Observer les détails d’une verrière, c’est parfois l’occasion unique de se rapprocher des artisans du Moyen-Âge, de comprendre leur travail, jusqu’à suivre leurs réflexions les plus pratiques - et parfois les plus drôles.
 
La question du sol ne manque pas d’intérêt. Elle se résume finalement à quelques considérations simples, aux quelles les maîtres verriers portaient une réelle attention.
 
Dans une scène apparentée à celle d’une bande dessinée, il faut que le sol soit plat - comme chacun pourra le comprendre, sauf à donner une fâcheuse impression de désordre.
 
Étant entendu que la partie inférieure de chaque panneau (losange, cercle, feuille de quadrilobe…) a le plus souvent un profil 'en creux', il est nécessaire d’y introduire une horizontale - disons un 'plancher'.
Beaucoup de possibilités sont offertes : ligne ornée d’oves, bandeau à décor de rinceaux, inscription relative à l’identification des personnages, élément architecturé à la façon d’un pont ou d’une arcature, etc… Ces astuces n’ont aucun secret pour les maîtres verriers.
 
Reste le cas gênant des panneaux dont la forme présente un fort déséquilibre droite/gauche, avec une pente qu’un seul 'plancher' ne suffit pas à compenser. Pour occuper l’espace, les maîtres verriers sont tentés de disposer les personnages à différents 'étages'. Là - précisément - leur inventivité fait merveille… ou non.