Bataille en Espagne - le guerrier sarrasin porte un haubert, dont on distingue parfaitement l’imitation des mailles, et non une broigne à écailles comme cela devrait être

Bataille en Espagne.
Le guerrier sarrasin porte un haubert, dont on distingue parfaitement l’imitation des mailles - et non une broigne à écailles comme cela devrait être. Le peintre auquel est confiée la grisaille fait ainsi une curieuse entorse aux codes 'signalétiques' qui permettent de différencier visuellement les camps adverses. Consigne erronée à l’intérieur de l’atelier ?
 
Si l’on y regarde de plus près, l’habit du guerrier sarrasin est frangé selon le modèle des broignes à écailles, avec un galon orné de palmettes. Est-ce à dire que le peintre avait commencé correctement son dessin pour se laisser ensuite aller à une étourderie ?
 
De plus près encore, un cliché haute définition permet de voir deux écailles, tout près du col. Le peintre avait donc commencé à faire des écailles, durant à peine vingt secondes - avant de changer son parti. Dérangé dans son travail ? Embrouillé par un confrère ? Nous ne saurons jamais. Reste un instant de vie dans l’atelier, tout à la fois banal et drôle, aux alentours de l’année 1215.