Il ne faudrait pas croire que le modèle chartrain (à gauche) ait régné sans partage au cours des décennies qui ont suivi la construction du portail royal

Il ne faudrait pas croire que le modèle chartrain (à gauche) ait régné sans partage au cours des décennies qui ont suivi la construction du portail royal, ainsi qu’un témoigne cette sélection d’apôtres et prophètes. Une statue déposée à Cluny et que l’on dit provenir de Saint-Pierre de Montmartre (au centre - gauche), exécutée vers 1160, témoigne d’un sens assumé du volume, sans rapport avec l’expérience des sculpteurs de Chartres, qui s’occupent de linéarité.
À Autun, vers 1150, l’édicule consacré au tombeau de saint Lazare a laissé plusieurs sculptures, telle une figuration en pied de Saint André, visible au Musée Rolin (au centre - droite). Tous les détails d’exécution sont authentiquement romans, de même que la plastique générale. Pourtant, il se dégage de cette œuvre prodigieuse un sens de réalisme qui est encore inconnu à ceux qui travaillent aux statues colonnes de Chartres.
À Saint-Jacques de Compostelle, trente ans plus tard, maître Matthieu réalise, sans contact direct avec la France, des statues où l’impression de mouvement prend l’allure d’une véritable révolution.