Tétramorphe
Les quatre vivants, qui entourent le Christ en majesté, sont issus de la vision d’Ezéchiel, elle-même inspirée de certaines mythologies proche-orientales. Ils apparaissent à nouveau dans le livre de l’Apocalypse, qui conclut la Bible.
 
Le chiffre quatre fait référence à l’univers terrestre : quatre points cardinaux et quatre éléments de la matière (Feu, Eau, Terre, Air).
 
Les quatre vivants sont associés aux quatre évangélistes, selon une longue tradition des pères de l’Église.
 
Saint Jérôme de Stridon nous donne les clés d'attribution. C'est la première page du texte évangélique qui est déterminante :
 
Matthieu ouvre son évangile par la généalogie légale de Jésus, qui comprend Joseph, précisant la filiation biologique par Marie : “Livre de la genèse de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham : Abraham engendra Isaac…” (Mt 1, 1-2). L'homme représente l'évangile selon Matthieu.
Marc commence ainsi son évangile :”Commencement de l'Évangile de Jésus, Christ, fils de Dieu. Selon qu'il est écrit dans Isaïe le prophète : “Voici que j'envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur…” (Mc 1, 1-3).
La voix qui crie dans le désert est celle d'un lion, symbole de l'évangile selon Marc.
 
Luc, après une dédicace à Théophile (Lc 1, 1-4), commence ainsi le corps de son évangile : “Il y eut aux jours d'Hérode, roi de Judée, un prêtre du nom de Zacharie, de la classe d'Abia…” (Lc 1, 5).
Le prêtre sacrifie au Temple ; le taureau est l'animal emblématique du sacrifice. Il est devenu le symbole de l'évangile selon Luc.
 
Jean ouvre son évangile par un prologue (Jn 1, 1-18) sur le Verbe, la voix venue du ciel. Le symbole attribué à l'évangile selon Jean est l'aigle.
 
Ainsi, à lire de plus près, les quatre Vivants résument les moments essentiels de la vie du Christ : Le Verbe de Dieu s'est incarné (l'homme), il a été tenté au désert (le lion), il a été immolé (le taureau) et il est monté au ciel (l'aigle).