serait hypothétiquement l’œuvre de Louis Boudan et a probablement été commandé par l’antiquaire et collectionneur François Roger de Gaignières, désireux de conserver des vues détaillées des principaux édifices français. Conservé à la Bibliothèque Nationale de France.
- Lithographie - réalisée vers 1850, éditée en Angleterre. S’il faut souligner la qualité artistique de l’œuvre, l’impression d’exactitude ne doit pas faire illusion. L’appareillage des pierres, sur la périphérie des baies, est entièrement ré-inventé.
- Dessin de Guy Nicot, Architecte en chef des Monuments historiques. Les sculptures ont été méthodiquement levées, en préalable aux restaurations des années 80.
- Page d’un carnet de voyage - touriste américain. 1999.
- Vue du parvis, vers 1902-03, tandis que le portail royal est encore occulté par plusieurs bâtiments. Avec plus d’attention, on lit sur un mur : 'Maison achetée pour le dégagement de la cathédrale'.
- Caricature - dessinateur anglais. 'Mariage plébéien à la cathédrale de Chartres'.
- Plusieurs regards sur la grille des jardins de l’évêché, immédiatement attenante à la cathédrale...
- Photographie. Au premier plan le porche nord.
- Peinture - Henri le Sidaner. Cette œuvre, datable des années 30, est un intéressant travail sur les atmosphères du crépuscule.
- Photographie - jour de neige. Depuis les jardins.
- Photographie sépia - 1927.
- Dessin. Auteur anonyme - 1929.
 
Bonus 402 en ligne
regards d'artistes
sujet : "au fil des époques, des artistes et des photographes"
Regards sur le portail sud…
- Plaque photographique datant de 1850/1851. Document inédit - vente Sothebys (N.Y). Charles Nègre suivit la formation d’un peintre de chevalet, d’abord auprès de Delaroche, puis d’Ingres. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des pionniers de la photographie - entendue comme un art. Son esprit inventif a en effet contribué à appréhender plus largement les possibilités ouvertes par cette nouvelle technique. Tombé rapidement dans l’oubli, il est redécouvert par les critiques dès les années 30. Ses clichés de la cathédrale sont réalisés à titre personnel, avant qu’il ne reçoive sur le même sujet une commande du gouvernement français (1854).
- Point de vue identique - 2011. On notera évidemment les différences de l’arrière plan, où plusieurs bâtiments ont disparu.
Focus sur les statues de l’ébrasement (baie de gauche - côté gauche)...
- Dessin préparatoire à une gravure, publiée en 1848 dans les pages d’une revue érudite. La représentation manque de fidélité. L’auteur fait apparaître l’intitulé suivant 'L’évêque Fulbert et deux diacres', suivant certaines conjectures hâtives de ses contemporains. La représentation manque de fidélité.
- Dessin au crayon de Auguste Alexandre Guillaumot, datant de 1845 environ.
- Photographie de 1852. Henri Le Secq est l’un des techniciens qui ont été retenus pour la fameuse mission héliographique développée à l’échelle du territoire français. Vente Christies (N.Y).
Focus sur les maisons adossées au bas côté sud...
- Photographie de Charles Nègre, 1851 ? À quelques mètres de l’âne qui vielle, on notera la présence d’une fenêtre.
- Gouache de Thomas Boys, vers 1835. On peut comparer cette œuvre avec le cliché de Nègre[1], qui utilise une perspective assez semblable. Des maisons apparaissent dans l’ouverture du porche.
- Lithographie, d’après un dessin de Chapuy, vers 1825. Cette œuvre paraît faire preuve d’une grande exactitude, si on la compare à plusieurs documents cadastraux : trois maisons à pignon, conformes au type le plus commun à Chartres ainsi qu’une maison plus allongée, à proximité de la tour.
- Gravure anonyme, XVIII° siècle. On peut encore y observer les maisons qui flanquent le bas côté sud. Les détails diffèrent trop de la lithographie 'Chapuy' pour qu’on y accorde crédit : l’architecture de la cathédrale manque aussi de fidélité.
- Extrait d’une lithographie de Deroy, vers 1860. Le dégagement du bas côté sud date de 1852. À gauche, on peut encore apercevoir les locaux de l’Hôtel Dieu, dont la démolition est imminente.
- Peinture contemporaine.
 
Bonus 403 en ligne
regards d'artistes
sujet : "au fil des époques, des artistes et des photographes"
Regards sur le portail nord...
- Lavis datant de 1892. Le dessinateur Joseph Pennell est mandaté par le 'Century magazine' (New York) pour effectuer un voyage en France et en ramener diverses illustrations d’ambiance.
- Point de vue identique - 2011. L’artiste a laissé part à une certaine interprétation, notamment pour la grille des jardins de l’évêché, en arrière-fond.
Focus sur les statues avancées du porche (baie centrale - côté droit)...
- Dessin au crayon de Auguste Alexandre Guillaumot, datant de 1845 environ. On donne alors ces personnages comme étant Philippe Hurepel et Mahaut de Bourgogne, contemporains de la construction de la cathédrale. Les recherches ultérieures montreront qu’il s’agit à l’évidence de personnages bibliques - Nathan et Bethsabée.
- Gravure, fin XIX° siècle.
- Photographie et négatif. Charles Nègre, 1854 ? Charles Nègre suivit la formation d’un peintre de chevalet, d’abord auprès de Delaroche, puis d’Ingres. Son esprit inventif a contribué à appréhender plus largement les possibilités ouvertes par la photographie. Tombé rapidement dans l’oubli, il est redécouvert par les critiques dès les années 30. Ses clichés de la cathédrale sont d’abord réalisés à titre personnel, avant qu’il ne reçoive sur le même sujet une commande du gouvernement français (1854).
Vues générales…
- Lavis, vers 1845. Certains détails permettent de supposer une attribution à A. A. Guillaumot. On possède également de lui une vue générale du flanc nord de la cathédrale. Le long du bas côté, certains bâtiments sont visibles - la chambre aux mortiers.
- Lithographie de Deroy, vers 1850/55. On ne saurait dire si le chantier visible à gauche du portail est une touche pittoresque ou s’il correspond effectivement à des modifications apportées au passage entre porche et sacristie. On notera par ailleurs la hauteur de l’emmarchement, inférieure à ce qui sera restitué à la fin du siècle.
- Gravure, vers 1900. En encadré, croquis contemporain.
 
Bonus 404 en ligne
insolite
sujet : "regarder de plus près"
Traces de peinture localisées, sculptures originales difficiles d’accès, décors filigranés des vitraux indiscernables à l’œil nu, cicatrice des évènements qu’à connu la cathédrale - détails invisibles des visiteurs. On découvre des choses étonnantes, pour peu que l’on puisse aller voir à quelques centimètres…
Façade principale - Portail royal :
- Le portail royal était - originellement - entièrement peint : bleu, rouge, or… Il faut s’approcher du tympan consacré à l’ascension pour trouver un reste de la polychromie : entre les ailes des anges.
- Le bleu des sculptures n’aurait rien à envier au bleu que proposent les vitraux durant la même période.
Façade principale - fenêtres :
- Les ébrasements des trois fenêtres de la façade sont décorés de nombreux détails sculptés, invisibles depuis le sol. [Fête du parfum]
- Chapiteau à motif de feuillage. Petit personnage appartenant à un autre chapiteau.
Salle capitulaire :
- La salle capitulaire, où se réunissaient les chanoines, est bâtie vers 1323/27. Elle est située hors-œuvre. La chapelle Saint Piat, qui en forme le premier étage est construite durant la décennie suivante (1335/43). [Entretien des toitures, décembre 2011]
- Le mur de fond de la salle capitulaire est décoré d’une grande peinture murale, probablement réalisée au milieu du XIV° siècle. Bien qu’elle soit assez dégradée, on en discerne encore les qualités stylistiques - qui la rapprocheraient de la cour papale d’Avignon, ainsi que plusieurs détails iconographiques curieux.
- Le registre supérieur est occupé par un prélat alité, visité par des femmes. Le père Lemarié avait proposé d’y voir le miracle de Fulbert, guéri par le lait de la Vierge.
- Le registre supérieur semble indiquer une acclamation pontificale. Sur ce cliché : quatre cardinaux, au chapeau rouge, ainsi que trois hommes d’armes, casqués.
- Sur un mur latéral, un très beau visage de Marie, dans une scène d’annonciation.
Vitrail de saint Jean (bas côté sud) :
- Le vitrail de Saint Jean, de type narratif, fait partie du large ensemble prévu pour les fenêtres de la cathédrale gothique, au début du XIII° siècle et qui fut réalisé parallèlement au gros œuvre. Il semble en représenter l’ultime étape symbolique, vis-à-vis du vitrail de Noé consacré à la première alliance entre Dieu et la famille humaine : saint Jean est en effet l’auteur de l’apocalypse.
Rien ne semble pourtant distinguer ce vitrail des précédents, si ce n’était son étroitesse, due à la présence du massif de la tour sud.
- Saint Jean boit une coupe vénéneuse, qui lui est présentée par un magicien. Le poison, pilé dans un mortier - à droite - n’atteint pas l’apôtre, qui est protégé par la main divine.
- Le Christ apparait à saint Jean, pour lui dévoiler la date et les conditions de sa mort. Dans ces deux panneaux, le fonds laisse apparaître en filigrane un motif de rinceaux.
- Détail des clichés 22 & 23 - Vue rapprochée et restitution partielle par logiciel informatique.
 
