Les trois panneaux datables du XII° siècle, où la Vierge se détache en bleu sur fonds rouge, ont été remontés au XIII° siècle dans une verrière plus importante, au déambulatoire sud

Les trois panneaux datables du XII° siècle, où la Vierge se détache en bleu sur fonds rouge, ont été remontés au XIII° siècle dans une verrière plus importante, au déambulatoire sud.
 
Le contraste est évident, tant par le jeu des couleurs que par celui des dessins - où le hiératisme et les plis secs de la scène centrale contraste avec le graphisme plus fluide des autres panneaux.
 
On a beaucoup écrit sur cette Vierge, dont la translucidité a alimenté l’œuvre de nombreux écrivains et demeure une proclamation définitive du pouvoir de la lumière, dans ses dimensions esthétiques et mystiques.
 
Rappelons le nombre surprenant de symboles que contiennent les ajouts du XIII° siècle et qui ajoutent à la théologie mariale.
- Marie est celle qui reçoit l’Esprit Saint, sous forme d’une colombe
- Marie est ‘porte du ciel’, sous une arcature
- Marie est image de l’Église spirituelle, comme le suggère l’édifice qui la surmonte
- Marie est la nouvelle Arche d’Alliance, accueillant en son sein la présence divine, comme l’Arche la renfermait : elle est soutenue par quatre anges portant les piliers du Saint des Saints, qui étaient à l’intérieur du temple de Jérusalem
- Marie est entourée d’étoiles, laissant entendre qu’elle est la femme de l’Apocalypse
- Marie est couronnée : reine de l’humanité terrestre, présente au ciel
- Marie est digne d’être louée - éclairée et encensée - par une cohorte d’anges
Les scènes de la tentation et de Cana occupent le bas de la fenêtre : celle par qui arrive le salut - et qui contribue à terrasser le mal ; celle qui établit un lien entre le Christ et les hommes : “Faites tout ce qu’il vous dira”.