Sur les piles avancées du porche nord, le Moyen-Âge imaginatif a fait des merveilles.
Plus de cent cadres rectangulaires (de hauteur et de longueur diverses, en fonction du support architectural) y sont décorés avec un soin remarquable, sans que jamais n’entrent en jeu des personnages animés - humains ou animaux.
 
Il faut parfois se mettre 'du côté' du sculpteur. C'est-à-dire ? Appréhender la banque d’image (à la façon d’un glossaire) qu’il tient enfermé dans sa tête, mêlé de beaucoup de déjà-vu et d’un peu d’inspiration personnelle : réservoir où il revient puiser avec gourmandise.
 
Trois sources principales s’imposent. La première d’entre elles est la plus évidente : la nature. Disons le tout net : le sculpteur s’arrête parfois sur le bord d’un chemin et y regarde les herbes des champs.
La deuxième vient des arts décoratifs. Entendons par là tous les vêtements et les meubles : l’artisan du tissu ou du bois, qu’il travaille pour le paysan ou le souverain, n’est jamais à court d’idées - que l’on peut récupérer.
La troisième est la moins immédiate et la plus 'savante' : c’est le travail de géométrie auquel se livrent leurs collègues 'architectes'.
 
De toutes ces influences, le sculpteur fait son métier, avec une spontanéité réjouissante aux yeux du XXI° siècle. On arrive parfois à suivre ses réflexions : "et si la petite fleur sympathique que j’ai faite en début de semaine, je la rentrais dans la rosace que j’ai réussie le mois dernier, en reprenant la bordure que m’a montré mon ami Jean ?"
 
Revue de détail. Premier volet : du naturel à l’ornemental.