Bonus 405 en ligne
insolite
sujet : "regarder de plus près"
Traces de peinture localisées, sculptures originales difficiles d’accès, décors filigranés des vitraux indiscernables à l’œil nu, cicatrice des évènements qu’à connu la cathédrale - détails invisibles des visiteurs. On découvre des choses étonnantes, pour peu que l’on puisse aller voir à quelques centimètres…
Portail nord - baie de droite :
- Les trois statues des ébrasements (vers 1220) figurent :
Joseph, ministre d’Égypte. / La sibylle d’Erythrée, qui aurait annoncé à l’antiquité païenne la venue d’un sauveur (hypothèse discutée - qui succède à plusieurs autres interprétations : Judith, Sara). / Ben Sirach le sage, auteur du livre de l’Ecclésiastique, traité de 'Savoir vivre' philosophique, ainsi que le définissait l’érudit Jean Villette.
- La banderole que présente Ben Sirach figurait probablement le texte du chapitre 47, verset 13 de l’écclésiastique, qui fait allusion à Salomon - situé en vis-à-vis - et à la construction du temple - représentée sur le socle. "Salomon régna dans un temps de paix et Dieu lui accorda la tranquillité alentour, afin qu'il élevât une maison pour son nom et préparât un sanctuaire éternel".
- Dans le sens horizontal, en partie supérieure on voit encore son nom : IHS FILIUS SIRAC (Jésus fils de Sirach). Les lettres disparues apparaissent par contraste avec la patine de fonds. Seul le C de SIRAC conserve sa peinture noire. Retouches de l’image par logiciel informatique - D’après une observation d’Isabel Pastor (Service Accueil-Visites).
Pignon du transept sud :
- Les parties hautes du transept sud ont été construites au milieu du XIII° siècle - quelques décennies après le reste de l’édifice.
- Le rampant du pignon est décoré de crochets à motif feuillagé. La majorité d’entre eux date du XIX° siècle - remplacés suite à l’incendie de 1836.
- L’une des feuilles a été remplacée par une tête monstrueuse. Pour quelle raison ? Caricature d’un sculpteur par un de ses compagnons ? Présence du diable, dissimulé sur le mur extérieur ? Liberté de l’artiste, dans les marges de la cathédrale ?
Sur le sol de la cathédrale :
- Une vue du chœur (ici avant restauration - éclairage pour les fêtes de Pâques 2009) permet de situer l’emplacement des deux grands lustres en bronze doré, réalisés par Louis Prieur. Ils sont partie intégrante des nouveaux décors liturgiques - arcades du choeur et maître autel - réalisés entre 1766 et 1773.
- Sur le pavement du XVIII° siècle, alternant carreaux noir et blanc, on voit encore, exactement à l’aplomb des lustres, plusieurs fractures provoquées par la chute de ces derniers. Il est fort probable que l’accident eu lieu en 1836, lors de l’incendie des charpentes où étaient attachées les cordes, passant par des trous des voûtes : curieux témoignage de l’évènement, qui a poussé l’architecte à restaurer ces deux carreaux plutôt que de les remplacer.
Au sommet de la flèche Jehan de Beauce :
- Flèche Jehan de Beauce (1506-1513).
- Lors de travaux, vers 1900. Le soleil-girouette (1,10 mètre de diamètre) et la croix actuelle ont été dessinés par Paul Durand et placés le 10 avril 1854. Le centre du soleil, d’où partent les rayons est découpé à jour, pour limiter la surface au vent. On y voit un buste de Christ Bénissant. Autour de ce buste, sur les deux faces : l’inscription "Jesu, Sol Justitiae, Miserere Populi Tui / Ego Sum Lux Mundi, Pacem Meam Do Vobis". Jésus, soleil de justice, aies pitié de ton peuple / Je suis la lumière du monde, je vous donne ma paix.
- Le socle de la croix prend la forme d’un bulbe de bronze arrondi, pesant plus de cinq cents kilos si l’on y ajoute l’armature de fer qui le supporte. Il a été posé le 8 août 1692, suite aux évènements survenus le 12 octobre 1690 : "un vent furieux en forme de tourbillon, que l’on appelle depuis un temps ouragan", selon les mots d’un témoin oculaire, fit dangereusement pencher la pointe du clocher, brisant plusieurs pierres. Sans doute l’échelle scellée à l’extérieur et l’arbre de croix empêchèrent-ils un effondrement. Les assises furent reprises sur près de sept mètres de haut : les pierres solidement emboîtées à queue d’aronde et garnies d’une armature de fer. Sur le bulbe, le nom du fondeur, Ignace Gabois, une chemisette de Notre-Dame, armoirie du chapitre, et une longue inscription : "Cette pyramide qui était jadis de bois couvert de plomb fut frappée par la foudre et totalement consumée par le feu en 1506 ; sous la surveillance du sous-chantre Vastin des Fugerays et par l’habileté de Jean de Beauce, elle fut en 1517 reconstruite toute de pierre sur une hauteur de 62 toises ; et elle demeura ferme jusqu’en l’année 1690. En cette année elle fut courbée et presque renversée par la violence des vents ; mais l’année suivante et presque le même jour, elle fut exhaussée et rétablie d’une manière plus solide par Claude Augé, lyonnais, d’après les ordres du Chapitre, Henri Goault étant doyen, sous la surveillance du chanoine Robert de Salornay, le clerc de l’œuvre Philippe Goupy ayant contribué pour mille livres. Elle porte aujourd’hui son sommet sacré jusque dans les nues ; fasse Dieu que ce soit pour longtemps". Autour du bulbe, plusieurs serpents enlacés suggèrent la bête de l’apocalypse. La Vierge Marie, prenant l’enfant Jésus dans ses bras et le protégeant dans un repli de son voile, met vigoureusement le pied sur l’un d’eux.
 
Bonus 406 en ligne
regards d'artistes
sujet : "séquence nostalgie"
André Kertész (né Andor Kertész, 2 juillet 1894, Budapest, Hongrie - 28 septembre 1985, New York) est un photographe de nationalité américaine d'origine hongroise. L'œuvre d'André Kertész a eu une influence déterminante sur la reconnaissance de la photographie comme discipline artistique à part entière. Dans les années 1920, il est le seul avec Man Ray à choisir la photographie comme medium exclusif d'expression. Il ne s’agit non plus de retranscrire le réel, de l’enregistrer, mais également d’inventer des formes nouvelles d’art plastique. Après la deuxième guerre mondiale, Kertesz abandonne successivement plusieurs contrats qui le lient à la presse mais continue de photographier, par intérêt personnel. Des années 60 lors de vacances personnelles, datent ses clichés de la cathédrale de Chartres, qui mettent en scène différents visiteurs.
- Sous le porche nord, Mme Kertész est accompagnée d’une femme de sa famille.
- Dans les jardins de l’évêché, assise sur un muret, Mme Kertész.
- Sur le parvis sud, Mme Kertész met sa main en visière pour se protéger du soleil.
- Sous le porche sud, un groupe de scouts. L’un deux semble désigner le chevalier Roland - que l’on appelle encore Théodore.
- Sous le porche sud, un groupe de scouts, face aux figurations des vices et des vertus (hebdos 285 et 286). Plusieurs cherchent du regard, tandis que l’un deux esquisse un sourire.
- Parvis nord, les filles d’une institution catholique, accompagnées des religieuses.
- Parvis nord, les adolescentes de la même institution.
- Sur l’emmarchement du porche sud, débarquement des premiers cars de tourisme !
 
