Diffractions du vitrail et expérimentations photographiques.
 
Contrairement à ce que pourraient laisser parfois penser certains clichés diffusés dans l’hebdo, la photographie d’un vitrail est un exercice difficile et paradoxal - même pour un professionnel. Les nombreux anonymes qui souhaiteront un jour s’y confronter découvriront combien ce travail nécessite de précautions - et aboutit à des résultats décevants, quand ils ne sont pas déconcertants. On s’en fera une bonne idée sur des sites web de partage, ouverts au grand public…
Pourquoi ? La raison tient à la nature profonde de l’art du vitrail. Si d’ordinaire, tout le talent d’un photographe consiste à comprendre exactement ainsi qu’à restituer fidèlement l’effet produit par un rayonnement lumineux sur l’objet concerné, qu’il réfléchit - et fait ainsi ‘exister’ en image - il en est tout autrement du vitrail, qui fait figure d’un cas à part : la lumière solaire va le traverser.
 
Force est ainsi de constater que la création d’un vitrail, dès le XIII° siècle, suppose de résoudre plusieurs problématiques qui - étrangement - ne sont pas différentes de celles que se pose un photographe aujourd’hui : surexposition, accentuation des contrastes, fréquence lumineuse et saturation des couleurs.
Mesurons-en l’étrange conséquence. Quand un photographe s’intéresse à un vitrail, il n’est pas face à un objet inerte : il est face au travail actif d’un ‘collègue’ en matière de science optique, rompu aux mêmes soucis et usant parfois des mêmes procédés. Charge à lui de répondre au défi (J.J. Karatchian) ou de se faire complice (A. Kilar).
 
L’usage chez les photographes est, pour simplifier, de ‘désamorcer’ les problèmes spécifiques au vitrail, pour en donner un aspect le plus proche possible du rendu à l’œil humain. À l’inverse, nous vous proposons cette semaine une sélection originale, issus de différents effets optiques, voulus par leur auteur - ou non…