Enseigne de pèlerinage - fin du XIII° siècle

Enseigne de pèlerinage - fin du XIII° siècle.
 
Conservée au musée Carnavalet (Paris). Découverte par Arthur Forgeais dans le lit de la Seine au XIX° siècle. Alliage de plomb. Hauteur env. 5 cm.
 
L’avers figure la vierge en majesté. Elle est coiffée d’une couronne fleurdelisée et porte sur la poitrine un médaillon : sans doute un fermail qui maintient un large manteau couvrant les épaules. Elle tient également une fleur de lys de la main gauche. De l’autre côté, elle porte sur ses genoux l’enfant Jésus. Il lève la main en signe de bénédiction.
Un personnage agenouillé, en prière, est également représenté. Légende : S Beate Maria Carnote(n)sis [Bienheureuse Sainte Marie de Chartres]
 
Le revers, contrairement à la majorité des enseignes de pèlerinage, cousues sur la poitrine ou au revers du chapeau, porte aussi un décor. On y voit la sainte chemise, déployée, et au-dessus le reliquaire qui la contenait. Au-dessous, le denier chartrain apparait comme un signe d’authentification : l’enseigne était vraisemblablement fondue à Chartres.
 
On voit ainsi, sur le même souvenir, les deux objets de dévotion majeurs de la cathédrale : la statue de la Vierge et la sainte chemise.
 
Cette enseigne possède de petits annelets, pour la coudre au vêtement, et sa forme de pignon évoque celle d’un reliquaire. Elle attestait de l’accomplissement du pèlerinage et faisait bénéficier le marcheur de sa protection. C’était aussi un moyen, au quotidien, de garder un lien spirituel avec le sanctuaire.