Bonus 407 en ligne
histoires
sujet : "enseignes & médailles"
Depuis le Moyen Age, de nombreuses 'médailles' sont vendues à la cathédrale de Chartres. Retour sur huit cents ans d’une intense dévotion.
- Sceau du chapitre de Notre-Dame de Chartres - XIII° siècle.
Édition limitée frappée en bronze par la monnaie de Paris (1979), d’après un exemplaire de la bibliothèque nationale. On trouve également une gravure du revers dans l’histoire de Chartres de M. E. de Lépinois. Les deux exemples diffèrent par quelques détails. Sur l’avers, la vierge est assise sur un siège en X, dont les pieds et accoudoirs sont ornés de lions. Le Christ, légèrement de biais, porte un nimbe. Légende : sigillum capituli s. mariae carnotensis [Sceau du Chapitre de Sainte Marie de Chartres]. Sur le revers, on voit la scène de l’annonciation, sous une double arcade. L’ange gabriel, main tendue, s’avance vers Marie, qui lève la paume en signe d’acceptation. Au sol, un vase contient une fleur de lys. Légende : ave maria plena dominus tecum benedicta [Je te salue Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. Bénie es-tu]. On ne s’étonnera pas du nombre d’annonciations présentes dans les sculptures et vitraux de la cathédrale. Le chapitre, principal commanditaire, en fait le point d’entrée de la spiritualité chartraine. On dit que Marie portait la chemise, conservée dans la cathédrale, lorsque lui est apparu l’ange du seigneur. Cette chemise prendra place sur le sceau, en remplacement de la scène de l’annonciation, vers 1450.
- Enseigne de pèlerinage - fin du XIII° siècle.
Conservée au musée Carnavalet (Paris). Découverte par Arthur Forgeais dans le lit de la Seine au XIX° siècle. Alliage de plomb. Hauteur env. 5 cm. L’avers figure la vierge en majesté. Elle est coiffée d’une couronne fleurdelisée et porte sur la poitrine un médaillon : sans doute un fermail qui maintient un large manteau couvrant les épaules. Elle tient également une fleur de lys de la main gauche. De l’autre côté, elle porte sur ses genoux l’enfant Jésus. Il lève la main en signe de bénédiction. Un personnage agenouillé, en prière, est également représenté. Légende : S Beate Maria Carnote(n)sis [Bienheureuse Sainte Marie de Chartres]. Le revers, contrairement à la majorité des enseignes de pèlerinage, cousues sur la poitrine ou au revers du chapeau, porte aussi un décor. On y voit la sainte chemise, déployée, et au-dessus le reliquaire qui la contenait. Au-dessous, le denier chartrain apparait comme un signe d’authentification : l’enseigne était vraisemblablement fondue à Chartres. On voit ainsi, sur le même souvenir, les deux objets de dévotion majeurs de la cathédrale : la statue de la Vierge et la sainte chemise. Cette enseigne possède de petits annelets, pour la coudre au vêtement, et sa forme de pignon évoque celle d’un reliquaire. Elle attestait de l’accomplissement du pèlerinage et faisait bénéficier le marcheur de sa protection. C’était aussi un moyen, au quotidien, de garder un lien spirituel avec le sanctuaire.
- Enseigne de pèlerinage - fin du XIII° siècle.
Trouvé par un prospecteur dans un champ, au cours de années 90. Exemplaire presque identique au précédent (avec détail de la Vierge). L’enseigne, après avoir été endommagée, a été retaillée.
- Enseigne de pèlerinage - fin du XIII° siècle.
Gravure XIX° siècle, d’après un original. La partie supérieure du revers ne manque pas d’intérêt. On voit que le reliquaire représenté sur les enseignes médiévales n’est pas la chasse de Teudon mais un brancard de procession, comprenant trois arcatures ajourées.
- Enseigne de pèlerinage - XIV° siècle ?
Reproduction d’un original - disponible au stand de vente de la cathédrale. Cette enseigne est inspirée des précédentes. Sa gravure est assez maladroite, avec plusieurs lettres inversées. Sur les deux faces, sont mis en valeur les porteurs des brancards, au cours d’une procession. On apprend ainsi que la statue de la Vierge - Signum Beate Marie - était parfois déplacée de la cathédrale, avec le reliquaire de la sainte chemise.
- 'Chemisette' - XVII° ou XVIII° siècle.
Argent - retrouvé par un prospecteur vers 2005. L’avers porte une figuration de Marie qui correspond au texte de l’apocalypse: "Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! Le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l'enfantement". Du XVII° siècle datent la lune et le soleil, qui figurent - sur deux croix - au sommet des flèches de la cathédrale.
- 'Chemisette' - XVII° ou XVIII° siècle.
Argent - retrouvé par un prospecteur en 2007. Il s’agit d’une version miniature - populaire - de la chemisette précédente.
- 'Chemisette' ouvrante - XVIII° siècle.
Plomb. Dans le boîtier, quelques filaments de tissu : probablement les fragments d’un tissu qui avait touché la châsse du voile. Sur les deux faces, le monogramme de Marie (MA) et du Christ (IHS).
- Deux exemples de chemisettes - XVI°/XVIII° siècle.
Plomb et argent. Souvent, les gens du peuple fabriquaient eux même leur enseigne. Il pouvait alors faire l’objet d’une 'personnalisation' : gravure d’une maison ou d’une église rurale.
- Médaille - deuxième tiers du XIX° siècle.
Sur les deux faces, la statue de Notre-Dame du pilier dans son entourage néo-gothique (vers 1830) et la sainte chemise. Légende : la sainte robe de la sainte Vierge. On ne manquera pas d’observer combien cette médaille évoque les enseignes médiévales : d’un côté une statue de Marie, de l’autre la relique majeure de la cathédrale.
- Médaille - 1855.
Cette médaille commémorative témoigne d’un évènement essentiel dans l’histoire de la cathédrale. Sur l’avers, le portrait du pape est accompagné de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception : Marie a été conçue sans péché Rome 8 décembre 1854. Sur le revers, deux anges tiennent une couronne au-dessus de la statue de Notre-Dame du pilier : Souvenir du couronnement de Notre Dame de Chartres - Mai 1855. Ce couronnement, dont sont conservées les couronnes de Marie et du Christ, fut autorisé par Rome et soutenu par les plus hautes autorités de l’Église. Chartres s’impose au cours des festivités solennelles comme l’un des principaux sanctuaires mariaux d’Europe. Dès 1855, les pèlerinages prennent un essor remarquable.
- Pendentif - vers 1870.
'Souvenir de Notre-Dame de Chartres'. Suite à la réouverture de la crypte au culte, la statue de Notre-Dame de Sous-Terre remplace celle de Notre-Dame du Pilier sur de nombreux objets de piété.
- Médaille frappée par la ville de Chartres - 1837.
La cathédrale a été touchée par un important incendie dans la nuit du 4 au 5 juin 1836 - évènement au cours duquel disparut l’ensemble des charpentes et qui eut un retentissement considérable. Le 3 août, le conseil municipal vote une délibération, portant sur la frappe d’une médaille, en reconnaissance au préfet Gabriel Delessert, qui a dirigé personnellement la lutte contre l’incendie. Delessert, préfet de l’Eure-et-Loir de septembre 1834 à octobre 1836, est préfet de police de Paris jusqu’en 1848. Cette médaille utilise le métal des cloches fondues au cours du sinistre. Elle est le premier signe d’un regard 'patrimonial' sur la cathédrale : la face est gravée de la silhouette de l’édifice.
- Coffret de médailles - vers 1860.
Ce coffret, édité par les frères Louis, Jacques et Charles Wiener de Bruxelles, propose huit médailles de cathédrales de France - parmi elles figure la cathédrale de Chartres.
- Médaille frappée par la monnaie de Paris - Actuel.
À la silhouette de la cathédrale a été adjoint le dessin du labyrinthe, qui intéresse nos contemporains. On a placé en regard de la médaille de la monnaie de paris, établissement public dont les nouveautés sont guettées par les collectionneurs, deux modèles émanant de sociétés privées. Toute ressemblance n’est pas fortuite.
- Médaille de la Belle Verrière - Actuel.
En accord avec le rectorat de la cathédrale, la monnaie de Paris, a émis une médaille à l’effigie du vitrail, représentant la Vierge en majesté. Au cours de l’année 2012, une médaille sera frappée avec la figure du voile de la Vierge, renouant ainsi avec une très ancienne tradition.
- Pendentif - actuel.
Deux modèles : argent et plaqué or. Notre-Dame du pilier figure au revers, tandis que la silhouette de la cathédrale est sur la face. L’objet est vendu au stand de vente de la cathédrale.
 
Bonus 408 en ligne
vitraux
sujet : "en arrière de l'histoire, le décor du vitrail"
Le visiteur, lorsqu’il contemple attentivement une fenêtre du XIII° siècle, fixe son regard sur les scènes du récit. Comme il le ferait en parcourant les cases d’une bande dessinée, le regard isole même chacun des panneaux qui composent le vitrail. C’est oublier que la tonalité du vitrail, la première impression qu’elle donne au spectateur, est donnée par le fond - géométrique ou végétal. Sa magnificence rappelle parfois celle des grands tapis d’orient, auxquels s’ajoute le miracle de la translucidité. Après avoir isolé les scènes figuratives pour y scruter l’exigence spirituelle, le talent des artistes ou les détails de la vie quotidienne, nous vous proposons l’exercice inverse : isoler le décor pour l’extraire de son rôle habituel de faire valoir. C’est l’occasion d’une vraie révélation : chatoiement du motif, équilibre des couleurs, vibration de la lumière !
- Vitrail de Marie Madeleine (bas-côté sud) - Palmettes bleu/rouge.
- Vitrail de Noé (bas côté nord) - Fleurs bleues sur fonds rouge. Perles blanches.
- Vitrail de Charlemagne (déambulatoire nord) - Fleurs bleues et treillis rouge. Perles blanches.
- Vitrail du Bon Samaritain (bas-côté sud) - Fleurs bleues et treillis rouges sur la base du carré. Perles blanches.
- Vitrail de saint Savinien et Potentien (déambulatoire nord) - Fleurs bleues et treillis rouge sur la base du cercle. Perles blanches. En redoublant d’attention, on verra qu’aux perles blanches (cercles) se mêlent de façon irrégulière des fleurs blanches (quadrilobes). Que s’est-il passé en atelier ?
- Vitrail de saint Apollinaire (transept sud) - Fleurs bleues et treillis rouge sur la base du losange. On notera les mêmes irrégularités sur les rehauts blancs, au bas des motifs floraux.
- Vitrail de la glorification de la Vierge (bas-côté sud) - Rinceaux polychromes (blanc : tige ; vert, bleu, or : feuilles) sur fonds rouge.
- Vitrail du fils prodigue (transept nord) - Idem.
- Vitrail de Joseph (bas côté nord) - Idem.
- Vitrail de saint Étienne (déambulatoire nord) - Une création originale, ou le regard est attiré par des spirales, d’un effet ornemental singulier.
 
Bonus 409 en ligne
vitraux
sujet : "en arrière de l'histoire, le décor du vitrail"
Le visiteur, lorsqu’il contemple attentivement une fenêtre du XIII° siècle, fixe son regard sur les scènes du récit. Comme il le ferait en parcourant les cases d’une bande dessinée, le regard isole chacun des panneaux qui composent le vitrail. C’est oublier que la tonalité du vitrail, la première impression qu’elle donne au spectateur, est donnée par le fonds - géométrique ou végétal. Sa magnificence rappelle les grands tapis d’orient, auxquels s’ajoute le miracle de la translucidité. L’occasion d’une vraie révélation : chatoiement du motif, équilibre des couleurs, vibration de la lumière !
- Vitrail de saint Nicolas (bas-côté nord) - Réseau de pétales bleus, sur fonds rouge.
- Vitrail des apôtres (déambulatoire - chapelle axiale) - Réseau de pétales rouges sur fonds bleu.
- Vitrail de saint Nicolas - 2 (déambulatoire nord) - Fleurs bleues et treillis rouge losangé. Perles blanches aux intersections.
- Vitrail de saint Rémi (déambulatoire sud) - Fleurs bleues et treillis rouges losangé. Quadrilobes blancs aux intersections.
- Vitrail de saint Germain (déambulatoire nord) - Fleurs bleues - cœur rouge - et treillis rouge losangé. Quadrilobes blancs aux intersections.
- Vitrail de saint Antoine et Saint Paul ermite (déambulatoire sud) - Fleurs bleues - cœur rouge - et treillis rouge losangé. Perles blanches aux intersections.
- Vitrail de saint Jacques (déambulatoire nord) - Fleurs bleues et treillis rouge à motif circulaire. Quadrilobes blancs aux intersections.
- Vitrail de la vie de la Vierge (déambulatoire sud) - Fleurs bleues et treillis rouge à motif écaillé. Perles blanches aux intersections.
- Vitrail de saint Eustache (bas côté nord) - Magnifique composition de rinceaux à feuillage blanc/bleu/jaune/vert sur fonds rouge.
- Vitrail de saint Martin (déambulatoire sud) - Rinceaux à feuillage et grappes blanc/bleu/jaune/vert sur fonds rouge.
- Vitrail du zodiaque (déambulatoire sud) - L’un des fonds les plus complexes et probablement l’un des plus beaux…
- Vitrail de saint Lubin (bas-côté nord) - Damier avec alternance de quadrilobes rouges et bleus.
- Vitrail de saint Jean (bas-côté sud) - Fleurs bleu/or/blanc sur fonds rouge.
- Vitrail de saint Nicolas - 3 (déambulatoire sud - chapelle des confesseurs - oecuménique) - Ce décor à fleurs présente quelques ressemblances avec le précédent.
- Vitrail de saint Thomas (déambulatoire nord) - Cercles bleus sur fonds rouge.
- Vitrail de saint Pantaléon (déambulatoire nord - chapelle des martyrs - du voile) - Le réseau rouge prend la forme de grands quadrilobes.
- Vitrail de saint Théodore et saint Vincent (déambulatoire nord - chapelle des martyrs - du voile) - Identique au précédent, situé dans la même chapelle.
- Vitrail de saint Thomas Becket (déambulatoire sud - chapelle des confesseurs - œcuménique ) - Variante des précédents.
- Vitrail de sainte Marguerite et sainte Catherine (déambulatoire sud - chapelle des confesseurs - oecuménique) - Réseau rouge sur la base du losange, à motif de fleurs tréflées. On observera l’irrégularité du dessin, notamment le cœur rouge de chaque motif, qui évolue du carré au losange. Il y a également discontinuité au niveau des barlotières.
- Vitrail de saint Julien l’hospitalier (déambulatoire nord) - Tressage d’un réseau rouge et d’un réseau blanc.
- Vitrail du zodiaque (déambulatoire sud) - L’un des fonds les plus complexes et probablement l’un des plus beaux…
- Vitrail de saint Lubin (bas-côté nord) - Damier avec alternance de quadrilobes rouges et bleus.
- Vitrail de saint Jean (bas-côté sud) - Fleurs bleu/or/blanc sur fonds rouge.
- Vitrail de saint Nicolas - 3 (déambulatoire sud - chapelle des confesseurs - oecuménique) - Ce décor à fleurs présente quelques ressemblances avec le précédent.
- Vitrail de saint Thomas (déambulatoire nord) - Cercles bleus sur fonds rouge.
- Vitrail de saint Pantaléon (déambulatoire nord - chapelle des martyrs - du voile) - Le réseau rouge prend la forme de grands quadrilobes.
- Vitrail de saint Théodore et saint Vincent (déambulatoire nord - chapelle des martyrs - du voile) - Identique au précédent, situé dans la même chapelle.
- Vitrail de saint Thomas Becket (déambulatoire sud - chapelle des confesseurs - œcuménique ) - Variante des précédents.
- Vitrail de sainte Marguerite et sainte Catherine (déambulatoire sud - chapelle des confesseurs - oecuménique) - Réseau rouge sur la base du losange, à motif de fleurs tréflées. On observera l’irrégularité du dessin, notamment le cœur rouge de chaque motif, qui évolue du carré au losange. Il y a également discontinuité au niveau des barlotières.
- Vitrail de saint Julien l’hospitalier (déambulatoire nord) - Tressage d’un réseau rouge et d’un réseau blanc.
 
