Le cycle des travaux des mois - fréquemment intercalés avec les signes du Zodiaque identifiant chacun des douze mois de l’année - était très en faveur pendant tout le Moyen-Âge, y compris dans l’iconographie chrétienne.
Évoquons-en quelques significations : le plaisir qu’avait le peuple à se ‘voir’ au quotidien, dans une maison de Dieu qui l’accueillait ; le rappel d’une création que Dieu a dictée et qu’il maîtrise, puisqu’il y choisit notamment le mouvement des astres ; la sacralisation du travail humain - pierre apportée par le paysan à la prolongation du dessein divin, issu de la fondation du monde.
 
On voit apparaître les travaux des mois sur certains manuscrits du XI° siècle. On les retrouve encore sur plusieurs enluminures du XV° siècle.
 
La cathédrale de Chartres comprend quatre cycles des travaux des mois : voussures du portail royal (baie de gauche) ; colonnette du portail royal (en partie caché par les statues colonnes - baie de droite) ; voussures du porche nord (baie de droite) ; verrière du déambulatoire.
 
Le cycle du portail nord - sans doute moins connu des visiteurs - mérite d’être comparé avec deux autres cycles du XIII° siècle :
 
- l’église de Rampillon (Seine-et-Marne) témoigne d’un niveau de sculpture inattendu dans le milieu rural. Ses sculpteurs ont probablement œuvré à la génération des cathédrale qui suit celle de Chartres - ainsi Reims.
 
- l’église de Saint Martin de Pritz, dans les faubourgs de Laval, à l’inverse, nous permet de découvrir une version très populaire, qui ne manque pas de charme. Les peintures murales datent probablement du milieu du XIII° siècle.