L’apocalypse, avec figuration des symboles des évangélistes (dit aussi tétramorphe) apparait sur plusieurs tympans du sud de la France, avant d’entrer au répertoire du portail royal (en bas - à gauche)

L’apocalypse, avec figuration des symboles des évangélistes (dit aussi tétramorphe) apparait sur plusieurs tympans du sud de la France, avant d’entrer au répertoire du portail royal (en bas - à gauche). Elle est réservée à la baie centrale, représentant l’aboutissement logique d’un programme iconographique complexe et cohérent, centré sur la personne christique. Son retour à la fin des temps, suit deux autres étapes : l’incarnation et l’ascension, respectivement décrits dans les tympans droite et gauche.
 
Sans doute faut-il comprendre le portail royal comme une amplification des programmes antérieurs : dans un sens rétrospectif, appuyé sur une lecture théologique issus des évangiles.
 
On a placé en regard trois exemples, appartenant à des écoles régionales distinctes : Saint-Trophime d’Arles (en haut - gauche), Moissac (en haut - droite) et Charlieu (en bas - droite). Moissac et Charlieu appartiennent à la génération qui précède Chartres (1110-1140), Arles (v. 1180) étant l’héritier de la tradition provençale.
Autant leur thématique est rigoureusement commune, autant ils diffèrent par la conception de l’espace et du relief. Si aucun n’évoque parfaitement le style du portail royal, on voit facilement ce que ce dernier a pu emprunter à chacun d’eux. Il apparaît que les sculpteurs de Chartres ont procédé par compilation, empruntant aux différentes écoles régionales de l’art roman ses réussites les plus évidentes et aboutissant ainsi à une synthèse qui préfigure l’évolution internationale de l’art gothique. Sans doute faudrait-il nuancer ce point de vue en prenant en compte le génie personnel, l’aspect intuitif des évolutions et la progressivité de l’assimilation.