Bonus 410 en ligne
vitraux
sujet : "Saint Antoine, expressif"
L’hebdo vous fait régulièrement découvrir les vitraux, de façon rapprochée : détails de mise en scène, anecdotes relatives à la vie quotidienne au Moyen-Âge, visages transcrivant les émotions prêtées aux acteurs du récit… Il y a bien plus d’inventivité et de recherche psychologique, dans la peinture des expressions qu’on ne pourrait croire au premier abord. Avec quelques traits - puisque la grisaille ne permet pas davantage - le verrier donne un ton à son personnage avec la verve d’un caricaturiste : solennel, heureux, douloureux… La verrière de Saint Antoine et Saint Paul, située immédiatement à gauche de la Belle Verrière, dans le déambulatoire sud, est l’une des plus intéressantes. Sur le visage de Saint Antoine, en proie à toutes sortes de calamités, les expressions se succèdent.
- Une belle femme essaye de séduire l’ermite saint Antoine, qui s’est retiré au désert. Il parait plus 'attristé' de cette approche que rempli de désir…
- Le diable lui-même essaye - vainement - de le tenter. Antoine semble 'ahuri' devant ses promesses pernicieuses.
- Plusieurs démons attaquent son ermitage. Il les regarde, avec effarement, s’en prendre à l’édifice. Image retouchée par ordinateur pour dissimuler un collage.
- Saint Antoine a été blessé dans la démolition de sa cellule. On le voit allongé, au milieu des débris, le visage douloureux.
- Il est évacué du lieu du sinistre par l’un de ses compagnons. Il garde ce même regard 'absent'.
- Saint Antoine voit l’âme de son ami Paul, emmenée au ciel par des anges. La nouvelle de sa mort l’afflige profondément.
- Il assiste à l’enterrement de saint Paul, dont la tombe est creusée par deux lions. Il paraît pleurer, sa main sur la joue.
- Les panneaux du vitrail, dont sont extraits les différents visages du bonus.
 
Bonus 411 en ligne
vie d'une cathédrale
sujet : "veillée Pascale"
Sommet liturgique de l’année chrétienne, une célébration d’une extrême richesse - proclamation de la lumière du ressuscité, textes bibliques fondateurs en commençant par le récit de la création, sacrements du baptême et de l’eucharistie, symboles multiples – cierge pascal au premier rang d’entre eux. La cathédrale de Chartres devient un soir le lieu de l’expression des grandes vérités de la Foi au Christ.
- Le ‘feu nouveau’ vient à l’instant d’être allumé.
Frères bien-aimés, en cette nuit très sainte où notre Seigneur Jésus-Christ est passé de la mort à la vie, l'Église invite tous ses enfants disséminés de par le monde à se réunir pour veiller et prier
- Les fidèles s’assemblent et écoutent l’évêque.
Seigneur notre Dieu, par ton Fils qui est la lumière du monde tu as donné aux hommes la clarté de ta lumière ; Daigne bénir cette flamme qui brille dans la nuit ; Accorde-nous, durant ces fêtes pascales, de progresser dans la foi et de brûler de ton amour afin que nous puissions parvenir, avec un cœur pur, aux fêtes de l'éternelle lumière. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur
- Les fidèles viennent d’entrer dans la cathédrale. L’incandescence des brandons surprend quelques attardés.
- Durant la première partie de cette longue célébration, chaque fidèle tient un cierge allumé : le feu a été communiqué depuis le cierge pascal.
- Au premier rang du transept sud, plusieurs prêtres du diocèse de Chartres. Ils écoutent à ce moment le récit de la création de l’homme :
Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance”.
- Descente au baptistère de la crypte, sous la tour sud.
- Baptêmes d’adultes.
Saint Paul déclare aux chrétiens “Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. Revêtir le Christ, c’est ce que signifie la remise d’un vêtement au nouveau baptisé. Ce vêtement est blanc, comme celui du Christ en sa Transfiguration et comme celui des élus dans le ciel, selon l’Apocalypse.
- Les fidèles, depuis la tribune d’orgue, tenant leur cierge. À l’instant où les baptisés remonteront dans la nef, la cathédrale - soudainement - s’éclairera.
- Sept cierges symbolisent les sept jours de la création.
- À l’autel principal : le cierge pascal est hissé sur le grand chandelier. Les célébrants accueillent les baptisés, nouveaux ‘enfants de Dieu’.
- Une heure du matin. La résurrection est une fête : un groupe de jeunes chante et danse encore dans la cathédrale, qui s’est progressivement vidée des fidèles.
 
Bonus 412 en ligne
vitraux
sujet : "diables"
Il va sans dire que le diable a représenté, pour les hommes du Moyen-Âge, un motif d’effroi. Personne ne le voyait, mais sa présence paraissait évidente à chacun, aussi dissimulée qu’agissante. C’est lui qui faisait souffrir, provoquait les malheurs, incitait aux crimes et trahisons. Rien n’était assez terrible pour signifier sa monstruosité du mal, la difformité physique évoquant la perversion morale. Le diable a fait jouer l’imagination des artistes. On a quelque mal à faire la part du cauchemar éveillé - où se concentrent toutes les angoisses d’une époque - et d’un humour noir - qui met déjà à distance. Découvrez avec nous les plus beaux spécimens de la zone du narthex. Nous remercions Henri de FERAUDY, photographe des Amis de la cathédrale, pour avoir mis à disposition ces clichés qui respectent la richesse des couleurs.
ROSE OUEST / VERRIÈRE DES TENTATIONS DU CHRIST - Première verrière de l’étage supérieur - côté nord de la nef :
- un diable se penche vers la balance que tient saint Michel. Il semble vouloir influencer l’archange.
- un petit diable essaye de fausser les plateaux de la balance, dans laquelle on voit deux âmes attendre inquiètes le verdict de la pesée.
- un diable, armé d’une fourche, presse quelques damnés. Son sourire évoque la perversité. Aux pieds, des ailettes, empruntées sans doute à la représentation du dieu Mercure, l’idole païenne la plus répandue au cours des premiers siècles du christianisme. Le nombre des doigts de pied évolue – deux, trois: le ‘malin’, tout en lui ressemblant, s’éloigne des caractéristiques de l’humain.
- un diable emporte un damné.
- un diable prend un damné sur son épaule.
- détails des visages – hirsutes et caricaturaux.
- VERRIERE DES TENTATIONS DU CHRIST Première verrière du clair-étage (baies hautes) – côté nord de la nef > Restauration 1987 :
Dans le texte de l’évangile de Matthieu, le diable tente Jésus, après quarante jours de jeûne. Trois propositions lui sont formulées : transformer des pierres en pain, pour satisfaire sa faim ; se jeter du temple de Jérusalem, pour s’assurer que Dieu vient amortir sa chute ; s’incliner devant lui, pour obtenir un pouvoir illimité sur tous les royaumes du monde. À chaque tentation, Jésus refuse, citant la Bible (passages du Deutéronome). Le diable abandonne alors la discussion, des anges servant Jésus. Il s’agit à présent de troubler le fils de Dieu. Les ‘diables exécutants’ laissent place à leur chef - prince des ténèbres, d’une aussi haute stature que le Christ. On notera que cette verrière occupe, parmi les 109 verrières hautes de la cathédrale, une place identique à celle qu’occupent les trois panneaux des tentations à l’intérieur de ‘Notre Dame de la Belle Verrière’ : le diable est relégué au registre inférieur.
- le diable de la première tentation. Entre les griffes de ses pieds, on croit discerner l’une des pierres qu’il propose de changer en pain. Une flammèche sort de son côté : ainsi le démon consume ceux qui l’approche.
- le diable de la deuxième tentation. Toutes les caractéristiques de la représentation sont observables : cornes arquées, visage effilé, corps entièrement velu, ventre proéminent, pieds griffés.
- le diable de la troisième tentation.
- détails des visages.
 
