Des ensembles de vitraux dans les cathédrales du XIII° siècle, le mieux conservé - et donc le plus vaste - est celui de Chartres. Vient après celui de Bourges, qui a aussi contribué à son classement au patrimoine mondial.
Ils sont presque contemporains : les vitraux légendaires de Chartres sont posés entre 1205 et 1225, tandis que ceux de Bourges le sont entre 1210 et 1240.
 
Il n’est pas sans intérêt de comparer les mêmes scènes empruntées aux verrières de ces deux cathédrales : on découvre que les maîtres verriers suivaient consciencieusement des modèles établis, qu’ils étaient pourtant capables de personnaliser.
 
Le ‘découpage’ de l’histoire est approximativement identique - ce qui suppose que les mêmes épisodes ont été retenus, éliminés ou compilés, pour aboutir à une ‘galerie’ d’environ 25 images. Un spectateur du XXI° siècle, qui s’est habitué à regarder des téléfilms, parlerait de ‘plans séquences’.
Voici donc le même ‘scénario’ dont s’emparent deux ‘réalisateurs’. Choix des décors et des costumes, placement des personnages, cadrage, jeu des acteurs - mouvement du corps et expression du visage : tout mérite l’attention. À ce jeu des sept différences, les variantes ont parfois la saveur du détail. À l’occasion, un ‘point de vue’ original laisse entrevoir la liberté du maître verrier ou l’idée du chanoine qui collabore avec lui : figurer, c’est déjà interpréter.
Le style a son importance : équilibre des couleurs et ligne graphique diffèrent sans qu’on puisse dire quel artisan l’emporte sur l’autre. Comparez : les vêtements, les édifices ou les arbres…
 
Vitrail du Bon Samaritain