Quelques clichés surprenants de quatre vieillards, parmi les vingt-quatre que comptent les voussures de la baie centrale du portail royal (vers1150).
 
Regarder les détails permet d’apprécier l’extrême qualité des sculptures : expression des visages - plus ou moins bien conservés, richesse des motifs décoratifs apparaissant sur les vêtements et les couronnes.
 
Les vingt-quatre vieillards apparaissent dans le texte de l’Apocalypse, qui est de nature symbolique. La tradition de l’Église y reconnait habituellement les croyants de l’Ancien et du Nouveau Testament, ressuscités : ils assistent au retour du Christ - à la fin des temps.
C’est dire si leur place, autour du Christ en majesté et des ‘quatre vivants’ (homme, bœuf, lion, aigle), qui y récapitulent temps et espace, a une signification décisive : les hommes participent éternellement à la louange du sauveur.
 
Ils portent un flacon de parfum ainsi qu’un instrument, ajoutant l’odeur et le son à leurs prières, ainsi que le mentionne le texte biblique :
autour du trône je vis vingt-quatre trônes, et sur ces trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus de vêtements blancs, et sur leurs têtes des couronnes d'or. […] les vingt-quatre vieillards se prosternent devant celui qui est assis sur le trône et ils adorent celui qui vit aux siècles des siècles, et ils jettent leurs couronnes devant le trône, en disant : Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l'honneur et la puissance ; car tu as créé toutes choses, et c'est par ta volonté qu'elles existent et qu'elles ont été créées. […]
Il vint, et il prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône. Quand il eut pris le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d'or remplies de parfums, qui sont les prières des saints. Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant : Tu es digne de prendre le livre, et d'en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation
”.
 
La diversité et la finesse des instruments de musique, qui renseignent sur les progrès de la lutherie au XII° siècle, a suscité l’intérêt des spécialistes. Plusieurs ont été reproduits par l’Instrumentarium de Chartres, à l’initiative de M. André Bonjour : on a pu les entendre dans la cathédrale au cours des Soirées Autrement.