Bonus 413 en ligne
sculptures
sujet : "Chartres-Paris-Amiens - vertus & vices"
Il n’est pas sans intérêt de comparer, ainsi que l’avait fait le grand Émile MÂLE, les mêmes scènes empruntées aux portails de plusieurs cathédrales. Nous comparerons la série des vices et vertus du portail sud de Chartres avec celle du portail du jugement - façade occidentale de Paris. Cette thématique est inspirée d’un texte de Prudence (vers 348 - vers 410). Peu à peu augmentée, elle prend au XIII° siècle sa forme définitive. Les figures symboliques, portant un blason alternent avec des scènes pittoresques : il semble plus aisé de représenter les travers du comportement humain, avec force anecdotes que ses conduites irréprochables. Vertus théologales…
- la Foi porte une croix (Paris) ou un calice (Chartres). L’idolâtrie se prosterne devant une idole.
À Chartres, la divinité païenne prend l’aspect d’une statue horrible, tenant une coupe remplie d’or, arborant un visage grimaçant au niveau du ventre et portant une queue finissant en gueule. La statue, résumant les perversions, est juchée sur un piédestal. À Paris, le sculpteur se limite à un médaillon en bas-relief.
- l’espérance (Paris/ Chartres) arbore une oriflamme : les guerriers qui la font flotter au cœur de la mêlée ont la conviction de remporter la victoire. Le désespoir se transperce d’une épée, de part en part. Peu importe si la scène n’est pas réaliste : elle s’impose par sa force d’expression. Le suicide est la dernière extrémité de la détresse morale : on se tue faute d’espérer une solution à ses problèmes.
- la charité porte une brebis. Elle partage son manteau avec un malheureux : celui-ci est dans le relief chartrain, tandis qu’il faut l’imaginer à Paris. L’avarice brasse les pièces de monnaie dans un coffre. À Paris, l’avarice fouille simultanément dans un sac, qu’elle tient serré contre sa poitrine.
- la chasteté tient un phénix enflammé sur son blason (Paris-Chartres). Cet animal mythique était connu pour renaître - intact - de ses cendres. La scène de Paris demeure prudemment symbolique : elle montre une femme portant une balance déséquilibrée. Le propos de Chartres, où un jeune homme s’approche d’une courtisane, est plus explicite, sans toutefois déroger aux bonnes mœurs.
- la prudence porte un serpent, enroulé autour d’un bâton - qui est resté jusqu’aujourd’hui l’emblème des médecins. Ce symbole - que l’on retrouve à Paris et à Chartres - est une allusion au texte de l’évangile selon saint Matthieu : "Soyez prudents comme des serpents et sages comme des colombes". La folie s’arme d’un bâton pour faire tomber les glands du chêne. Il ne le fait pas pour nourrir les porcs - ainsi qu’on le voit dans différentes figurations de la cathédrale - mais pour s’en nourrir personnellement. C’est le comble de l’abjection. À Paris, les restaurateurs ont eu quelque difficulté à comprendre la scène et à en restituer correctement les éléments : le bâton et le gland.
- l’humilité a une colombe sur son blason (Paris /Chartres). L’orgueil prend la forme d’un cavalier, trop prétentieux, qui est désarçonné de sa monture.
- cette représentation se retrouve dans les carnets de Villard de Honnecourt, maître d’œuvre du XIII° siècle, qui a œuvré sur plusieurs cathédrales. On voit à quel point son dessin sur parchemin se rapproche de la scène de Chartres.
 
Bonus 414 en ligne
sculptures
sujet : "Chartres-Paris-Amiens - vertus & vices"
l n’est pas sans intérêt de comparer, ainsi que l’avait fait le grand Émile MÂLE, les mêmes scènes empruntées aux portails de plusieurs cathédrales. Nous comparerons la série des vices et vertus du portail sud de Chartres avec celles du portail du jugement - façade occidentale de Paris et du portail du sauveur - façade occidentale d’Amiens. Cette thématique est inspirée d’un texte de Prudence (vers 348 - vers 410). Peu à peu augmentée, elle prend au XIII° siècle sa forme définitive. Les figures symboliques, portant un blason alternent avec des scènes pittoresques : il semble plus aisé de représenter les travers du comportement humain, avec force anecdotes que ses conduites irréprochables.
- la patience porte un bœuf (Paris/Amiens). La figure de Chartres est gravement endommagée. La colère prend la forme d’une femme qui brandit vigoureusement une épée face à un moine encapuchonné - qui lui demandait vraisemblablement aumône. À Paris et Amiens, la colère attaque le moine, tandis que celle de Chartres semble en rester au stade des menaces.
- la douceur (Paris/ Chartres/Amiens) arbore un mouton. La dureté - on pourrait dire la violence, assise fièrement sur un siège, repousse du pied un serviteur qui s’était agenouillé devant elle. Sans doute cette scène témoigne-t-elle aussi de l’arrogance d’une classe sociale : la maîtresse, coiffée d’un touret, appartient à l’aristocratie. À Chartres, plus qu’à Paris et Amiens, on peut apprécier comment le sculpteur a rendu les détails du siège - au point qu’un ébéniste contemporain aurait assez de renseignements pour en réaliser une réplique.
- la force (Paris/Chartres/Amiens) tient un écu un motif du lion. Il est armé : casque, glaive, cotte de maille. La lâcheté (ou la peur) donne lieu à l’une des scènes les plus amusantes. Un homme prend la fuite, lâchant son épée de surprise, après avoir entendu un bruit dans un arbuste. Entre les branches, prennent place un lièvre et une chouette (endommagés à Chartres - où l’on aperçoit néanmoins les pattes de l’animal). Les scènes font probablement allusion à un fabliau du Moyen-Âge. Pareil comportement représente - avec humour - le sommet de la couardise : le lièvre, qui détale à la moindre approche, est appelé ‘couard’ dans le roman de renard. Les sculpteurs de Chartres font preuve de réalisme : le lâche porte un fourreau vide à la ceinture. On pourrait caractériser les attitudes. Chartres semble tourner les talons ‘en douce’, tandis qu’Amiens bondit de frayeur.
- la concorde tient un rameau d’olivier sur son blason (Paris/Chartres). L’olivier a gardé sa signification jusqu’aujourd’hui. La discorde montre une ‘scène de ménage’. Le mari et la femme s’empoignent. Faut-il comprendre, avec le pichet tombé à terre, que l’homme serait saoul ?
- l’obéissance porte un chameau agenouillé (Paris/Chartres). Ce symbole, qu’on ne s’attendrait pas à trouver dans les sculptures des cathédrales gothiques, a pourtant le mérite de la clarté : rappelons que l’âne est, en occident, le principal animal de bât. La désobéissance gifle son évêque. On devine quelle gravité peut avoir ce geste dans une sculpture du XIII° siècle.
- la constance a une couronne sur son blason (Paris/Chartres). L’inconstance est pleine de pittoresque : un religieux se défroque à la porte de son monastère. Il rompt ainsi ses vœux perpétuels pour revenir à la vie ordinaire. Paris laisse entrevoir l’abbatiale, tandis que le sculpteur de Chartres a décrit avec force détail les ferrures des battants.
 
Bonus 415 en ligne
vitraux
sujet : "vitraux du XIII° siècle : les "bouche-trous""
Observer les détails d’une verrière, c’est parfois l’occasion unique de se rapprocher des artisans du Moyen-Âge, de comprendre leur travail, jusqu’à suivre leurs réflexions les plus pratiques - et parfois les plus étonnantes. Le maître verrier, vers 1210-1220, garde une réelle aversion pour le vide. Tout espace coloré assez important se doit d’être occupé. À vrai dire, le problème est facilement surmonté s’il s’agit d’une scène figurée : il suffit d’écarter les personnages ou de rajouter détails décoratifs ou autres ustensiles. Il en est autrement des ‘sous-sols’, où quelque végétal sert parfois à remplir le fonds bleu.
- Vitrail de Noé (1er bas-côté nord) - La construction de l’arche. Un petit arbuste aux feuilles violettes.
- Vitrail de Noé (1er bas-côté nord) - Malédiction de Cham. Deux rameaux croisés : le prototype de la plante ‘bouche-trou’.
- Vitrail de saint Thomas ( 1ère chapelle - déambulatoire nord) - Débarquement du saint en Inde. Innovation infime de l’artisan : les feuilles n’ont pas la même forme sur chaque rameau.
- Vitrail de Saint Nicolas (centre de la chapelle des confesseurs- déambulatoire sud) - Les trois enfants ressuscités devant les yeux de l’aubergiste et de sa femme. Les deux rameaux, plantés en terre, sont de couleur différente.
- Vitrail de Charlemagne (déambulatoire nord). Deux petites plantes, sous une ondulation évocatrice de la terre : paradoxal.
- Vitrail de saint Eustache (3ème bas côté nord) - Retrouvailles avec sa femme et ses enfants. Exceptionnellement, une plante sert à remplir un espace latéral, derrière un mur du palais.
- Vitrail de saint Nicolas (4ème bas côté nord) - Convalescence de la mère du saint, après l’accouchement. Sous le plancher, le maître verrier de saint Nicolas préfère utiliser une coupe, assez semblable à celle que porte la servante dans le même panneau - et que l’on trouve aussi sur le comptoir des donateurs du vitrail.
- Vitrail de saint Nicolas (4ème bas côté nord) - Saint Nicolas, enfant, refuse l’allaitement. Dans l’espace latéral, le chandelier sert manifestement à combler l’arrière-colonne.
- Vitrail de saint Julien l’hospitalier. Même problème et même solution : un pichet qui copie celui posé sur la table.
 
