La redécouverte du haut chœur, suite à la rénovation des enduits polychromes datant du XIII° siècle, a complètement transfiguré notre regard sur la cathédrale.
 
Un véritable choc qui n’était en réalité qu’une confrontation à l’édifice authentique : les parements apparaissent en fausses pierres ocres, qui donnent une tonalité chaleureuse à l’édifice ; les colonnes et arcs - soit les éléments structurants - sont surlignés d’un blanc, dont les profils accrochent la lumière. Le XIII° siècle, loin de s’attacher au matériau brut, 'mettait en scène' l’architecture, l’idéalisant pour mieux laisser imaginer la nature spirituelle de la Jérusalem céleste.
 
Toute la perception des volumes changeait, même si les travaux ne se limitaient encore qu’à une partie du monument. Apparaissait une cathédrale finalement plus gothique qu’on ne l’aurait pensé - soit aérienne, lumineuse et démonstrative.
 
Drôle de moment. Entre la nostalgie compréhensible de la cathédrale d’avant, celle dont Huysmans, Péguy parmi d’autres avaient décrit avec tant de pénétration l’ambiance si particulière et l’émerveillement inévitable devant cette cathédrale d’après, celle dont le chapitre de Notre-Dame de Chartres, en 1194, avait conçu le projet grandiose, porté par l’élan manifeste de la foi, l’énergie déterminée des bâtisseurs et l’explosion du génie artistique - projet qui apparaît aujourd’hui plus évident que jamais.
 
Les moments clés :