Bonus 416 en ligne
vitraux
sujet : "des visages méconnus"
Les verrières hautes de la nef sont traitées dans un esprit fort différent des verrières des bas-côtés, que tous les visiteurs ont loisir d’admirer. Au niveau du sol, les fenêtres laissent place à une ‘bande dessinée’. À 20 mètres de distance, la lisibilité suppose de grands personnages, conçus comme de véritables ‘posters’.
Quelques donateurs ont été disposés au bas des lancettes, qui montrent également plusieurs scènes de martyres (Étienne, Georges, Laurent…) et autres ‘incontournables’ de l’iconographie chrétienne (sacrifice d’Abraham, apparition du Christ à Marie-Madeleine, saint Martin partageant son manteau…).
L’essentiel de la superficie est occupée par d’immenses figures, représentées debout - et positionnées de face. Deux fois plus grands que nature, leurs visages ne manquent pas d’impressionner - même si une large majorité d’entre eux attendent une restauration prévue pour 2015/2018.
Suivez nous : suspendus sous les voûtes de la nef, face aux personnages :
- L’emplacement des panneaux détaillés
- Le prophète Daniel - restauré
- Le prophète Habacuc - restauré
- Le prophète Jonas - restauré
- Un apôtre non identifié
- Saint Calétric, évêque de Chartres
- Saint Étienne, diacre martyr
- Saint Georges, chevalier
- Saint Gilles, abbé
- Saint Jacques le majeur, apôtre - première version.
Ce cliché montre à quel point l’opacification du verre - due essentiellement aux dépôts de corrosion sur la face externe - finit par lui retirer toute lisibilité. Le dessin des yeux, qui est d’une extrême qualité, peut à peine se discerner au travers de la masse sombre que forme le visage entier
- Saint Jacques le majeur, apôtre - deuxième version
 
Bonus 417 en ligne
vitraux
sujet : "des visages méconnus"
Les verrières hautes de la nef sont traitées dans un esprit fort différent des verrières des bas-côtés, que tous les visiteurs ont loisir d’admirer. Au niveau du sol, les fenêtres laissent place à une ‘bande dessinée’. À 20 mètres de distance, la lisibilité suppose de grands personnages, conçus comme de véritables ‘posters’.
Quelques donateurs ont été disposés au bas des lancettes, qui montrent également plusieurs scènes de martyres (Étienne, Georges, Laurent…) et autres ‘incontournables’ de l’iconographie chrétienne (sacrifice d’Abraham, apparition du Christ à Marie-Madeleine, saint Martin partageant son manteau…).
L’essentiel de la superficie est occupée par d’immenses figures, représentées debout - et positionnées de face. Deux fois plus grands que nature, leurs visages ne manquent pas d’impressionner - même si une large majorité d’entre eux attendent une restauration prévue pour 2015/2018.
Imaginez vous à nouveau suspendus aux voûtes de la nef, face aux personnages :
- Saint Laumer, fondateur de l’abbaye de Corbion (Moûtiers au Perche - autrefois dans le diocèse de Chartres) / Vitrail Restauré
- Saint Laurent, martyr
- Saint Symphorien, martyr. On notera le nombre élevé de plombs de casse, qui empêchent de lire de façon satisfaisante les traits du visage - peints en grisaille
- Saint Nicolas - Trois vitraux légendaires de l’étage inférieur lui sont consacrés
- Saint Philippe, apôtre
- Saint Pierre, apôtre
- Sainte Foy, vierge et martyre. L’église paroissiale la plus proche de la cathédrale (aujourd’hui Galerie de Chartres) lui était dédiée
- Sainte Marie l’Égyptienne, pénitente - Vitrail restauré
- Marie -L’une des nombreuses représentations de Notre-Dame que compte évidemment la cathédrale. Du visage émane une grande douceur
 
Bonus 418 en ligne
histoires
sujet : "l'ancien diocèse de Chartres"
Au XIII° siècle, quand l’évêque de Chartres, Renaud de Mousson, lance les travaux de la cathédrale, son diocèse est l’un des plus vastes de France, comprenant plusieurs régions naturelles - disposant chacune d’importantes ressources : agricoles, artisanales et commerciales.
- Carte administrative du diocèse au Moyen-Âge. Il comprend six archidiaconés qui correspondent aux plus hautes dignités du chapitre cathédral :
- Grand archidiaconé : doyennés de Nogent, Brou, Auneau, Épernon, Courville et Rochefort
* Archidiaconé du Pincerais : doyennés du Pincerais et du Mantois
* Archidiaconé du Drouais : doyennés du Drouais et de Brezolles
* Archidiaconé du Dunois : doyennés du Dunois Percheron et de Châteaudun
* Archidiaconé de Vendôme
* Archidiaconé de Blois
- Correspondance entre le diocèse au Moyen-Âge et les départements actuels :
* 95% de l’Eure et Loir (sauf région de Janville - Toury)
* 70% des Yvelines (sauf régions de Chevreuse, Versailles et la rive nord de la Seine)
* 45% du Loir-et-Cher (arrondissements de Blois et Vendôme)
* 30% de l’Essonne (régions d’Angerville, Chalo-Saint-Mars, Dourdan)
* 10% de l’Orne (régions de Longny au Perche, Rémalard, Tourouvre)
* 5% du Loiret (région de Patay)
* 5% de la Sarthe (région de Montmirail)
- Les diocèses de France à la veille de la révolution - 1789. Le diocèse de Chartres était suffragant, à l’instar de Paris, Meaux, Orléans, Troyes, Auxerre et Nevers, de l’archevêché de Sens (Lyonnaise IV). Sont également indiqués sur la carte les archevêchés limitrophes, où de nombreuses cathédrales sont édifiées au XII-XIII° siècles : Reims, Amiens, Soissons, Laon, Noyon, Beauvais (Belgique I), Bourges (Aquitaine I), Le Mans (Lyonnaise III), Rouen, Bayeux, Sées, Coutances (Lyonnaise II)
- Carte du diocèse de Chartres ‘à l’usage du duc de Bourgogne’, par Alexis-Hubert Jaillot (1632-1712). La première édition de cette carte semble dater de 1693-94. Suite à la séparation de l’évêché de Blois, en 1696 - correspondant aux archidiaconés de Blois, Dunois et Vendôme, l’imprimeur parisien Pierre Mortier en fera paraître une nouvelle édition dès 1701
- Communes des Yvelines. En violet : les communes de l’ancien ressort du diocèse de Chartres
- Limites dans la région de Poissy - St Germain en Laye : selon la carte de Jaillot (1701) et selon la carte du Diocèse, prévôté et sélection de Paris par Sanson d’Abbeville (1650)
- Le diocèse de Chartres correspond - avec Orléans à l’ancienne cité gallo-romaine des Carnutes. Sur la carte de Peutinger, itinéraire romain dont une copie médiévale est conservée à Vienne : Chartres > Autricum ; Paris > Luteci ; Orléans > Cenabo. Sur la carte inspirée de Ptolémée et publiée par Hugues de la Porte - 1541 : Frontières du territoire Carnute. Chartres > Antrite ; Paris > Lutotecia ; Orléans > Cenabum.
- Bornes ouest de l’ancien diocèse. Le village de Malétable (Orne) : ancienne église et église bâtie au XIX° siècle
- Bornes est de l’ancien Diocèse. Le village de Villeconin (Essonne) : église et la poterne d’entrée du château
- Bornes sud de l’ancien diocèse. L’abbaye de Pontlevoy (Loir-et-Cher) : vue aérienne, chœur de l’abbatiale et bâtiment des moines
- Bornes nord de l’ancien diocèse. La collégiale de Mantes la Jolie (Yvelines) : depuis la rive opposée de la Seine, façade ouest.
 
Bonus 419 en ligne
vitraux
sujet : "Chartres-Bourges - vitrail du Bon samaritain"
Des ensembles de vitraux dans les cathédrales du XIII° siècle, le mieux conservé - et donc le plus vaste - est celui de Chartres. Vient après celui de Bourges, qui a aussi contribué à son classement au patrimoine mondial.
Ils sont presque contemporains : les vitraux légendaires de Chartres sont posés entre 1205 et 1225, tandis que ceux de Bourges le sont entre 1210 et 1240.
Il n’est pas sans intérêt de comparer les mêmes scènes empruntées aux verrières de ces deux cathédrales : on découvre que les maîtres verriers suivaient consciencieusement des modèles établis, qu’ils étaient pourtant capables de personnaliser.
Le ‘découpage’ de l’histoire est approximativement identique - ce qui suppose que les mêmes épisodes ont été retenus, éliminés ou compilés, pour aboutir à une ‘galerie’ d’environ 25 images. Un spectateur du XXI° siècle, qui s’est habitué à regarder des téléfilms, parlerait de ‘plans séquences’.
Voici donc le même ‘scénario’ dont s’emparent deux ‘réalisateurs’. Choix des décors et des costumes, placement des personnages, cadrage, jeu des acteurs - mouvement du corps et expression du visage : tout mérite l’attention. À ce jeu des sept différences, les variantes ont parfois la saveur du détail. À l’occasion, un ‘point de vue’ original laisse entrevoir la liberté du maître verrier ou l’idée du chanoine qui collabore avec lui : figurer, c’est déjà interpréter.
Le style a son importance : équilibre des couleurs et ligne graphique diffèrent sans qu’on puisse dire quel artisan l’emporte sur l’autre. Comparez : les vêtements, les édifices ou les arbres…
Le Bon Samaritain
- Le voyageur quitte la ville de Jérusalem. Le voyageur de Bourges croule sous un impressionnant chargement que n’a pas son homologue de Chartres.
- L’attaque du voyageur. La victime du traquenard est déshabillée d’une façon étonnement comparable. Les armes des brigands ont été changées (lance et épée pour Bourges ; épée et gourdin pour Chartres). Bourges fait preuve de pittoresque en montrant un brigand tenant les chausses du voyageur.
- Un prêtre et un lévite passent, sans s’occuper du voyageur. Chartres fait l’effort de bien différencier le lévite, qui est coiffé d’un capuchon. Le voyageur de Bourges ‘flotte’ en l’air, tandis que le verrier de Chartres lui a fait un ‘lit’ d’herbes hautes. Comme dans la scène précédente, les arbres de Bourges sont plus massifs, complexes et colorés.
- Le samaritain amène le voyageur chez un aubergiste. Chartres a choisi de développer cette scène sur deux panneaux : sans doute le verrier voulait-il donner assez de place à l’écurie, où les chevaux - selon une lecture typologique - représentent les quatre évangiles. Le voyageur de Chartres parvient à peine à se soutenir, tandis que celui de Bourges est droit sur sa monture.
- La création de l’homme. Peu de différences à première vue, si l’on excepte l’orientation du panneau. Bourges insiste pourtant sur un beau détail : l’homme émergeant de l’argile. Chartres lui répond par une autre image, tout aussi saisissante : Dieu communiquant à l’homme le souffle de vie.
- La création de la femme. Adam est en plein sommeil. Le maître verrier de Bourges a représenté Ève en ‘prière’, les mains jointes. Dieu fait un geste de bénédiction, ‘à distance’. À Chartres, il prend son avant bras et passe la main sur son visage : la scène suggère une création plus ‘tactile’. En réalité, il s’agit probablement de deux moments successifs de l’histoire, le panneau de Chartres précédant celui de Bourges.
- Dieu appelle Adam et Ève. Dieu est debout sur le panneau de Bourges, alors que Chartres ne figure que sa main, surgissant d’en haut. Les gestes font apparaître des différences significatives. L’Adam de Bourges désigne ostensiblement sa compagne, qui elle-même proteste de son innocence. À Chartres, ces derniers semblent plutôt incriminer le démon tentateur.
- Adam et Eve sont chassés du paradis. Un ange à l’épée flamboyante garde la porte. C’est au tour de Bourges d’utiliser deux panneaux où Chartres ne se sert que d’un seul. Dans la version ‘élargie’ de Bourges, Dieu intervient pour désigner la sortie.
 
Bonus 420 en ligne
vitraux
sujet : "Chartres-Bourges - vitrail de Saint Nicolas"
Des ensembles de vitraux dans les cathédrales du XIII° siècle, le mieux conservé - et donc le plus vaste - est celui de Chartres. Vient après celui de Bourges, qui a aussi contribué à son classement au patrimoine mondial.
Ils sont presque contemporains : les vitraux légendaires de Chartres sont posés entre 1205 et 1225, tandis que ceux de Bourges le sont entre 1210 et 1240.
Il n’est pas sans intérêt de comparer les mêmes scènes empruntées aux verrières de ces deux cathédrales : on découvre que les maîtres verriers suivaient consciencieusement des modèles établis, qu’ils étaient pourtant capables de personnaliser.
Le ‘découpage’ de l’histoire est approximativement identique - ce qui suppose que les mêmes épisodes ont été retenus, éliminés ou compilés, pour aboutir à une ‘galerie’ d’environ 25 images. Un spectateur du XXI° siècle, qui s’est habitué à regarder des téléfilms, parlerait de ‘plans séquences’.
Voici donc le même ‘scénario’ dont s’emparent deux ‘réalisateurs’. Choix des décors et des costumes, placement des personnages, cadrage, jeu des acteurs - mouvement du corps et expression du visage : tout mérite l’attention. À ce jeu des sept différences, les variantes ont parfois la saveur du détail. À l’occasion, un ‘point de vue’ original laisse entrevoir la liberté du maître verrier ou l’idée du chanoine qui collabore avec lui : figurer, c’est déjà interpréter.
Le style a son importance : équilibre des couleurs et ligne graphique diffèrent sans qu’on puisse dire quel artisan l’emporte sur l’autre. Comparez : les vêtements, les édifices ou les arbres…
Saint Nicolas
- La mère de saint Nicolas reprend ses forces après l’accouchement. Les deux scènes font preuve d’un parallélisme évident. À Chartres, la coupe que porte la servante est remplie de fruits, tandis qu’elle est curieusement vide à Bourges.
- Saint Nicolas - qui n’a pas un an - se tient debout. À Chartres, on lui donne son bain - anecdote que reprend quelques décennies plus tard la légende dorée de Jacques de Voragine mais que Bourges semble pourtant ignorer. Le maître verrier de Chartres se fait une spécialité du décor à arcatures, que l’on retrouve à chaque panneau. Trois détails y sont ajoutés, par rapport à Bourges : les tentures pendantes aux colonnes, le trèfle au sommet des voûtes, l’élégant pavillon à fronton triangulaire qui occupe l’espace laissé libre.
- Saint Nicolas va à l’école. Dans les deux vitraux, le maître tient une férule. Sur le livre de Bourges, on lit un alphabet. À Chartres, quelques signes informes laissent entendre que le maître verrier est analphabète.
- Un aubergiste assassine les trois jeunes étudiants qui venaient suivre l’enseignement de Saint Nicolas. L’évêque les fera revenir à la vie. Bourges utilise deux panneaux, tandis que Chartres ne fait usage que d’un seul. À vrai dire, un panneau et demi auraient fait le compte : la composition de Bourges est trop étirée et celle de Chartres trop compacte.
- Un jeune enfant tombe à l’eau, attiré par le diable. Il remplissait d’eau une coupe précieuse que ses parents avaient destinée à saint Nicolas, avant de préférer la conserver pour leur propre usage. Le diable de Chartres utilise un crochet, tandis que celui de Bourges agrippe l’enfant. La gestuelle de Bourges ne manque pas de réalisme, le père et la mère de l’enfant gesticulant sous l’effet de la panique. Par contraste, ceux de Chartres sont étrangement ‘intériorisés’.
- Les parents prient devant l’autel. À côté de saint Nicolas, l’enfant est vivant - portant la coupe.
La mise en scène est sensiblement différente. À Chartres, l’évêque attend derrière l’autel, arborant un sourire doux et confiant. À Bourges, il arrive dans le dos des parents. Une joie profonde se lit sur le visage de sa mère, qui se retourne de surprise.
 
Bonus 421 en ligne
vitraux
sujet : "Chartres-Bourges - vitrail de Joseph"
Des ensembles de vitraux dans les cathédrales du XIII° siècle, le mieux conservé - et donc le plus vaste - est celui de Chartres. Vient après celui de Bourges, qui a aussi contribué à son classement au patrimoine mondial.
Ils sont presque contemporains : les vitraux légendaires de Chartres sont posés entre 1205 et 1225, tandis que ceux de Bourges le sont entre 1210 et 1240.
Il n’est pas sans intérêt de comparer les mêmes scènes empruntées aux verrières de ces deux cathédrales : on découvre que les maîtres verriers suivaient consciencieusement des modèles établis, qu’ils étaient pourtant capables de personnaliser.
Le ‘découpage’ de l’histoire est approximativement identique - ce qui suppose que les mêmes épisodes ont été retenus, éliminés ou compilés, pour aboutir à une ‘galerie’ d’environ 25 images. Un spectateur du XXI° siècle, qui s’est habitué à regarder des téléfilms, parlerait de ‘plans séquences’.
Voici donc le même ‘scénario’ dont s’emparent deux ‘réalisateurs’. Choix des décors et des costumes, placement des personnages, cadrage, jeu des acteurs - mouvement du corps et expression du visage : tout mérite l’attention. À ce jeu des sept différences, les variantes ont parfois la saveur du détail. À l’occasion, un ‘point de vue’ original laisse entrevoir la liberté du maître verrier ou l’idée du chanoine qui collabore avec lui : figurer, c’est déjà interpréter.
Le style a son importance : équilibre des couleurs et ligne graphique diffèrent sans qu’on puisse dire quel artisan l’emporte sur l’autre. Comparez : les vêtements, les édifices ou les arbres…
Joseph
- Le songe de Joseph. Les gerbes des champs que liaient les membres de sa famille s’inclinent face à la sienne, qui se tient debout. Plus avant, le soleil, la lune et onze étoiles se prosternent devant lui. Les chanoines de Bourges mettent en scène la vision des gerbes, qu’ignorent visiblement ceux de Chartres. Ces derniers se focalisent sur la vision cosmique dont il propose une lecture différente : le ciel est délimité par un double cordon blanc (nuées) et rouge (aura divine).
- Jacob envoie Joseph rejoindre ses frères. Comme dans la scène précédente, le maître chartrain donne plus d’importance au décor architectural - figurant la porte de la maison, dont Joseph a déjà franchi le seuil. À Bourges, Joseph porte dans le revers de son manteau plusieurs pains ronds - ce que n’explicite pas le texte de la Genèse. À Chartres, les miches adoptent une couleur rouge, tandis qu’il tient une cruche verte de l’autre main. Joseph est une préfigure du Christ. Ainsi faut-il voir dans ce détail une évocation de l’eucharistie : pain et vin évoquent à la fois son sacrifice (rouge) et sa résurrection (vert).
- Les frères de Joseph complotent entre eux. Chartres et Bourges se laissent tous deux aller aux moutons… roses. La différence vient des plans successifs de pâturages, qui sont à l’honneur du verrier chartrain : vert, jaune, bleu, rouge offrent des contrastes saisissants ainsi qu’une impression de perspective.
- Les frères de Joseph le précipitent dans une citerne. Les deux scènes sont assez identiques. Tout au plus, peut-on observer, à Chartres, une propension à disposer symétriquement les personnages, que l’on retrouve dans plusieurs autres panneaux du vitrail.
- Les frères de Joseph viennent annoncer à Jacob son prétendu décès. Il aurait été dévoré par une bête féroce, comme en témoigne sa tunique couverte de sang. Si le visage de Jacob apparaît aussi douloureux à Bourges qu’à Chartres, il en est bien autrement de celui qui porte la tunique : il fait preuve à Chartres d’une souffrance ostentatoire - parfaitement caricaturée - que n’a pas son homologue de Bourges. Par ailleurs, le maître verrier chartrain a su jouer des effets du verre fouetté - rouge et blanc - pour donner l’impression d’un tissu tâché : détail technique qui aide à la compréhension du récit.
- Le rêve de pharaon. Les vaches maigres et les vaches grasses, annonciatrices des années d’abondance et de disette. La scène de Chartres, qui s’étend sur deux panneaux, plante abondamment le décor : porte d’entrée du palais de pharaon, baldaquin de cérémonie, lampe suspendue, chandeliers - au pied et au chevet du lit. Du côté des vaches, les deux prés contrastent avec le fond bleu.
- L’Égypte, au cours des années d’abondance, remplit ses greniers de céréales. Le vitrail de Bourges montre Joseph - ordonnant aux serviteurs de déverser les sacs. Il est absent du vitrail de Chartres.
- L’intendant de Joseph trouve, dans le sac de Benjamin, la coupe précieuse que Joseph y avait caché. Cet incident lui permet de vérifier la solidarité de la fratrie. Nous avons probablement à faire à deux moments successifs. À Bourges, l’intendant - surpris - trouve la coupe ; Benjamin est encore monté sur son chameau. À Chartres, il montre - accusateur - l’objet à Benjamin qui vient de descendre de sa monture.
 
Bonus 422 en ligne
vitraux
sujet : "Chartres-Bourges - vitrail du Fils prodigue"
Des ensembles de vitraux dans les cathédrales du XIII° siècle, le mieux conservé - et donc le plus vaste - est celui de Chartres. Vient après celui de Bourges, qui a aussi contribué à son classement au patrimoine mondial.
Ils sont presque contemporains : les vitraux légendaires de Chartres sont posés entre 1205 et 1225, tandis que ceux de Bourges le sont entre 1210 et 1240.
Il n’est pas sans intérêt de comparer les mêmes scènes empruntées aux verrières de ces deux cathédrales : on découvre que les maîtres verriers suivaient consciencieusement des modèles établis, qu’ils étaient pourtant capables de personnaliser.
Le ‘découpage’ de l’histoire est approximativement identique - ce qui suppose que les mêmes épisodes ont été retenus, éliminés ou compilés, pour aboutir à une ‘galerie’ d’environ 25 images. Un spectateur du XXI° siècle, qui s’est habitué à regarder des téléfilms, parlerait de ‘plans séquences’.
Voici donc le même ‘scénario’ dont s’emparent deux ‘réalisateurs’. Choix des décors et des costumes, placement des personnages, cadrage, jeu des acteurs - mouvement du corps et expression du visage : tout mérite l’attention. À ce jeu des sept différences, les variantes ont parfois la saveur du détail. À l’occasion, un ‘point de vue’ original laisse entrevoir la liberté du maître verrier ou l’idée du chanoine qui collabore avec lui : figurer, c’est déjà interpréter.
Le style a son importance : équilibre des couleurs et ligne graphique diffèrent sans qu’on puisse dire quel artisan l’emporte sur l’autre. Comparez : les vêtements, les édifices ou les arbres…
Fils prodigue - 1
- Le fils cadet réclame à son père sa part d’héritage pour quitter le foyer. La mort dans l’âme ce dernier lui remet une coupe remplie de pièces d’or. À Bourges comme à Chartres, un coffre occupe l’arrière plan, grand ouvert, suggérant que le père vient d’en retirer la somme remise à son fils. La psychologie ne manque pas d’intérêt : le père, profondément ennuyé à Bourges, garde à Chartres une attitude digne où perce la tristesse.
- Le fils aîné, qui garde les troupeaux, voit la scène - qui suscite son indignation. La similitude entre les deux panneaux ne manque pas d’étonner. Il n’y a que le nombre des bœufs, la position et la gestuelle de l’acteur qui diffère légèrement : à quel modèle commun les maîtres verriers se sont-ils référés ?
- Le ‘fils prodigue’ part de la maison paternelle, à cheval. Il est accompagné d’un serviteur. Le serviteur abandonne son chapeau plat pour un capuchon. Le détail le plus intéressant concerne les animaux : un faucon au poing dans le vitrail de Bourges, un petit chien sur la croupe du cheval dans le vitrail de Chartres.
- On fait la fête au fils prodigue, à l’intérieur d’une maison close. Une prostituée l’embrasse, tandis qu’une autre le couronne de fleurs. Ce rituel était d’usage, dans les campagnes, quand on voulait honorer des jeunes mariés qui avaient consommé leur nuit de noces. La scène est plus explicite à Bourges, où l’arrière-plan est occupé par un lit, qu’à Chartres, où on s’en tient à l’entrée de la maison. Dans le panneau de Bourges, on notera que le revers du manteau est fourré d’hermine - preuve que le fils prodigue dépense son argent dans des choses futiles. Ce détail apparaît sur le panneau n°1 de Chartres.
- Le fils prodigue joue aux dés et y perd le reste de ses économies. Il doit déjà abandonner sa tunique à son adversaire. À Chartres, on a décrit le jeu du dringuet : les dés sont jetés sur un échiquier, les cases noires ou blanches affectant leur valeur au terme d’une règle complexe. À Bourges, le plateau est circulaire à couleur unie : des pièces d’or y ont été misées. Le maître verrier ajoute le décor d’un cabaret : tonneau, chope et timbale.
- Le fils prodigue, sans ressource, est mis dehors la maison close. Une prostituée le repousse à coups de bâton. Il y a bien plus d’expressivité dans le vitrail de Chartres - tout à la fois la morgue de la prostituée et la détresse du fils prodigue.
 
Bonus 423 en ligne
vitraux
sujet : "Chartres-Bourges - vitrail du Fils prodigue"
Des ensembles de vitraux dans les cathédrales du XIII° siècle, le mieux conservé - et donc le plus vaste - est celui de Chartres. Vient après celui de Bourges, qui a aussi contribué à son classement au patrimoine mondial.
Ils sont presque contemporains : les vitraux légendaires de Chartres sont posés entre 1205 et 1225, tandis que ceux de Bourges le sont entre 1210 et 1240.
Il n’est pas sans intérêt de comparer les mêmes scènes empruntées aux verrières de ces deux cathédrales : on découvre que les maîtres verriers suivaient consciencieusement des modèles établis, qu’ils étaient pourtant capables de personnaliser.
Le ‘découpage’ de l’histoire est approximativement identique - ce qui suppose que les mêmes épisodes ont été retenus, éliminés ou compilés, pour aboutir à une ‘galerie’ d’environ 25 images. Un spectateur du XXI° siècle, qui s’est habitué à regarder des téléfilms, parlerait de ‘plans séquences’.
Voici donc le même ‘scénario’ dont s’emparent deux ‘réalisateurs’. Choix des décors et des costumes, placement des personnages, cadrage, jeu des acteurs - mouvement du corps et expression du visage : tout mérite l’attention. À ce jeu des sept différences, les variantes ont parfois la saveur du détail. À l’occasion, un ‘point de vue’ original laisse entrevoir la liberté du maître verrier ou l’idée du chanoine qui collabore avec lui : figurer, c’est déjà interpréter.
Le style a son importance : équilibre des couleurs et ligne graphique diffèrent sans qu’on puisse dire quel artisan l’emporte sur l’autre. Comparez : les vêtements, les édifices ou les arbres…
Fils prodigue - 2
- Le fils prodigue, qui est ruiné, va s’employer chez un homme riche, pour garder ses porcs. Chartres utilise deux panneaux, qui permettent de détailler le récit. Dans le premier, qui prend place à l’intérieur d’une maison, on assiste à la transaction passée entre l’employeur et le jeune homme : au Moyen-Âge, la poignée de main a valeur contractuelle. Dans le second, une scène des champs, le fils prodigue, affamé, tente de faire tomber les fruits d’un caroubier, pour se procurer la même nourriture que les porcs. Ce détail est simplement suggéré dans le panneau de Bourges, avec la présence, en arrière-plan, d’un arbre et de quelques bêtes.
- Le fils prodigue pense, avec une profonde nostalgie, au temps où il habitait chez son père. Il médite de repartir chez lui - et d’implorer l’humble travail d’un serviteur. Il y a une étrange similitude entre la position qu’adopte le chien de garde - à Chartres - et la chèvre qui broute les feuilles de l’arbre - à Bourges. À nouveau, le maître verrier de Bourges fait erreur au moment de peindre les animaux : ce sont des moutons à la place des porcs.
- Le fils prodigue retrouve son père. La scène de Chartres l’emporte par son authenticité : retenue, dignité des attitudes et intensité des regards : l’embarras du fils et la joie du père - qui illumine son visage. Il s’agit d’un instant : quand tous deux s’aperçoivent. La scène ‘précède’ celle de Bourges, où père et fils s’embrassent spontanément Le père a demandé qu’on apporte une tunique neuve : le serviteur qui l’apporte apparaît dans le panneau de Bourges, tandis qu’il est repoussé plus loin dans le vitrail de Chartres.
- Le fils aîné revient des champs. La discussion s’anime. S’offusquant des largesses accordées par son père, il lui rappelle sa propre fidélité, vérifiable au fil des jours, et qui n’a jamais fait l’objet d’une récompense. On appréciera le jeu des mains, très expressif. À regarder de plus près, l’attitude du fils aîné de Bourges semble plus vindicative : celui de Chartres marque surtout son désappointement.
- Le repas de retrouvailles. On croit comprendre que les deux fils participent au banquet. Le ton festif est donné par la présence d’un violoniste : il apparait dans le panneau de Bourges - en deuxième niveau, tandis qu’il occupe un autre panneau dans le vitrail de Chartres.
 
Bonus 424 en ligne
insolite
sujet : "la cathédrale vue du ciel"
- Depuis une montgolfière - vue du quartier de la cathédrale. Il s’agit probablement de la première vue aérienne de la cathédrale. L’analyse détaillée de la gravure permet de dater le document : 1849. La ligne de chemin de fer est inaugurée depuis quelques mois, tandis que les maisons qui accostent le bas-côté sud sont encore visibles pour peu de temps. On prêtera attention aux bâtiments de l’Hôtel Dieu, au pied de la flèche sud.
- Hubert Latham, un des pionniers de l’aviation, passe à proximité de la cathédrale. La carte postale est éditée quelques jours après l’exploit, en août 1910. L’année précédente, Louis Blériot accomplissait la première traversée de la Manche.
- Clichés ‘Aérophotos’ - vers 1930.
Plusieurs observations permettent de dater la photographie : la nouvelle gare de chemin de fer est inaugurée en 1933, le terminal des tramways d’Eure-et-Loir (près de la poste - actuelle médiathèque) est désaffecté en 1937. Le parvis de la cathédrale demeure vierge de tout aménagement paysager.
- Au-dessus de la base aérienne de Chartres, atterrissage d’un biplan. À l’horizon, la silhouette de la cathédrale.
- ‘Life’ - vers 1950. Le magazine réutilise, à l’occasion d’un article consacré à la vie religieuse et culturelle du sanctuaire, l’un des clichés d’Aérophotos.
- Côté sud, côté nord et façade principale de la cathédrale - vers 1970. Les vues aériennes de la cathédrale deviennent plus courantes. Nombreuses sont celles dues aux activités de l’aéro-club chartrain.
- En couleur, côté nord et côté sud de la cathédrale - vers 1975. Ces clichés seront largement utilisés par les guides touristiques au cours des deux décennies suivantes.
- Clichés pris à l’aplomb de la cathédrale - 2008. Ce point de vue permet une compréhension plus exacte du plan de l’édifice - notamment le positionnement des arcs-boutants en périphérie de la nef, du transept et du chœur.
 


Cathédrale de Chartres 2017 - Tous droits réservés - Crédits - Visiter la Cathédrale de Chartres - Photos Cathédrale de Chartres - Vitraux Chartres